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GAZOLINA Orgue batterie mélodie

Ce soir à la Flèche d’or joue, une fois n’est pas coutume, un bon groupe. Non je plaisante. Un groupe avec un orgue farfisa. Qui se nomme Gazolina, (...) suite

Ce soir à la Flèche d’or joue, une fois n’est pas coutume, un bon groupe. Non je plaisante. Un groupe avec un orgue farfisa. Qui se nomme Gazolina, un duo italo-français qui fait ses premiers pas dans le grand monde minuscule du Paris musical.

Déjà remarqué chez Gonzaï en tant que newcomer voila quelques mois, Gazolina valait bien 30 minutes de marche à pied un vendredi soir, après avoir emprunté 45 lignes de métros pour arriver rue de Bagnolet à la nuit tombée. Histoire d’en savoir un peu plus sur la formation du groupe, ses envies et ses rêves.

Pendant ce temps, de l’autre coté du patio, une fille à moitié enceinte marmonne nue sur scène des borborygmes alors que ses seins tombants semblent fasciner une foule en délire. Le clivage des générations, la beauté des différences.

Quoi qu’il en soit, Gazolina, c’est l’empire d’essence, ici et maintenant.

Tout est parti de cette chanson, Si jamais tu me laisses, que je trouvais très belle, très pop… et j’ai tout de suite eu l’impression que vous étiez un duo. Là je vous retrouve à trois…..Du nouveau ?

Bettina : Tout est parti de nous deux (Bettina et Emiliano ) mais pour le live évidemment c’est plus facile d’être trois.

Plus facile pour porter la batterie aussi ! (Rires)

Bettina : Oui voila. Du coup maintenant faut jouer dans les temps, une troisième personne nous regarde. Et puis on s’engueule moins tous les deux.

J’ai cru deviner quelques connexions musicales intéressantes, dont Charlie O.. Ce qui est loin de me déplaire.

Bettina : Alors je suis totalement amoureuse de lui. J’y ai été de façon assez claire… enfin….. Il est très beau, un merveilleux organiste en plus…… Donc oui j’avoue.

Emiliano : Charlie O que Bettina a rencontré lors d’une collaboration avec Peter Von Poehl.

Des gens bien donc. Lorsque je tombe sur votre myspace, qui est assez minimaliste, voire même assez…. Enfin pas super fashion… Je me dis c’est dingue vous avez quatre super titres et aucune communication autour.

Emiliano : On a commencé à bosser ensemble sur un autre projet voila dix ans, sur un groupe qui s’appelle Nude. On avait fait un disque, qui n’est jamais sorti. Tout cela a duré deux/trois ans, on a continué à bosser ensemble sur d’autres choses, notamment un combo jazz nommé Mop qui sort un disque en février.. Et puis Gazolina est né voila 3 / 4 ans avec un résultat qui a eu le temps d’évoluer depuis les débuts… En vrai c’est notre premier concert là. Etre deux c’était également au départ un choix de facilité, c’est beaucoup plus simple à gérer d’être deux au départ.

Bettina : Toi qui connaît Poni Hoax, saches qu’on est assez proches d’eux, surtout Laurent Bardaine (Clavier). On vient tous un peu du jazz, on a eu des projets de free ensemble…

Le jazz ca vous a aidé dans la composition des titres, plus de libertés, une meilleure technicité ?

Bettina : Disons que la musique française je n’en ai jamais réellement écouté, j’ai été bercée à l’anglo-saxon, le jazz notamment. Après au niveau des paroles c’est le français qui m’a donné de la liberté. Ca sort des carcans anglophones I love you I miss you. J’ai vraiment ce truc là où les paroles ont moins d’importance. C’est notre coté pop. J’aime me dire que le texte a un sens mais bon………. (soupir). Pour répondre à ta question sur le jazz y a des albums de Miles Davis qui ont passé 5 ans sur ma platine. Nefertiti notamment.

Emiliano : Après le jazz, il est toujours là, en fond. Y a une énergie super belle.

Après je vous retrouve dans le temple de l’indie rock qu’est la Flèche d’or…. Où les gens ne savent même pas qui jouent sur scène.

Emiliano : Oui mais bon à la limite c’est marrant. Quand on écrit on emploie les mêmes trois accords pourris que d’autres groupes ce soir !

Bettina : La disto’ sur les refrains… (Rires)

Emiliano : Après on essaye d’avoir un travail sur le son par exemple. Qui pour nous est très important. Un travail que tu retrouves dans le jazz. Après tu sais moi j’ai commencé la batterie à deux ans en jouant du rock ! J’aime bien sortir de scène et transpirer un peu…

Ca me rappelle étrangement le travail de ZZZ, un duo orgue batterie minimal sauvage. Le choix de l’orgue est venu naturellement ?

Bettina : Je suis pianiste, donc naturellement…. Je viens du jazz mais ca ne m’a pas empêche de chanter Riders on the storm…..

Emiliano : Et puis faut quand même dire qu’un jour on a trouvé un Farfisa à soixante euros, forcément ca a été le point de départ, on l’a tripoté et commencer à composer dessus.

Je me suis presque dit que votre musique pourrait presque ressembler à ce qu’aurait continué d’être AS Dragon….

Emiliano : Je sais pas……. m’en fiche. Nous on écoute de la musique, mais le rock français. Je préfère m’écouter Queen of the stone age ou les White Stripes.

Bettina : Stuck in the sound c’est vachement bien.

Désolé… je … connais pas très bien.

Bettina : Ils ont un son comme on rêve tous d’en avoir un.

Bon bon… L’objectif c’est quoi la ?

Bettina : Sortir un album bien sur. Faire en sorte de moins bosser à coté ca c’est sur.

Emiliano : Ce qui est sur c’est que nous avons de quoi faire un album, assez de chansons je veux dire. Je sais que le patron d’Imperial Recordings nous aime bien et nous propose des dates, ce qui est un sacré tremplin sur Paris quand même.

Bettina : L’argent c’est le nerf de la guerre quand même. Faut quand même sortir 15.000€. Le disque qu’on sort en février avec Mop, sur un petit label avec quatre jours de mixs, c’est 15.000€. Tu vois on multiplie les projets comme ca on est sur de sortir quelque chose (Rires). Nous on est musiciens, après la démarche pour faire connaître notre musique c’est un peu plus compliqué. La chose qui est sure c’est que ca avance toujours trop lentement.

La rencontre entre vous deux, c’était où ? Comment ?

Emiliano : 1998 je crois.

Bettina : Il jouait dans un bar avec le pied sur sa caisse claire, là je me dis « ce mec il est vraiment bon ! » (Rires). Avec une grosse caisse remplie de dessins de quand il était enfant… J’ai craqué. C’est là-dessus qu’on a monté un trio jazz, puis Nude, etc…..

Pour finir une question stupide : Quelle est la sonnerie de téléphone portable que vous aimeriez avoir, un truc en 8 bits, tout pourri….

Emiliano : Moi c’est toujours sur vibreur désolé.

Bettina : Moi ce serait Les oiseaux. J’habite porte de Bagnolet, toujours plein de bouchons, de bruit. Lorsque je mets les Animaux en Allemagne dans mon Ipod, et que je passe au dessus du périph’, ca me détend. Ma mère a Le petit oiseau et je dois avouer que je l’envie pas mal !

Photos: Virgile Biéchy

http://www.myspace.com/mygazolina

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