Des choses transparentes. Oui, c’est tout à fait cela, parfaitement. Lorsque j’entends Fujiya & Miyagi, ce groupe pas plus japonais que je ne suis grindcore, j’y vois au travers d’autres groupes, je pense à d’autres choses. Lorsque j’écoute ce trio de Brighton, je pense à 1996.
1996. Un groupe sort dans l’indifférence générale un album depuis resté dans les bacs à soldes, un de ceux qu’environ 3546 personnes en France ont du acheter. Definition of Sound sort Experience, un album qui fait la part belle aux voix monocordes portées par des rythmes tribales, des basses de dessous le tapis, qui résonnent dans mon appartement d’alors, 18m2 vibrant au son de l’infrabasse, les voisins tapant comme des furieux sur le plafond au rythme de la platine. Definition of Sound était (le groupe n’est plus, emporté par la brit’ pop comme une maison de Vaison-la-Romaine, à peu près à la même époque) un groupe de Londres, groupe soul trippant sur l’électro, le rock (des reprises de Blind Faith très smoooth) et la pop d’un autre nom. Quelques années plus tard, Fujiya & Miyagi redore le blason de tous ces groupes inconnus morts pour la bonne cause : Le rythme chamanique spatial.
Car Cassettesingle, bien avant toutes les autres pistes de l’album de Fujiya & Miyagi, est un voyage intersidéral sidérant. Un aller-retour express vers la constellation du Centaure, une instrumentale que nous résumerons connement à du Kraut influencé par Cluster et Neu !, faute de mieux au niveau des références. Et ces références, on les trainerait bien sur le bitume pour leur casser les dents, tant Transparent Things s’apparente au son du futur. Ici et maintenant. Ankle injuries, c’est l’histoire d’une chanson qui voulait conquérir le monde avec des rythmes de batteries, envahir les cinq continents par la force, soutenu en cela par une basse d’état-major à en faire pâlir tous ces groupes de secondes zones vendus dans les journaux comme les sauveurs du rock. Quelle connerie.
Fujiya & Miyagi, qu’on ne s’y trompe pas, ne conquerra jamais la planète. Peut-être au mieux, le single Collarbone servira de teaser sonore à la prochaine publicité de Jaguar. Mais le groupe restera l’apanage d’une élite, des bobos et de ceux qui voient encore en eux le renouveau du krautrock. Une autre connerie. Ce groupe parvient à insuffler l’émotion sans chanter, déblatérant son slang comme personne sur une production en forme de pièce montée.
Bon, il y a bien ce petit coup d’œil dans le rétro sur Conductor 71, qui lorgne sec vers Can. Peut-on leur reprocher, lorsque cette chanson reconnecte des synapses qu’on pensait éteint ? La réponse est non, car le groupe parvient à créer des images mentales dignes de ce nom (Et sans citer John Carpenter dans leurs influences, quel exploit).
Fujiya & Miyagi ? Rien de moins qu’une bande de papys-kraut baisant d’anciens grunge dans une boite passant du disco-punk à 150dB.
FUJIYA & MIYAGI // Transparent things // Rough Trade
http://www.myspace.com/fujiyaandmiyagi
En concert au Triptyque le vendredi 15 juin.




ETRE DIEU
un album vraiment très sympa, un peu comme Georges Abitbol aux prises avec José, son vieil ami rendu jaloux par le titre d’homme le plus classe du monde brigué avec brio par Georges. Alors tous au Triptyque parce qu’il ne faut pas confondre la classe avec la coquetterie …