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FUJIYA & MIYAGI Lightbulbs

Voilà l'histoire d'un album qui ne raconte rien. Une biographie parcellaire, un prête-nom en guise d'identité, un charisme en dessous de la moyenne, des vestes typiquement datées de (...) suite

Voilà l’histoire d’un album qui ne raconte rien. Une biographie parcellaire, un prête-nom en guise d’identité, un charisme en dessous de la moyenne, des vestes typiquement datées de l’an 1996 et des synthés faussement Cash Converters pour maquiller l’embrouille. Arnaque, beat et botaniques; bienvenue chez Fujiya & Miyagi.

L’un des derniers groupes anglais qui vaille la peine de vivre sans histoires.

LightbulbsLightbulbs, comme son prédécesseur (Transparent things) se lit à travers les lignes, qu’on saute allègrement. Peu importe, finalement, que le disque ressemble comme deux gouttes d’eau au premier, que les voix figées dans le formol soient aussi nonchalantes que Tatcher devant un film X…. L’essentiel reste que même dépourvu de mélodies solides, Fujiya & Miyagi parvient une fois de plus à laisser la concurrence le bec dans l’eau. Impossible de décrire cet album autrement qu’avec une image qui colle à la rétine: celle de quatre curés anglais sous Xanax lâchés devant l’Hacienda à l’heure des grandes affluences. Happy mondays, les lundis heureux, la basse qui fout sa raclée aux guitares. La bonne vieille histoire de la nana qui prend sa revanche sur le tapagisme nocturne.

Et cet album qui ne raconte rien. Enfin… rien d’autre que Londres, finalement. Les soirées passées à errer dans une ville qui sort, canif dans la poche, clodos qui braillent, ptites anglaises qui cherchent la sortie. Cet album parle de cela, du vide. Du bitume. La peur de voir le jour se lever, lorsqu’on était à deux doigts de conclure avec la correspondante écossaise. L’acte manqué, celui d’être anglais lorsqu’on voulait être danseur, être un lad’ quand on aurait voulu être Oscar Wilde.

Produire un album de cette trempe, sans chanteur ni personnalité charismatique, s’avère être un tour de force. Quelques voix s’élèveront pour proclamer que les mélodies cradingues désaccordées de Metronomy valent bien que quatre Anglais blancs comme des cachets d’aspirines, à quoi bon…. Dans le cas présent comme bien souvent, un seul adage règle la question de manière définitive:

DON’T EAT THE YELLOW SNOW.

Fujiya & Miyagi // Lightbulbs // PIAS
http://www.myspace.com/fujiyaandmiyagi

Fujiya and Miyagi - Knickerbocker

Un commentaire

Moi qui cherchais en ces temps incertains un disque de chevet (pour accompagner le bourbon Silver Jews), un de ces trucs qui sonne différent et pas pareil, qui prenne par surprise, un peu pervers, entre onirisme et onanisme. Bein voilà, bang bang, l’ai trouvé … et merdre, y sont anglais ! En moins de 40 minutes, mine que rien, un diamant à la fois brut et travaillé, chair pop et rythmes funky sur squelette kraut. Lightbulbs sera donc le chef d’oeuvre de poche pour la rentrée.

Commentaire par lud'horse, le Lundi 1 septembre 2008 à 16:15

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