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FUJIYA & MIYAGI Le courant alternatif

Aujourd'hui j'ai rendez-vous avec Fujiya & Miyagi. Un groupe anglais à consonance japonaise qui se prend pour une bande de blacks discoïdes. Lightbulbs, leur deuxième album, s'il ne (...) suite

Aujourd’hui j’ai rendez-vous avec Fujiya & Miyagi. Un groupe anglais à consonance japonaise qui se prend pour une bande de blacks discoïdes. Lightbulbs, leur deuxième album, s’il ne révolutionne pas le genre, rend du moins honneur aux bass lines gainsbouriennes de Melody, jouées à tout berzingue avec un slow-flow talking typique des anglais vivant sur le bord des autoroutes.

Dignes héritiers d’un Eminem ayant appris à lire, Fujiya & Miyagi continue sa route comme si la pénurie des matières premières n’était pas véritable: branché, électrique, mais sans perte d’énergie. Le groupe, programmé par l’auteur de ces lignes voilà deux ans dans le temple du cra-cra (le Feu Triptyque, devenu depuis Social Club) s’avère comme à l’accoutumé peu disert en interview. La preuve qu’une économie de mots ce n’est pas toujours une économie d’idées.

Ce second album arrive très rapidement après la sortie du premier, Transparent things, où avez-vous trouvé le temps pour enregistrer Lightbulbs?

Cela peut donner l’impression d’être rapide, le timing entre ces deux enregistrements est effectivement assez court, mais il ne faut pas oublier que Transparent Things était sorti en Angleterre six mois avant. Vu de France les choses peuvent sembler précipitées, mais il n’en est rien! Même si une chanson comme Uh a été enregistrée dans la foulée de Transparent things, et l’album est né en six mois. A bien y réfléchir je crois qu’on a pris que deux semaines de vacances en deux ans. On va pas se plaindre hein, toute cette excitation, la rapidité des sorties, vient également du fait qu’on avait pas mal de chansons en stock.

La première chanson de Lightbulbs ressemble étrangement à celle de Transparent things. Vous ne vous êtes pas dit “ok les mecs on risque peut être de se planter là, à faire la même chose que sur le premier album”?

(Soupir) C’est pour cette raison précise je ne voulais pas mettre cette chanson en premier sur l’album, moi je voulais mettre Goosebumps, la chanson la plus éloignée selon moi du premier album. Mais bon…. c’est comme ca. Si Transparent things n’avait pas existé, personne n’aurait tiqué la dessus, et puis merde, c’est pas vraiment la même chanson quand même! (rires)

Et c’est rapidement oublié que des titres comme Pterodactyls ou Dishwasher sont radicalement différents. On sent une orientation disco-dancing sur ces chansons. Est-ce que finalement Lightbulbs n’est pas votre album R&B? C’est très black niveau rythme quand même…

David Best par FistonPickpocket est également dans ce cas là, oui, je suis assez d’accord, quand bien même pour moi c’est plus un album type Bollywood ah ah! C’est l’influence des années 90 je crois, toute la vague R&B, la sensibilité pop jusqu’à l’expérimentation d’Aphex Twin. Nous avons tenté plusieurs choses sur cet album, et au final cela reste du Fujiya & Miyagi. Je ne crois pas qu’on puisse changer radicalement de style, en tant que musicien. On gravite toujours autour de sa propre musique fondatrice.

Puis-je citer ici James Chance, “wanna be black”, pour résumer votre intention sur Lightbulbs?

Yeah! Quand j’étais étudiant, j’étais un vrai fan, non seulement de James Chance mais également d’Otis Redding.

De Pitchfork aux sites français, tout le monde vous croit encore japonais, de par votre nom de groupe. C’est assez paradoxal non, de vouloir être noir lorsqu’on vous croit jaune…

Les choses changent, les gens s’habituent, même s’il y a toujours quelqu’un dans la foule qui est un peu déçu en nous découvrant, nous, jeunes mecs whitetrash tout juste sortis d’Angleterre….

Ca vous est venu d’où l’idée de Lightbulbs pour le titre?

Disons qu’on avait le titre avant l’album (rires). Après il y a eut la chanson éponyme, c’était assez cohérent. Et pour tout te dire, ma nana change les ampoules chez moi, donc.. Et puis c’est aussi une référence aux cartoons, le fait d’avoir une idée brillante. La chanson éponyme, elle, renvoie à Robert Wyatt, c’est une ouverture vers quelque chose de plus pop. Nous aimons les chansons lentes en fait, et faire danser les gens, avoir cette étiquette, c’est un peu réducteur. Il sera peut être temps un jour de tenter autre chose, avec Fujiya & Miyagi ou dans un autre groupe.

Une question linguistique: La chanson Pussyfooting parle de quoi?

Oh, je vois où tu veux en venir.. En anglais cela veut simplement dire: “glander”. Voilà, traîner dans le quartier, “pussyfooting around”. C’est également une chanson qui est venue de ma nana, nous avions un chat, c’était mon meilleur ami, il est mort. Disons que Pussyfooting est la chanson tragique de l’album (rires)

Pour vous avoir vu deux fois sur scène, la moindre des choses à dire sur vos prestations scéniques est que… vous n’êtes pas très expressifs. Cela part d’une timidité collective ou cela a-t-il plus à voir avec une volonté du groupe de ne rien montrer?

Il faudrait déjà qu’on ait quelque chose à dire ou affirmer entre les morceaux. Ce qui n’est pas le cas. Si tu regardes Jarvis Cocker, il est incroyable sur scène, avec une économie de geste assez surprenante. Nous cherchons à rester concentré, sans charisme, focalisés sur nos instruments. Si tu n’as à rien à dire, tais toi. Voilà.

http://www.myspace.com/fujiyaandmiyagi
Photos par Fiston

Un commentaire

Ouaip demande à Taddéï ce qu’il en pense…

Commentaire par O'Mahony, le Lundi 29 septembre 2008 à 16:05

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