Vous n’oserez sans doute pas me le dire. Tout au plus vous rougirez bêtement comme une jouvencelle prise la main dans son slip. Mais au moment de vous poser la question, vous comprendrez sans même que je finisse ma phrase : « Oh non, il veut parler de CA ! »
Je parle bien évidemment des albums des années 90.
De ceux que vous osez encore écouter des deux oreilles sans vous taper le cul sur la commode. Ces albums avec reverb’ démesurée sur la voix et enregistrements de guitares au son tantôt cristallin, tantôt fretless. Toujours démesuré, grandiloquent et théâtral. En gros, cela va des Smashing Pumpkins aux Guns’ en passant par le Lou Reed de New York ( Ok, la date de sortie c’est 1989, mais c’est déjà les nineties). Et je fais une croix sur le Black hole Sun de Soundgarden (On parle de musique non ? Ahahaha. Fin de l’aparte).
Ces albums des années 90, ils sont en général rangés en bas de vos discothèques, en instance de départ pour le placard. Car bien entendu vous avez trop d’albums et pas assez de places sur l’étagère. Mais avant de DEFINITIVEMENT tourner la page, et PLEINEMENT rentrer dans les années MODERNITE (les sonneries 8bits pour Iphone), il faudra encore une fois se plonger dans le Paris du bitume, celui du « passé minuit », celui où l’on regarde passer les taxis et qu’on a plus qu’une cigarette dans le paquet déjà usé.
// Dear // FRANCOISE - Dear.mp3
Il faudra écouter l’album autoproduit de Françoise, un groupe parisien qui a bien révisé ses classiques (Jad Wio, Guns’, Smashing Pumpkins..Ca vous rappelle rien ?). Une percée brute de décoffrage sans scrupules dans la fin de siècle dernier avec une formule binaire (Couplet/Refrain) qui tranche nettement avec l’illettrisme des artistes qui polluent ces dernières semaines mon myspace. Au risque de ne parler qu’à 0.18% de la population, le rock de Françoise, c’est un peu le cousin germain de My Sister Klaus. Un autre parisien ténébreux habitué du bitume et de la nicotine noire.
// Le prestige de Paris usé // la joue tendue si longtemps qu’on y épingla une décoration // je sentais cependant très bien que j’aurais tort de m’arrêter longtemps dans un lieu où j’avais été vu sans mon ombre, et dans lequel je pouvais être reconnu d’un moment à l’autre //
Voila le genre de mash-up qu’on peut lire sur le myspace de Françoise, combinaison savante de Mallarmé, Canetti et d’Aldebert de Chamisso. Des rockeurs lettrés, qui ont cherché leur alphabet de l’autre côté de l’Atlantique.
Comme tout lettré qui se respecte, Françoise n’est pas au pied de la lettre sur la qualité des enregistrements. Un peu pourri, limite foutraque. Ça leur va bien ce teint halé sur les compositions monochromes. Ça violone, ça violone. Ça se passe de comparatifs. Et les guitares hurlent sans filtre, encore et encore.
C’est le Paris que j’aime : Plume noire, bière tiède et meurtre dans les allées sombres. Taxi Girl, encore et toujours, pour quelques paumés qui auraient lu Hubert Selby.
http://www.myspace.com/francoisedear
3 commentaires
Pierre Perret is not the only one. C’est un problème français. ET la reverb Lilliwhyte, ca c’est un drame international, mondial, atroce, révoltant…
Quelques grands disques 90’s tout de même, qui pourrait en douter (Loveless, uh ?)
Internationaaa feeeel
Ne mélangeons pas les torchons et les serviettes, voulez vous.
MBV, Spacemen 3, Smashing Pumpkins (sur Silverfuck de Siamese Dream par ex), tout ça c’est du vrai bon travail sur le son. un objectif en soi (accroche ton char à une étoile, dans le cas de My Bloody V.).
Le stadium rock de U2 à Springsteen, et la volonté de gonfler son non comme une mobylette de quartier, pour arriver à remplir un espace dédié au foutchball, ça c’est du footage.
My two cents…




ETRE DIEU
“I surrender” (Alan Vega)
En 90, à de rares exceptions, le slim ne se trouvait déjà plus en stock qu’en taille vétéran. Johnny Thunders devait trouver la mort - pour moi sur une route d’Ardèche, où assoupi at the back seat of the car, je fus réveillé par Leave me alone (chatterbox sous reverb Lillywhitienne)suivi d’une annonce de Gérard Lefort (qu’on avait connu moins croque-mort). Au Gibus, les parties de flipper, rat mignon sur l’épaule, m’avaient gavé preque autant que la néfaste vodka Poliakov qu’on y servait. Ca sentait sa fermeture. L’Eldorado repris d’assaut par Francis Lopez, s’était offert un dernier concert sur le trottoir du bien nommé Richman - “Monsieur L’agent, give Paris one more chance.” Et, mon dieu (my god’, dirait Françoise) j’en avais vu à peine la moitié de ce qu’il faut en voir mais toujours sur le côté de la scène.
Il y a quelques temps, ces nineties (= post eighties) me sont revenues alors que Henri Paul après avoir eu le disque de Françoise a souhaité rencontré son chanteur; De ce rendez-vous pris, me restent quelques tirages noir & blanc de Thunders par Henri et la promesse que je lui en ferai des copies.
Elles me reviennent aujourd’hui par Bester Langs, messager, comme m’arrivent par la poste “A wizzard, a true star” (Todd Rundgren) et “Prisons We choose To Live Inside” (Doris Lessing).
Merci de rendre Françoise (l’horrible “j’habite en france”… et la france c’est aussi un pays où faut quand même se taper Pierre Perret et non Peter Perret) à sa solitude pour mieux la tirer de son isolement. Et ce cousinage mentionné est fort à propos puisque des soirées sous nicotine, il y en eut avec Guillaume - il y eut même de très informes projets qui s’effaçaient à l’aube; au Point Ephémère… où nous devions très symboliquement nous revoir et échanger notre came.
Oui l’équation 90’s bien posée makes sense:
Françoise c’est les seventies maigrement incarnées dans un bordel des Années 20.
Cette rescapée de l’affreux 20ème siècle travaille à ce que le tout soit supérieur à la somme des parties.
Et pour donner raison a Bester Langs et citer Don Van Vliet (dernières nouvelles postées en 82): IF YOU GOT EARS, YOU GOT TO LISTEN
Zane Archer (AKA J+P Petit AKA 33,3% de Françoise)