84

FRANCOISE Black nicotine

Vous n’oserez sans doute pas me le dire. Tout au plus vous rougirez bêtement comme une jouvencelle prise la main dans son slip. Mais au moment de vous (...) suite

Vous n’oserez sans doute pas me le dire. Tout au plus vous rougirez bêtement comme une jouvencelle prise la main dans son slip. Mais au moment de vous poser la question, vous comprendrez sans même que je finisse ma phrase : « Oh non, il veut parler de CA ! »

Je parle bien évidemment des albums des années 90.

De ceux que vous osez encore écouter des deux oreilles sans vous taper le cul sur la commode. Ces albums avec reverb’ démesurée sur la voix et enregistrements de guitares au son tantôt cristallin, tantôt fretless. Toujours démesuré, grandiloquent et théâtral. En gros, cela va des Smashing Pumpkins aux Guns’ en passant par le Lou Reed de New York ( Ok, la date de sortie c’est 1989, mais c’est déjà les nineties). Et je fais une croix sur le Black hole Sun de Soundgarden (On parle de musique non ? Ahahaha. Fin de l’aparte).

Ces albums des années 90, ils sont en général rangés en bas de vos discothèques, en instance de départ pour le placard. Car bien entendu vous avez trop d’albums et pas assez de places sur l’étagère. Mais avant de DEFINITIVEMENT tourner la page, et PLEINEMENT rentrer dans les années MODERNITE (les sonneries 8bits pour Iphone), il faudra encore une fois se plonger dans le Paris du bitume, celui du « passé minuit », celui où l’on regarde passer les taxis et qu’on a plus qu’une cigarette dans le paquet déjà usé.

// Dear // FRANCOISE - Dear.mp3

Il faudra écouter l’album autoproduit de Françoise, un groupe parisien qui a bien révisé ses classiques (Jad Wio, Guns’, Smashing Pumpkins..Ca vous rappelle rien ?). Une percée brute de décoffrage sans scrupules dans la fin de siècle dernier avec une formule binaire (Couplet/Refrain) qui tranche nettement avec l’illettrisme des artistes qui polluent ces dernières semaines mon myspace. Au risque de ne parler qu’à 0.18% de la population, le rock de Françoise, c’est un peu le cousin germain de My Sister Klaus. Un autre parisien ténébreux habitué du bitume et de la nicotine noire.

// Le prestige de Paris usé // la joue tendue si longtemps qu’on y épingla une décoration // je sentais cependant très bien que j’aurais tort de m’arrêter longtemps dans un lieu où j’avais été vu sans mon ombre, et dans lequel je pouvais être reconnu d’un moment à l’autre //

Voila le genre de mash-up qu’on peut lire sur le myspace de Françoise, combinaison savante de Mallarmé, Canetti et d’Aldebert de Chamisso. Des rockeurs lettrés, qui ont cherché leur alphabet de l’autre côté de l’Atlantique.

Comme tout lettré qui se respecte, Françoise n’est pas au pied de la lettre sur la qualité des enregistrements. Un peu pourri, limite foutraque. Ça leur va bien ce teint halé sur les compositions monochromes. Ça violone, ça violone. Ça se passe de comparatifs. Et les guitares hurlent sans filtre, encore et encore.

C’est le Paris que j’aime : Plume noire, bière tiède et meurtre dans les allées sombres. Taxi Girl, encore et toujours, pour quelques paumés qui auraient lu Hubert Selby.

http://www.myspace.com/francoisedear

Un commentaire

Dear lester Bangs,
Rescapés de l’affreux 20ème siècle, 3 mecs flambent leur carte mémoire et paient leurs dettes à tous les paumés chéris du rock. Ni jouvenceaux germanopratins vissés dans leurs slims taille vétéran, ni loyal avocat de la street credibility à l’heure où il est impossible de tourner dans Paris un film d’époque (dixit Eudeline) Françoise pose en putain respectueuse. Plutôt demeurer Problème que passer Charlot.

Eros Bonbon

Voir aussi Cosmic Vintage & The Academic Impasse,
revers de leur médaille (pour autant que les Françoise se voient un jour médaille décernée).
http://myspace.com/songsterltd

Commentaire par Eros Bonbon, le Lundi 28 janvier 2008 à 21:56

Laisser un commentaire