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FRANCOIS BON “Highway 61 devastated”

Déjà responsable d’un épais (et illisible) ouvrage sur les Rolling Stones, le Cauet de la littérature est de retour. Tremblez car, cette fois, il prend pour cible Bob Dylan. Vous (...) suite

Déjà responsable d’un épais (et illisible) ouvrage sur les Rolling Stones, le Cauet de la littérature est de retour.

Tremblez car, cette fois, il prend pour cible Bob Dylan.

Vous pensiez peut-être que certaines choses étaient sacrées ? Et que le kid de Duluth, Minnesota en faisait partie ? Hélas, pas pour Mr. Bon, qui appose sur Dylan ses grosses pattes de fan de Francis Cabrel (allez lire sur son site perso, Le tiers livre, l’hommage qu’il rend à l’auteur de « La Dame de Haute-Savoie », c’est édifiant).

Pour expliquer un concept, on peut procéder par contre-exemple. Aussi, à qui souhaiterait comprendre ce qu’est l’écriture rock, je conseillerai d’ouvrir au hasard la biographie de Dylan de François Bon ou de vous souvenir de cette voix monocorde (anti-rock et anti-gonzo) qui raconta sur France Culture la saga des Stones, celle de Led Zeppelin, et, au printemps, celle de Dylan.

Dans le livre boursouflé que Bon consacre à ce dernier, on retrouve cet amoncellement d’anecdotes mal recopiées, cette accumulation indigeste de dates, ce souci de construire une thèse à prétention universitaire, qui constituent désormais sa marque de fabrique – pour ne pas dire : son « style ».

Lorsqu’il narrait sur les ondes l’histoire de Led Zeppelin, je me souviens d’un épisode particulièrement pénible et révélateur : Bon expliquait la musique de Jimmy Page en la faisant interpréter par un violoncelliste électrique. Il semblait franchement enthousiasmé par cette cacophonie dénuée de blues et de souffle, bluffé qu’il était par la virtuosité de l’interprète (un des musiciens de M) et les possibilités de son rack d’effets.

Tout est dit dans cette anecdote. Bon ne fait pas la différence entre un karaoké et une production Atlantic de la fin des années 1960.

Croyez bien que si j’avais disposé d’un peu plus de temps, j’aurais essayé de lire, au-delà de la quatrième de couverture, sa dernière « œuvre » (déontologie, déontologie…), mais tous ses bouquins sont tellement épais !

François Bon // Bob Dylan
485 pages // 29 € // Albin Michel

20 commentaires

Pierre,

je vais pas m’essayer à l’exercice périlleux ‘défense de François Bon’, mais sa série sur Led Zep, je l’ai adoré, j’attendais chaque épisode comme un gamin, et justement le moment où le violoncelliste joue Dazed and Confused, c’était, comment dire, puéril, gamin, immature, mais aussi improbable sur une Radio d’état, inattendu… Ce matin-là, vous auriez pu faire le tour de la bande FM sans rien trouver qui se rapproche même de loin de ça.
Ses bouquins sur le rock sont illisibles? Peut-être; mais j’ai plusieurs fois maté les photos de celui sur les stones avec la bave aux lèvres…

Est-ce que vous savez si au moins il a bien fait son travail de théoricien avec Dylan: est-ce qu’il sort une théorie nouvelle? Rien que pour ça, ça peut valoir le coup.

Bien à vous,
Requis

Commentaire par Requis, le Lundi 24 septembre 2007 à 4:48

Bonjour,

une petite précision : ne confondez-vous pas avec un autre auteur ? Il n’y a pas de photo avec la bio des Stones… juste du texte.

Le coup de “Dazed and Confused” joué au violoncelle, je l’ai un peu vécu comme un cauchemar, vous savez ?
Quand c’est arrivé, j’étais à demi réveillé, après une soirée passée à ravager le bar d’un ami, et, soudain, j’ai entendu ces stridences hideuses.
Dans l’état nauséeux où j’étais, ce n’était pas très sympa de la part d’une radio d’état, par ailleurs irréprochable, de me faire subir ça.
Mais je suis magnanime et j’aurais été prêt à pardonner s’il n’y avait pas eu ce “Dylan”…

Un conseil : garder votre argent pour acheter des friandises (ou pour venir le dépenser samedi au mix Gonzaï).

Commentaire par Pierre M, le Lundi 24 septembre 2007 à 7:26

Pas d’accord pour la bio des Stones : ce livre est certes long à se chauffer, mais c’est une plongée passionnante au coeur du mythe. Pour Dylan, j’avoue avoir - pour l’instant - mis de côté sa lecture après l’avoir démarré cet été… Peut-être parce que je suis moins Dylan addict. Votre critique me donne en tous cas envie d’aller au-delà, juste pour me faire un avis.

Commentaire par Benoît Wagner, le Lundi 24 septembre 2007 à 11:51

Précision : le violoncelliste en question est Vincent Segal, des estimables (enfin je trouve) Bumcello.

Rien lu de François Bon, mais l’adaptation au théâtre de son bouquin Daewoo était très bien.

Commentaire par Trucmuch, le Lundi 24 septembre 2007 à 17:59

Rien lu de lui, moi non plus…

Commentaire par Pierre M, le Lundi 24 septembre 2007 à 19:54

oups, j’ai dû confondre avec un autre. Y’a pas eu plein de bouquins sur les Stones qui sont sortis à la même époque? (ça me rappelle l’histoire du type qui coulait à pic, et qui essayait de se rattraper aux algues)
Bon, je l’ai trouvé super sur l’épisode de la première répet de Led Zep. Je les voyais presque, les quatre zigs, rassemblés par Peter Grant dans un entrepôt près de la Tamise. Franchement, y’en a qui regrettent de ne pas avoir vu Hendrix à l’Olympia, moi j’aurais rêvé d’être à cette première répèt-là. Thank you, Franck B. Good.
je me demande juste si il est de la même famille que le chanteur d’AC/DC, parce qu’ils ont un peu le même timbre.

Commentaire par Requis, le Lundi 24 septembre 2007 à 5:59

Une lecture indispensable (à on avis) sur Led Zep, c’est “Hammer of the god”… là, on est dans le heavy trash. j’adore !

Commentaire par Pierre M, le Lundi 24 septembre 2007 à 20:07

Enfin quelqu’un qui dit tout haut ce que je pense tout bas depuis des années…(quand je pense que je me suis infligée Daewoo…)

Commentaire par lidell, le Lundi 24 septembre 2007 à 14:23

Ah ! C’était vous…

Commentaire par Pierre M, le Lundi 24 septembre 2007 à 19:04

C’est ça qu’est bien dans la biographie de Bon. C’est qu’il désacralise le mythe et nous présente la chose sans frou-frou rock, sans anecdotes à la mord moi le noeud. Il se penche sur la façon de bosser de Bob Dylan, l’intertextualité… des truc qui change de se mettre à quatre pattes, le nez dans la bout de Duluth, pour aller voir où il a fait pipi pour la première fois.

Commentaire par dj duclock, le Lundi 24 septembre 2007 à 14:09

le truc, c’est que je n’ai toujours pas pigé comment on pouvait écrire une bio sans avoir rencontré son “sujet”…

quant à l’intertextualité (pur barbarisme de sorbonard), je lui préférerai toujours l’intersexualité;

cela fait une sérieuse différence entre nous, I presume…

Commentaire par Pierre M, le Lundi 24 septembre 2007 à 15:09

Oui, on peut voir les choses comme ça et présumer.

Commentaire par dj duclock, le Lundi 24 septembre 2007 à 17:16

j’ai vu ta page DJ Duclock : you’re a real Dylan’s freak !

d’autre part, quelqu’un qui aime “Infidels” ne peut être entièrement mauvais. je te pardonne donc tes lectures hivernales.

relis plutôt Scaduto, c’est plus drôle !

Commentaire par Pierre M, le Lundi 24 septembre 2007 à 17:30

Aller fouiller dans les outtakes Dylan sur le site
http://poetaille.over-blog.fr
All the best

Commentaire par Dude, le Lundi 24 septembre 2007 à 17:35

J’ai une certaine dilection pour les “critiques” qui donnent envie de lire, de voir et/ou d’écouter mais un mépris certain pour ceux qui démolissent ce qu’ils n’ont pas aimé ; trop souvent parce qu’ils n’ont…pas compris, les pôôôvres
Je ne reviendrai pas sur votre site, Maître Pierre, qui ne vous proposez même pas d’aller voir de plus près dans une oeuvre qui compte ; tant pis pour vous. Il est probable que votre “critique” émane d’un degré de sensibilité au monde extrèmement éloigné de celui d’un auteur généreux, combatif et inventif.
Vos niveaux respectifs de culture, de conscience et d’humanité s’élèverait un tantinet si vous alliez jeter un oeil sur son site : tierslivre.net

Commentaire par Cesca, le Lundi 24 septembre 2007 à 12:58

Je connais ce site que vous évoquez avec tant de conviction, et je dois bien reconnaître que la page sur Francis Cabrel (« le Dylan français ») est juste… hilarante.
Pour ma part, je ne pense pas qu’on puisse comprendre grand chose à Dylan si l’on n’a pas saisi qu’il y avait un ou deux grand moments sur Empire Burlesque, ni essayé d’écouter jusqu’au bout Down in the groove.
Quand à ma sensibilité, c’est vrai, elle est tout entière façonnée par les Stooges, Sex Pistols et autres MC5. Je crains en effet qu’il y ait incompatibilité avec les fans de chanson française. Comme c’est dommage…
D’autre part, ne trouvez pas notre époque de consensus critique extrêmement ennuyeuse ? Je crois au contraire que nous manquons furieusement de polémiques littéraires, et en entamer une avec un auteur est le plus grand honneur qu’on puisse lui faire. En ce sens, ai-je sans doute été trop indulgent, je vous le concède. Je préférerais mille fois parler d’Hunter Thompson. Avez-vous lu sa correspondance ? En général, il commençait par insulter les gens et les menacer de mort, avant de devenir leur meilleur ami. Quel saint homme !
Une dernière chose : les gens « cool » ne sont pas forcément là où on les attend. Se gargariser de mots comme « humanisme » est toujours un peu suspect, non ? En tout cas, c’est pas trop mon truc…
Voilà. Bonjour chez vous !

Commentaire par Pierre Mikailoff, le Lundi 24 septembre 2007 à 14:20

A Pierre Mikailoff.

Votre critique n’est elle pas plutôt la névrose d’une vieille jalousie puisque vous n’avez même pas lu l’auteur et que votre discours vous rend presque haineux?
Je trouve votre critique déplacé et hors de propos.
Votre message est rédigé sans aucune intelligence et est surement le reflet des capacités de son auteur.

Commentaire par B.K., le Lundi 24 septembre 2007 à 11:27

Cher Mr B. (ou est-ce Mr K ?)
Je suis complètement d’accord avec vous et partage votre indignation à (au moins) 350 %. Ce fumier de Mikaïloff est bien du genre à chroniquer les livres sans les lire. Vous imaginez ? ? ? Où va-t-on ?
En revanche, je remarque que vous chroniquez les chroniqueurs après les avoir lues et vous en sait gré.
Bien à vous.

Commentaire par Pierre Mikailoff, le Lundi 24 septembre 2007 à 12:24

Comme toujours de la provocation adolescente un peu frondeuse (c’est marrant mais faudrait songer à grandir un peu non ?) et puis cette haine des universitaires ça se veut le summum du “cool” mais en notre époque sarkozyste ça sonne de plus en plus douteux (cf. l’épisode sur La Princesse De Clèves) ; bref mon bon Pierrot je préfère quand t’écris sur les choses qui te font vibrer, c’est nettement plus joussif et communicatif.
Pourquoi ne pas s’essayer à construire plutôt que de se complaire dans le rôle de l’aigri de service (”le rock est mort gna gna gna”) notre époque est certes désespérante mais tu mérites mieux que de passer pour un vieux con, non ?

Commentaire par Lightspeed, le Lundi 24 septembre 2007 à 0:01

Ok, je dois reconnaître que ton post est bien tourné et plutôt futé, Lightspeed.

Mais de grâce, le sous-titre de mon premier bouquin (« une enquête sur la disparition du rock’n’roll »)est à prendre avec (un peu) d’humour, voire de second degré… si ça existe encore.

l’épisode sur La Princesse De Clèves??
à quoi fais-tu alusion ? je crois que je suis passé à côté, justement…

Commentaire par Pierre Mikailoff, le Lundi 24 septembre 2007 à 16:24

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