Il y a un album que j’ai écouté en boucle fin 2007 et que j’aurais bien fait figurer dans mon top ten annuel si j’aimais me prêter à ce futile et difficile exercice. Ce disque c’est Slow Club des Flexa Lyndo.
Ce disque, je n’ai vu personne dans toute la blogosphère pour le caser ne serait-ce qu’aux tréfonds de ses bilans de fin d’année. Pourtant Dieu sait que les bloggeurs adorent les bilans. Certains (la plupart à vrai dire) ont même poussé le vice à classer jusqu’à cinquante disques dans l’ordre de leur préférence. Mais dans le tas, pas l’ombre des belges de Flexa.
En même temps, ça ne m’étonne pas trop. Je veux dire : pour un nerd’rockeur la musique de Flexa n’est pas en soi gratifiante. Elle ne fera pas de vous quelqu’un d’important si vous l’aimez. Elle n’est pas assez barrée pour vous donner l’impression d’appartenir à quelque cercle d’initiés que ce soit. Parce que ce trio (qui devient quintet sur scène) produit une pop du milieu, entre laptops et guitares, spleen et joie, dans le mille, quoi.
Ce disque démarre en trombe avec la plus belle entrée en matière qu’il m’ait été donné d’entendre cette année (même si celle du The Broken String de Bishop Allen n’est pas mal non plus). Avec son arrogante nonchalance et son phrasé hip hop, Slow Club semble égrener un compte à rebours, comme pour dire : « Attention, ça va barder ». Et ça barde.
Avec mes références de mec du milieu, je dirai que Slow Club est le parfait accord entre de classieuses mélodies britpop et de judicieuses secousses électro-r’n’b ; que Cléo à la mélancolie rêveuse du Nada Surf de Let Go ; que Bang On The Motorcade s’ouvre sur des chœurs fluos très Klaxons pour se finir sur une coulée de guitare crépusculaire très Pumpkins ; que Love The Bomb alterne à merveille saccade de guitare bourdonnante et textures computerisées évoquant The Notwist ; que Beyond The Satellites est une bombinette électro-rock fort ludique qui démontre leur science du découpage rythmique ; que Get Down To Work est planant et facétieux comme Beck flirtant avec Air…
Tout s’enchaîne de façon homogène et l’intérêt est relancé à chaque plage. Que demande le peuple ? Un bouquet final ? Il l’a. Avec Europe Slump, les Flexa nous quittent aussi fort qu’ils nous ont étreint trois quarts d’heure plus tôt. Ce morceau est d’une poignante majesté. Et ne reconnaît-on pas les grands disques à ce qu’ils savent aussi mourir ?
La première fois que j’avais vu Flexa c’était au Glazart, il y a de ça un bail (en 2002). En première partie jouait un groupe (français) au nom tout aussi bizarre que le leur (Exsonvaldes). Je ne les connaissais ni d’Eve ni d’Adam mais ils m’avaient soufflé, dégageant déjà ce précieux mélange de mordant et d’élasticité. Depuis plus rien.
Slow Club est leur troisième album. Les Belges l’ont découvert en 2005, nous seulement depuis l’automne dernier. Mais il n’est pas trop tard pour faire chauffer vos platines avec ce disque. Cette pop-rock n’a pas de date de péremption. D’ailleurs tout au long du mois de mars les Flexa porteront ce disque sur scène pour sept dates un peu partout en France.
Flexa Lyndo // Love the bomb // 62 TV Records
http://myspace.com/alwaysflexalyndo
www.flexalyndo.net/




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