La FIAC s’exposait cette année au Louvre et au Grand Palais. Beaucoup à voir et à acheter, un dimanche plein pour le dernier jour d’exposition, Beaux Arts magazine qui propose un guide des achats, le commerce de l’art pour l’élite ; il y a du Hitler il y a du Calder. Mais que peut-on aimer à l’heure actuelle quand une œuvre coûte 200 000 euros ?
C’est nul ou c’est beau , ça coûte un bras et c’est rigolo.
Tout commence par une réunion de famille. Dans l’air, une tension palpable. Comme une lourdeur sur le coin de l’oeil, nous, bientôt à table. Le ciel est dégagé.
Nous parlons Art , nous parlons contacts humains à travers des œuvres, même si elles véhiculent la mort, ou comment un Mobile de Calder suscite la névrose instantanée. Le but de la conversation est tout de même de diriger l’attention sur des squelettes pendus au-dessus d’un miroir, squelettes transparents dont l’étreinte serait ou sera à l’origine de ce qui va suivre.
Nous sommes à table et la question qui se pose désormais est celle d’un tableau avec une femme, accrochée à une barre de striptease, une femme ou un homme, ce qui me rappellera que je dois faire un reportage photo au Folies Pigalle. Si c’est un homme, alors nous sommes à table, si c’est une femme, je pense, que dès lors il y a une forte possibilité pour que nous soyons en extérieur. Car la table pourrait très bien être en extérieur. Le ciel se couvre de Nuages, il se couvre d’une épaisse couche de vapeur stratosphérique grise et méchante. Dès lors la nuit tombe comme sur une momie dans un son sarcophage. Une momie morte dans un crash test de Renaud 19. Nous sommes tous pris de panique, une panique qui alternera fierté d’appartenance à l’apocalypse, être sujets à la colère de Saint Jean, et acte dérisoire d’approbation de notre destruction future.
FIAC 2008 Un grand noir qui ne veut pas se faire photographier de peur que sa femme qui est au Mali découvre qu’il fait la fête pour célébrer l’apocalypse. Il me prend par la main, nous chaussons nos Rollers et là, j’estime qu’il n’est plus question d’art du tout.
Nous sommes contraints de faire le tour du stade. Un stade assez vaste pour que l’on veuille le recouvrir d’un tissus blanc, mais ceci n’est qu’un jet d’idée, recouvrir délicatement un stade Charléty ou un Madison Square Garden du tissus blanc, le blanc de l’honnêteté et de la résurrection. Le tour du stade fait, nous partons aux abris, la Lune est gigantesque, elle fait presque la moitié du ciel. Une lune grise qui vire au Rouge et au Jaune, un reflet épais de toutes les hantises que nous abordions quelques heures auparavant au cours du repas. On me dit que la Lune va exploser, qu’un astéroïde va s’écraser sur elle et que toute l’humanité va disparaitre.
Ma question maintenant est celle ci : suis-je triste parce que l’humanité risque de disparaitre ? Suis-je triste parce que certains continents sont complètement à la ramasse? Suis-je triste car on peut me vendre un Bout de Corde resinée pour la modique somme de 70 euros?
Il est certain que je suis triste. Mais une chose me rassure dans la FIAC 2008: Je suis précieux; j’estime que je prends de la valeur aux côtés d’autres choses hors de prix.




PLAY BLESSURES
Alors “la FIAC n’a pas perdu l morale malgré la crise économique” Mais bordel de journalistes de merde ça ne veut rien dire!!!!!!!!!