Feist vient de sortir son dernier album The Reminder, un album qui se souvient bien de ses racines. Mais c’est également un disque qui donne des ailes par sa simplicité et sa volupté sans pareil que seul le génie peut égaler.
Quelle étrange sensation que ce nouvel album de Feist. Comme la musique d’un autre temps, d’un autre monde, « d’où nous parviennent les accords d’une musique qui en ces lieux nous paraît irréelle ». A la recherche de quelques pépites dans le Colorado ou peut-être sur la terrasse d’une villa en Suède dessinée par Jean Novell (On peut toujours rêver, aimer ou alors sniffer un peu d’éther…) , ébahit par la beauté simple et naturelle d’un Fjord plus empreint de chaleur que de douceur.
Mais cet album est encore plus surprenant que cela puisque la canadienne nous livre des mélodies pop-folk-rock hyper tendues, un regard plein d’espoir et de tendresse tourné vers l’Afrique avec Sea-lion woman. De la soul savamment orchestrée et interprétée sur The limit to your love. Tout simplement splendide. Du blues, de la country, du jazz, et Feist se ballade au rythme de ses inspirations de genre en chanson, de chanson en style, à travers le temps et les frontières, elle nous ballade à ses côtés, avec toute sa troupe de vagabonds troubadours que nous sommes tous un temps, au fond, dans notre fort intérieur.
Feist aime le calme et le naturel et le fait savoir à coups de claquements de doigts, de violons, de pianos pianos, de vibraphones. Plus fort que Nestlé, plus fin que Lindt, c’est une magnifique caresse, une douce rosée avec de l’expérience et des convictions à revendre mais surtout à partager, une véritable perle, que dis-je, un diamant gabonais dans le sombre panorama musical actuel.




ETRE DIEU