Le sticker autocollant de Fancy trainé sur mon bureau depuis déjà un an, je les regardais tous les deux jours sur le papier, rois du monde devant une foule en ombre chinoise. Et je me rappelais à chaque fois la première émotion ressentie lors de notre première «rencontre». Une première partie à la Maroquinerie et cette folie furieuse propagée par Jessie Chaton, son perfecto bousillé, sa voix haut perchée et son (sa ?) guitariste brillant mitraillant les notes dans le plus pur style 70’ chic et paillettes. Un show Tex Avery avec la gueule grande ouverte, sans un mot, devant la claque donnée sur mon hémisphère gauche.
C’était il y a déjà longtemps.
Je n’avais pour ainsi dire plus d’espoir sur leur signature en France. Un mélange conscient de frustration et d’aquabonisme qui me laisser penser que Fancy resterait un groupe mythique car jamais signé officiellement. Quelques articles plus loin, un buzz grandissant, le fantasme devient réalité et le maquillage glam de Fancy peut enfin apparaître à la lumière loin du cercle des initiés.
Je rencontre Jessie Chaton en plein mois d’aout, frais et dispo, rigolard et bravache, pour m’expliquer tout cela. Ramon (basse) est encore en vacances, Mom (guitares) fidèle à sa légende, boude les interview. Un réflexe de star. Une attitude bien méritée.
Salut Jessie. On se connaît un peu donc on va passer sur l’historique du groupe, les débuts difficiles, la signature avortée en Angleterre voila quelques années, tes collaborations vocales avec Rinocérose et votre passion des productions léchées….
Oui si tu veux. Mais tu veux savoir quoi, du coup ?
Bah…. Quel regard tu portes sur tout ca, le fait que les médias s’intéressent maintenant à toi alors que vous avez ramé pendant des années sans trouver de label…
Tu sais, c’est du passé maintenant. La seule chose qui est sûre c’est que nous aurions continué jusqu’à ce que le groupe signe quelque part. Si tu veux savoir si on a eu des moments de doute… Eh bien non ! Nous sommes le meilleur groupe du monde, nous le pensons sincèrement. C’est un peu mégalo mais nous avons toujours été obligé de penser comme cela, sinon nous aurions jeté l’éponge. Avec Ramon et Mom nous sommes amis d’enfance, nous jouons ensemble depuis des années, il était donc hors de question de tout stopper comme ca. Je sais que l’une des principales raisons qui nous a empêché de signer c’est avant tout que les labels nous considèrent comme un OVNI dans le paysage musical. Etonnamment même en Angleterre.. ce qui ne nous a pas empêché de jouer au festival de l’ile de Wight.
Paradoxal de jouer à Wight sans être signé, déjà que vous êtes français…
Oui j’avoue, surtout que nous n’avons signé avec Exclaim qu’au printemps 2007. C’était une nana de l’organisation de l’ile de Wight qui voulait absolument que nous jouions là-bas. Bon faut être sincère on a joué tôt dans l’après-midi, y avait pas grand monde. Mais ce concert est venu après celui de Rock en Seine l’année précédente, on sentait bien que les choses bougeaient depuis un petit moment… Et cette année on a joué à Londres dans des trucs ultra-branchés, avec de très bons retours du public. Les groupes ont peur de passer après nous, c’est une vérité nous sommes excellents sur scène, on va pas jouer les modestes alors que nous le savons. Pour continuer dans le trip « on s’aime on s’adore », après notre titre King of the world, on se verrait bien “king of the universe” ! (Rires)
Donc le trip visuel de votre cover, vous en haut d’une pyramide, c’est exactement ca, l’envie de conquérir le monde uh ?
Oui tout à fait, à prendre au second degré mais oui…
Bon mais avant ca le Royaume-Uni vous tente, non ?
Nous allons surement sortir un single en Angleterre, peut-être Dressed to kill. Je sais que les fans comme toi connaissent déjà nos vieilles chansons (17, What’s your name again) et nous avons de nouveautés, envie de faire tourner les nouveaux morceaux également présents sur l’album. Certains morceaux datent de 2/3 ans. Il faut un peu de sang neuf.
Le plus dur sur cet album a du être de retranscrire l’énergie du live non ? Vous n’avez pas été tenté par un enregistrement live à la MC5 ?
Pas vraiment… Je ne suis pas vraiment fan d’ailleurs du MC5. Tu connais nos goûts qui vont d’AC/DC à la variété française, Sly & the Family Stone, Prince, Buzy…
Et nous restons adeptes des enregistrements studios chiadés, à la Thriller, en restant méticuleux sur les arrangements. Je suis un gros fan de Quincy Jones. Mais pour l’instant on a surtout besoin de tourner pour installer le groupe.
En province aussi ?
Oui bien sur. Après la date de rentrée à la Boule Noire en octobre (le 11, NDLR).
Ton attitude androgyne, vos fringues, la sexualité étrange de Mom… Tout cela me fait penser aux tournées 70’ de Polnareff le cul à l’air, plein de frous-frous, dans la France pompidolienne réactionnaire… Les tournées en province avec le public qui l’insultait, lui jetait des cailloux… Vous n’avez jamais eu droit à ce genre de réactions avec votre look ?
Intéressant comme rapprochement.. Je connais l’histoire de Polnareff. Pour notre part, non pas vraiment. Le public est toujours un peu perplexe au départ, souvent les gens sont silencieux car il n’ont rien vu de pareil avant. Je sais qu’il se demande toujours si ma voix est trafiquée, d’où on débarque avec nos fringues, puis il regarde Mom, se pose des questions, puis il y a un silence, toujours… Après le public reste ou part mais je crois qu’on ne peut pas laisser indifférent. Et pour revenir à ma voix, toutes mes parties vocales sont naturelles, aucun bidouillage. Je ne dis pas qu’avec le temps elle ne baissera pas un peu dans les aigües…
Vous baisez plus depuis que vous êtes signés, enfin je veux dire…Votre relation aux groupies ca en est où ?
Next ! Tu sais bien que nous sommes de grands adeptes des partouzes romaines ! D’ailleurs on t’attends encore…(Rires)
L’Amérique vous y pensez, plutot dans le trip Joe Dassin «L’Amérique je la veux et je l’aurais» ?
Oui, bien évidemment. Surtout LA en fait, déjà les productions, et puis aussi à cause de la silicone, le soleil, la superficialité…. On aime bien parler de graisses et de liposucions. Sérieusement oui, mais ce n’est pas pour tout de suite.
Reste-t-il un groupe qui vous impressionne en live ?
Franchement… non. Je sais que nous sommes bons en live, je n’ai pas peur de le dire. Alors je dirais Fancy tout simplement.
Bon, pour finir, le label m’a envoyé un CD teaser, avec les pistes qui coupent avant la fin, en fade-out, c’est assez frustrant. Alors à mon tour, si tu devais compléter le blanc sur la phrase «Fancy c’est…» tu dirais quoi ?
Ah tu fais chier avec tes questions mec….. (Jessie réfléchit, un peu à court d’idées) Fancy c’est vital, tous les jours tout le temps. Voila.
Quelque chose à rajouter ?
Oui, quelque chose dont personne ne parle, mais tu sais que c’est moi qui ait composé DANCE de Justice, enfin la partie vocale ?! Ces enfoirés n’en parlent pas dans les interviews, enfin je suis quand même crédité sur les notes de pochette, mais c’est important de le dire !
Ah bah tiens comme ca maintenant on sait qui a vraiment composé leur album !
Arrêtes tes connerie… je les adore les mecs de Justice….Et pour les avoir vu en studio je peux te dire qu’ils travaillent très très bien. De très bons producteurs et un très bon goût.
Photos: JB Mondino
http://www.myspace.com/welovefancy
2 commentaires
ça promet ! Ils seront en concert samedi 1er decembre à l’EMB sannois.




ETRE DIEU
Pour la prochaine orgie romaine, j’en suis.