Dimanche 3 juin - Police frontalière à la Biélorussie - 4H21
Ici, les cochons mangent des voitures. Ici on m’a tout volé. Plus de bière belge, plus de fringues de rechange, plus d’argent. Dieu merci ils m’ont laissé les lunettes et la moto. Mes dernières richesses.
Tout avait pourtant bien commencé. Les Sudettes ressemblaient à l’Allemagne (De plus les Allemands y sont en nombre, rachetant les maisons de leur enfance). La campagne Slave, c’est une autre paire de manches. Comparativement au film de Kusturika, il ne manque que la musique pour rendre la chose un peu comique. Non, la réalité est celle de la boue, des femmes aux sauts d’eau et de leurs maris moustachus qui bêchent à la main. Je ne vois pas comment les français pouvait avoir peur des plombiers Polonais: il n’y a presque aucune arrivée d’eau courante dans les campagnes. Tout est rustique comme l’on dit. Des gamins poursuivent ma moto avec des petites pétrolettes vitaminée à l’alcool de pomme de terre. Certains se marrent en me voyant arriver, d’autres me jettent des mottes de terre. J’imagine que ce sont les jeunes punks du coin.
Je ne me suis donc arrêté uniquement à Pisz. Dans un bar, directement. L’un de ces bars étonnant des pays de l’est. Le genre d’échoppe qui fait totalement américaine, un néon Foster à l’entrée. Un mélange de vieux comptoirs en bois plein de fioritures, puis le reste en verre ultra hype. Un écran plasma derrière la tête du barman passe des clips allemands. Première chose qui me vient à l’esprit: les polonaises n’ont pas froid aux yeux. Ici il n’y à que des jeunes, habillées court, assises au comptoir, levant le coude bien haut pour la vodka. “Here We Speak English” affiché en gros à coté de l’écran Plasma. Je m’assoie, retirant mes lunettes, je commande “Vodka” avec un faux accent russe qui glace le serveur. Il me faut claquer mes tout derniers euros ici, sachant qu’ils ne serviront à rien de l’autre coté de la frontière.
“Pourquoi y a t-il tant d’américains ici?” je demande au barman. “Parce que ce soir, c’est rencontre entre garçon U.S.A et filles d’ici pour mariages”. Je pousse un “ah” tout en avalant une énième Vodka sèche. Enième qui manque de me renverser au sol. Puis je rallume une cigarette en regardant les clips allemands. Tiens, de nouveau ce rappeur blanc et les fesses blanches de ces danseuse gothiques. Ces fesses blanches me font penser procréation, libido fluctuante et donc début d’érection. Je pourrais m’éclipser aux toilettes pour me masturber, mais mon état d’alcoolisme me donne bien assez d’assurance pour faire ma demande en mariage à une petite Polonaise, et ceci dès maintenant.
Elle me dit qu’elle connait une chambre d’hôtel pas loin. Elle veut fêter la nuit de noce avant même le mariage. C’est sur que mon statut de producteur de Kid Rock à Los Angeles l’impressionne. Puis elle me fait bien boire. Elle me demande ma bague tête de mort que Kid m’a offert, elle veut que se soit son alliance. Heureusement que plus tôt dans la journée, un Punk Slave m’a balancé une pierre sur la main et que cette bague est maintenant soudée à mon doigt par une excroissance de chair violette.
Elle enlève sa robe panthère avec rien en dessous. Elle écarte mon jean noir, me laissant tout le reste de mes effets sur le dos, bottes et lunette comprise. “On va faire l’amour les yeux dans les yeux” me dit-elle. Puis elle s’empale sur mon membre souffrant dans son érection alcoolisé. D’un coup, elle commence à s’écraser les seins de ses ongles, se jetant en arrière, me tordant définitivement en elle (Douleur atroce). C’est qu’à crier d’une manière suspecte, elle finit par motiver de ma part un net mouvement de bassin. Je pense film porno, string en dentelle, Carla Bruni. L’excitation monte en moi et mes mouvements se font audacieux… Un peu trop même. A cette angle de pénétration, je finis par glisser hors de son corps, ce qui entraîne immédiatement (Comme vous le savez tous, chers lecteurs) un orgasme. Un jet de sperme monte, percute son ventre pour finalement s’écraser sur ma chemise quelle avait daigné me retirer. Je m’évanouis de bonheur.
Réveil en sursaut quelques heures plus tard. Plus de femme. Classique. Un peu plus inquiétant, c’est l’absence de mon porte-monnaie, mes clefs de moto et mon sac de voyage. Je remets mon jean en vitesse et gratte la semence de ma chemise en courant dans les escaliers. Je me dirige vers la moto et pense que toutes les femmes sont pareilles. C’est cher payé le coït. Au détour de la rue, la moto et toujours la. Dessus un mot: “Sorry, but it’s so crappy, we don’t know what to do about with it”. Salope!




ETRE DIEU
[...] L’est qui se rapproche: La Biélorussie, ses coïts et la vodka [...]