Je publiai voilà une semaine un billet d’humeur aux réactions diverses et avariées, portant sur le thème de “La jeunesse a-t-elle tué le rock”?
Aussi étonnant que cela puisse paraître, tant cette question semble figée, sans réponse, sans fondements, sans réels arguments, les réponses ne se firent pas attendre.
L’excellent Bernard Black, qui semble avoir depuis longtemps (pardon) dépassé la trentaine, creuse un peu plus encore nos tombes avec un article qui fait office de pelle pour tous les vieux briscards de notre future génération. Ne plus sortir, ne plus rien faire, ne rien espérer.
Ne plus rien attendre. Voilà, somme toute, l’ultime destination, que vous ayez 22 ou 57 ans. Vous finirez tous par dire un jour que “les soirées d’avant étaient mieux, et que maintenant vous ne sortez plus à Paris, parce qu’il n’y a plus de places pour se garer”.
Article original ici:http://passengertohell.blogspot.com/2008/10/2008.html
Monday, October 13, 2008
“J’écris plus rien ces derniers temps. C’est parce que j’ai le moral. Grâce à la crise. Je me lève et même si j’ai encore envie de gerber à la simple idée de devoir me laver et boire du café avant d’aller me faire chier jusqu’à 18h, j’ai le sourire. Car bientôt quand j’allumerai la télé le matin, ce ne seront plus des clandestins mais des banquiers qui se jetteront par les fenêtres.
dirty-rockLe quotidien fait chier par contre. Comme si j’étais jamais parti, au bout de 2 jours, la routine a repris. Le même rythme, les mêmes bière sur le canapé à 6h et les mêmes bouteilles de vin quand on mange. Les mêmes réunions syndicales inutiles, les mêmes sorties foireuses. Même plus de folie passagère. Mon crane s’est ouvert cet été et je me rappelle pas comment mais c’est déjà fini. On a enlevé les points et il ne reste qu’une cicatrice que je sens quand je passe la main dans mes cheveux. C’était plus marrant d’émerger d’un blackout en voyant ma main pleine de sang, de voir que j’étais seul, que le sang coulait de mon crâne, que j’avais aucune putain d’idée de ce qu’il s’était passé pendant les 2 ou 3 ou 5 dernières heures.
Mais c’est déjà fini.
Encore une fois seule la musique m’aide un peu.
Je vais me remettre à la basse. Je devrais. Ça serait mieux que de jouer à PES ou de mater des séries à la con (à part The Shield).
Irlande bientôt, pas longtemps mais la folie sera peut être là bas, avec d’autres âmes perdues capables de s’enfuir d’un hôpital dès que le médecin tourne le dos pour aller au premier bar, nu sous une blouse avec des cathéters dans les bras.
La jeunesse est morte. Tout le monde s’ennuie, ils sont cramés avant l’âge, périmés à 22 ans. Regarde le : il a 26 ans et pense que s’il devient propriétaire, tout s’arrangera. Ou lui : 23 ans, ne pouvant pas se barrer d’un boulot qu’il déteste alors qu’il y a 2 ans il serait allé gerber sur le bureau de son patron. Un autre : 22 ans, dans un an il sera diplômé d’un truc qui ne l’intéresse pas et devra travailler car il ne sait pas quoi faire, il n’écrit presque plus, ne fait plus de musique et ne fera sans doute jamais ce court-métrage alors que le scénar est presque écrit. Faudrait que j’arrête de rien branler.
Notre génération est foutue. La crise financière, la crise écologique, l’hygiénisme, même fumer est devenu un vice de riche. On se rabat sur la musique, vieilles références 60’s, 70’s, faux érudits. De temps en temps, on peut voir une des vieilles gloires, on ne s’avouera pas qu’on a été déçu. Et même si RATM était parfait, c’est que 2h de vie pour une année de merde. J’arrête de me plaindre. Nouvelle musique dans le lecteur. Vieille et pas périmée, ça sauvera au moins la journée.”
http://passengertohell.blogspot.com
2 commentaires
Merci de cette publication surprise. Mais j’ai 22 ans.




PLAY BLESSURES
L’opéra existera toujours. Buk l’avait compris, il s’y est pris très tôt.
Et y’a un parking.