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ETRE JEUNE Mort aux vieux

Je publiais voilà une semaine un billet d'humeur aux réactions diverses et avariées, portant sur le thème de "La jeunesse a-t-elle tué le rock"? Aussi étonnant que cela puisse (...) suite

Je publiais voilà une semaine un billet d’humeur aux réactions diverses et avariées, portant sur le thème de “La jeunesse a-t-elle tué le rock”?

Fear and Loathing par FistonAussi étonnant que cela puisse paraître, tant cette question semble figée, sans réponse, sans fondements, sans réels arguments, les réponses ne se firent pas attendre. Jusqu’à cet article sur lequel je tombais, presque par hasard, au détour d’un réveil difficile. C’était juste après la soirée organisée par de “vieux croûtons journalistes de rock” du site de Gonzaï.com (connaissez-vous ce site?). Enfin… c’est ce que disait l’article en question, sorte de post-report de la Fear & Loathing #5 organisée aux Disquaires ce jeudi 16 octobre. Bientôt une vidéo mémorable vous permettra, si vous n’étiez pas présents, de comprendre la fureur qui habita le lieu pendant près de 4 heures, ce soir-là, et comment un homme de 130 kg prit un pain dans la gueule, pourquoi il y eut du sang sur un piano et comment il était encore possible de faire des soirées à Paris avec 0 euro et 100% d’heureux. C’est ce que je croyais, jusqu’à cet article.

Fear and Loathing 2 par FistonAlors que les grands lobbys parisiens exercent sur les petites salles une véritable pression, leur interdisant de “faire danser le public” par peur de la concurrence avec les clubbings, alors que les descentes de cops n’ont jamais été aussi fréquentes dans les bars (merci N.S.), il est encore possible de se faire des ennemis dans le public. Des gens de moins de 20 ans qui pensent franchement qu’ils sont l’avenir et que si on est pas content c’est tant pis”. Des monuments culturels tels que BeHype expriment très bien cela: la tentation d’être contre, sans aucune plus-value sur le fond et aucune envie de faire plus qu’une mise en avant mammaire serrée dans un T-Shirt American Apparel.

Le plan américain dans toute sa splendeur. A l’heure où j’écris ces lignes, il me reste précisément 4 cigarettes, il est précisément 01.38 sur l’horloge, une musique morbide sort des enceintes, j’ai 28 ans, mon déclin a déjà commencé et je reste admiratif devant les quelques lignes du ci-dessous. Un article écrit par un garçon talentueux qui, à défaut de vivre des choses fortes, exprime au moins un point de vue. La seule exigence possible, finalement, d’une génération qui n’attend plus rien.

Plutôt que de polémiquer ou jouer les morts comme il serait bon de faire en pareil situation, retour vers le futur, zoom sur la prochaine génération qui enfoncera ces vieux croûtons journalistes de rock de chez Gonzaï.

Article original ici: http://laconjuration.typepad.com//la_conjuration/2008/10/du-sang-sur-le.html

Du sang sur le clavier

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“Ce qui est bien dans un apéro, c’est lorsqu’une bonne âme lance un projet de soirée et que tout le monde le saisit au vol. S’en suit généralement une fine équipée dont l’issue est incertaine. C’est l’une d’elles que je vais tacher de vous conter (ma mémoire est embrumée).

Nous avions commencé par vider des cubi de mauvais vin dans une salle de notre école. Foutu dehors par les techniciennes de surface, c’est en réponse à ce mauvais traitement que Frédérique a jeté ce « tous aux Disquaires » qui fut le cris de guerre de la soirée.

Rue de Charonne, nous tanguions tantôt à droite, en direction d’un verre d’alcool, tantôt à gauche, dans les bras de quelques gerces avenantes, puis nous finîmes par échouer aux Disquaires pour la soirée Gonzaï. Ce site web tenu par des vieux croûtons journalistes de rock m’amuse. Les papiers sont bien écrits mais tout tourne autours des mêmes références : Hunter S. Thompson, Patrick Eudeline, Bukowski, Bob Dylan et compagnie. Lorsque je pense à ces gens-là, je ne peux m’empêcher de les imaginer en cercle, se masturbant tout de go sur leurs point communs et leur microcosme obsolète. Mes camarades ne connaissaient pas l’objet de mon opprobre. Malgré leur état, il furent tout de même dérouté par l’horrible voix de Patrick Eudeline (Qu’est-ce que je vous avais dit sur leurs « icônes » !). Je leur explique qu’il fut le chanteur d’Asphalt Jungle, l’un des premiers groupe punk de France, et que tous les types mal rasés qui trainent là ce soir le vénèrent. Patoche s’en va réajuster son dentier et laisse la place à un vieux loup de mer à la tignasse grisonnante (Tony Truant). Ses simagrées insupportent A.L.I (mon soce à trois lettres) qui profite des solos de pépère pour s’emparer du micro et dédicacer à notre crew. Friant de comique de répétition, il réitère son acte jusqu’à se faire charger par le rockeur canonique, sa guitare en guise de lance.

Je suis des amis fumeurs à l’extérieur et on me présente un des membres de Gonzaï. Nous échangeons, parlons d’une critique injustifiée qu’ils avaient émis envers BH Magazine, convenons de leur mauvaise fois assumée (donc respectable) et trinquons bons amis.

Lorsque je reviens, Thierry Theolier s’échauffe pour un futur tour de chant. Le pogo est festif mais dégénère. Un vieux a la gueule en sang et, détail chic, parsème les touches du piano de ses globules. Les lumières se rallument, le service d’ordre s’allume et les détracteurs partent en fumée. Profitant de cette accalmie, une vieille bique insiste pour réciter un poème sur « La femme moderne ». Sa requête tombe à l’eau car l’équipe de Paris Dernière est annoncée. Les rockeurs aigris se muent en postulant de la Star Académie. Ils tiennent à leur quart d’heure de gloire et sont prêts à mordre le malheureux qui tenterait de leur voler un pouce de terrain. Thierry Theolier entame son tube « Baiser avec une Boat People » et l’équipe TV arrive. Xavier De Moulins est accueilli par une foule faussement déchainée où se mêle minets déguisés en tigre, épaves montrant leur sexe, pique assiette jouant les dégénérés et nabots aux oreilles décollées. Pour l’occasion, Theolier paraphrase son propre texte et crie « Je veux baiser avec Xavier De Moulins ! » Les images sont dans la boite, le bon peuple de la contre culture est satisfait, tout le monde peut rentrer se coucher. La sale se vide fissa et j’erre dans la rue avec des amis qui déclament avec emphase « la Bible c’est un peu comme le Guide Michelin ». J’ai une pensée pour le voisinage qui entend ce genre d’ineptie alors qu’il souhaite le repos du corps (et pas encore de l’âme).

Rue de Charonne suite et fin. Je remercie l’instigatrice de cette soirée « Vous êtes une chic fille, Frédérique », et rentre me coucher en me demandant si je finirais par être un vieux con talentueux.

Par Foucauld

(Photo : Hedi Slimane)

14 commentaires

héhé..

Commentaire par victorh, le Lundi 20 octobre 2008 à 8:17

en même temps pour Eudeline, il a pas tort; hein.

Commentaire par zobla, le Lundi 20 octobre 2008 à 9:53

Il a une place ici, s’il comprenait de quoi il était question. Concordance des temps.

Commentaire par O'Mahony, le Lundi 20 octobre 2008 à 9:56

Euh nan en même temps pour Eudeline, il va faire autant des vieux os que Burrough, genre 90 piges, toujours camé, en costard avec une canne à pommeau d’argent sur cibachrome 6×6 en cover de Harper’s Bazaar - why not anyways?
Sur le fond t’a raison, le Djeunz reste le Djeunz, cad sans mémoire et sans avenir encore, le futal en bas de la fesse même si c’est “out” depuis 10 ans, mais s’en fout, il caaâaasse, il méduse de spot en spot.
Aucun respect pour les dinosaures, bordel! Mias ils ont raison, l’avenir c’est eux, et ils crachent sur tout ce que la génération d’avant a aimé.

Commentaire par zobla, le Lundi 20 octobre 2008 à 10:02

Il y a des trucs sur lesquels il ne sert ABSOLUMENT à RIEN de s’étendre.
dont acte.

Commentaire par O'Mahony, le Lundi 20 octobre 2008 à 19:16

Au contraire, je trouve que cet article est intéressant. Il donne un point de vue qui l’est.

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 20 octobre 2008 à 19:22

Ton commentaire sur le site est bien vu, je le partage assez (je parlais plus haut de notre performance).

Haiymen.

Commentaire par O'Mahony, le Lundi 20 octobre 2008 à 20:42

y’a que ça comme photos? sinon pour le reste rien à rajouter…

Commentaire par rouges, le Lundi 20 octobre 2008 à 10:04

Mais où étais-donc Pierre MIKAILOFF???

Commentaire par AR, le Lundi 20 octobre 2008 à 13:42

Mais où étaiT…

Commentaire par AR, le Lundi 20 octobre 2008 à 13:56

Qu’est ce tu fous là, Tina, j’t'ai déjà dit de pas jouer dans cette putain de courre.
Quoi, j’t'emmerde.

Commentaire par X, le Lundi 20 octobre 2008 à 20:53

J’ai entendu dire qu’il y avait une sorte de boycottage des Disquaires suite au coup de boule du patron sur un client qui avait eu l’affront de boire sa bière dehors

qui peut confirmer?

Commentaire par hercule poirot, le Lundi 20 octobre 2008 à 14:33

non, il parait que c’est le propriétaire du fond qui aurait descendu à la mitrailleuse un type qui commandait une bière d’un air un peu méchant.
non ?

Commentaire par VictorH, le Lundi 20 octobre 2008 à 16:08

Moi on m’a rapporté que c’est un groupe des triades de Shanghai qui aurait saigné à blanc dans la cave de l’établissement un gars qui avait demandé si il pouvait avoir s’il vous plait un cendrier sans se rappeler que c’était interdit de fumer dans les bars maintenant.
Non ?

Commentaire par Hilaire Picault, le Lundi 20 octobre 2008 à 15:33

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