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ETAT DE CR!SE I’m… waiting for my mail

Vous est-il déjà arrivé d'avoir à envoyer des mails importants? Je suppose que oui (A quoi servirait-il de vivre sinon, hein?) Comme moi il vous est déjà arrivé (...) suite

Vous est-il déjà arrivé d’avoir à envoyer des mails importants? Je suppose que oui (A quoi servirait-il de vivre sinon, hein?) Comme moi il vous est déjà arrivé d’attendre plusieurs heures, jours, voire des mois, avant d’avoir une réponse.

Peut-être êtes-vous mort derrière votre clavier dans l’espoir de lire un “salut X, je reviens vers toi concernant ton mail du ….”. En vain, l’écran illuminé à 53% illumine votre visage blafard et condamné et vous prenez votre tête entre vos deux mains en vociférant un “mais putain pourquoi il répond pas à mon mail?”. Nous sommes dans le même cas. Bienvenue dans le monde occidental du nouveau siècle.

Dans le même genre nous avons tous un jour attendu la réponse d’une fille à qui on avait stupidement envoyé un texto, attendant comme un demeuré une réponse qui ne viendrait jamais. “Elle a pas du le recevoir”. T’as raison mon pote, c’est la faute aux ondes à moyenne portée. Vous pouvez également transposer cette situation à l’immobilier (attendre la réponse du banquier), au sport (votre tiercé-quarté) ou la vie en général (mais c’est pour quand ma tumeur?). Car en temps de crise, c’est finalement toujours le même modus operandi. Attendre. Par les temps qui courent, attendre reste encore la seule chose qui ne coûte rien.

waitingJe me concentrerai ici sur les mails que j’envoie depuis près d’un mois. De longs calculs mathématiques auraient tendance à prouver qu’avant septembre 2008 le ratio mail répondu/ mail envoyé s’élevait à 1/5. Depuis la grande chute mondialisée, les conséquences sont multiples:

- le ratio est passé à 1/20.
- le prix du Sopalin a augmenté de 33%.
- le petit Nicolas s’agite dans le petit écran muni d’une oreillette de traduction.
- votre nana a plus envie parce qu’elle “a peur de laisser un monde pourri” à sa descendance.

Bilan personnel: Vous bouffez du Macdo avec les mains grasses en checkant la boîte de réception toutes les 5 minutes, faute de mieux. Vous avez remplacé un corps gras par un autre, la belle affaire. Merci les subprimes. Merci à tout ces gros cons aux mails reconnaissables, ceux qui commencent par un j.moiron@groupacorp2000.fr

C’est cela la crise. Le repli sur soi. Parce que tout le monde a peur de la récession qui ne dit pas son nom. Alors tout le monde reçoit des mails auxquels il ne répond pas. L’offre et la demande numérique c’est aussi cela. Tout le monde veut retirer ses billes mais demande à voir celles des autres. Les mots “budget”, “important” et “deadline” sont automatiquement passés en spam sur la messagerie de vos correspondants, le cendrier se remplit à s’en demander si votre boîte n’aurait pas un problème.

Alors peut-être avez-vous fait comme moi: demander à la concurrence si c’était aussi la carence. La réponse, aussi rassurante soit-elle (”t’as raison Jean-Marc, j’envoie des mails dans le cosmos sans réponse”) ne constitue pas pour autant un soulagement. Les budgets se gèlent, l’articulation se refroidit et les smileys tirent leur révérence.

L’inconvénient de la crise du mail (vous pouvez encore une fois transposer cela à d’autres secteurs), c’est que les boulets ne connaissent pas la crise. On se surprend à lire des mails qu’on ne lit jamais en temps de période économique stable, on y répond même, par dépit. Parce qu’il faut bien répondre à des mails pour exister, continuer d’y croire. Et pendant ce temps, les outcoming mails se baladent dans la nature comme le petit Grégory le long des rivières.

Que vous soyez journaliste, attaché de presse, musicien, auteur, c’est la même peur partout ici bas. Je me plais à croire qu’un jour l’électricité sera coupée, le WI-FI fermé et mes problèmes résolus. En attendant, je tape Ctrl+R sur la machine, à l’affût d’un peu de courage de la part de mes correspondants. La réponse, c’est un bruit, celui du vide.

Parce que dans 5 ans vous pourrez dire que c’est encore pire, militons ici pour le retour des machines à écrire. A défaut de réponse, le son des touches s’avère au moins moins cinglant.

7 commentaires

Désolé d’avance de le citer mais tout cela me rappelle les propos de Pedro Winter qui, invité dans le numéro 100 de Technikart en mars 2006 à répondre à deux questions (1) Comment jugez-vous l’évolution de votre domaine ces dix dernières années ? 2)Comment vous êtes-vous intégré à cette évolution?..) avait répondu 1) Le courriel électronique et 2) En cliquant sur “relever” toutes les deux minutes, tous les jours, depuis dix ans et pour les cinquante prochaine années de ma vie.” Ces propos me hantent.

Commentaire par sylvain, le Lundi 27 octobre 2008 à 2:18

Moi ce qui me hante c’est la question que voici: Qui a choisi la photo des trois mecs en cravate pour illustrer cet article? Et si oui, pourquoi celui de gauche porte une cravate sur une chemise à carreaux, et sinon, qui sont-ils?
Veuillez agréer Madame, Monsieur, l’impression fugitive de mes sentiments exacerbés.

Commentaire par Aurélien, le Lundi 27 octobre 2008 à 10:40

C’est juste. Ce que je pourrais ajouter mon très cher Best , c’est que ça fait deux jours que j’essaye de répondre à un de tes mail qui me revient automatiquement à la face tel un coup de poing binaire, avec comme seule explication : robotique “This message was created automatically by mail delivery software. A message that you sent could not be delivered to one or more of its recipients. This is a permanent error. The following addresses
failed ”

Super quota exceeded tendresse.
G.

Commentaire par G Tendresse, le Lundi 27 octobre 2008 à 12:20

sa boite est pleine. quel monde cruel.
mais c’est quand même très marrant.

Commentaire par VictorH, le Lundi 27 octobre 2008 à 15:20

J’ai envie de répondre quelque chose, mais je sais plus quoi parce que c’est la crise.

Commentaire par Matt Oï, le Lundi 27 octobre 2008 à 21:41

Mais qui est donc ce G tendresse?
Pardon pour le quota exceeded, c’est fixed now.
Pour la photo, c’est moi. Je n’étais pas trop convaincu mais la presence de trois traders en sueur dans une discothèque avec lampes 330W m’excitait franchement.

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 27 octobre 2008 à 23:58

[...] sur deux névroses qui m’obsèdent quotidiennement: la modernité et l’importance du mail dans les interactions sociales. Bien que distants au premier abord, ces deux problèmes*, [...]

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