ERIC NAULLEAU Lorsqu’on me demande quelles sont mes idoles du petit écran*, j’ai toujours les mêmes noms en tête, qui reviennent comme autant de saisons de Friends. Et ce en dépit du temps qui passe. Il y a Kramer, le meilleur ami de Seinfeld, qui dix ans après l’arrêt de la série parvient encore à m’extirper un sourire grâce à ses entrées fracassantes de freak cosmiques. Il y également Ariane Brodier, la pin-up conifère d’M6, qui toutes les nuits réveille en moi le fauve qui sommeille (Guy George style). Peut-être, tout au plus, pour compléter le tableau, penserais-je à Jean Amadou pour ses lectures passionnées et son timbre baryton.
Et puis maintenant il y a Eric Naulleau. Qui lentement monte dans mon top 5 des êtres humains parvenant à maintenir mon esprit connecté au poste, sur chacune de ses apparitions. Naulleau, vous l’avez peut-être déjà vu. Il est chroniqueur critique chez Ruquier le samedi soir, et toutes les semaines, inlassablement, défonce des invités plus adeptes des rallys dans le 16ième sur fond de coke/compilation Edbanger que des critiques voraces.
Eric Naulleau, outre le fait qu’il soit patron d’une maison d’édition et pamphlétaire assumé, possède une étrange implantation capillaire. Haut du front, les cheveux regardant vers le plafond comme les croyants vers le très haut. Et comme tous les samedis soirs, depuis septembre, il rééquilibre le débat, réécrivant les bases de la critique à leurs plus justes valeurs. Cali, Youn, les autres, ces gueules du star system que les gens applaudissent connement sans comprendre la falsification du propos, Naulleau les abat par la force de simples phrases. La force du mot.
Tous les soirs, Naulleau doit surement rentrer chez lui, enlever sa veste cuir, déposée sur un bord de chaise, mollement. Il doit surement, à ce moment précis, s’allumer une cigarette dans la nuit de l’appartement. Se répétant soir après soir qu’il a simplement fait son travail, et respecter ses contrats. Tueur à gages, chasseur de mots. Pourfendeur de la médiocrité, envers et contre tous, défiant les insultes et les « houuuuuuuuh » qui jonchent chacune de ses apparitions cathodiques.
- « Je ne sais pas ce que vous faites, vous êtes qui d’abord? »
« Si vous n’aimez pas, n’en parlez pas »
Brefs extraits des duels du nouveau millénaire. Brève résurrection de la critique, résurgence de l’esprit. Pour toutes ces raisons, Eric Naulleau est notre Hunter S. français. Au royaume des aveugles…. Naulleau est un traitre qui voit. Le sixième sens peut-être…
* Okay on ne me le demande jamais, mais si on me le demandait c’est ce que je répondrais.
21 commentaires
en même tps, parler d’artistes en évoquant mickael youn ou mathilda may … on ne voit plus que ça, des “artistes”, partout, flanqués de “critiques” ou “chroniqueurs” qui viennent nous dégueuler leurs “coups de coeur” - je propose (suis-je un fasciste?) de rayer ces mots de notre vocabulaire ! “kill your television (the revolution won’t be televised)” !
Je précise que je trouve ce défoncage d’”artiste” tellement jouissif que…. je jouis.
Moi aussi en disant que la seule trace d’Eric Naulleau sur ce site soutient la thèse de Youn sur la peoplisation du critique qui le conduira de toute manière à ne faire que son job.
mais c’est effectivement jouissif
je disais moi aussi dans la continuation du premier comment. Le truc avec Bruckner est sympa aussi (les intellectuels français ont combien des vies par rapport aux chats?)
“Môah, la seule fois que j’ai croisé cali : il a baissé les yeux.” (cheval blank)
N’avez vous pas remarqué que ce sont les mêmes qui nous feront de longues plaintes sur (par ex.)”la liberté de la presse” ; la police culturelle choisi bien ses larbins aux révoltes dorothées d’enfants gâtés et parvenus ; l’image de la mort même.
Mais nous n’avons pas d’autres choix que de vivre en Spectacle.
antisocial je perds mon sang froid
au plaisir
Hunter . S Français…
Et Ruquier c’est Tom Wolf !?!
Oui, il arrête pas de faire la promo de Disco en mentionnant la confrontation des couches sociales. Oui bien sûr, il y a un danseur disco, mais aussi un contexte social fort. Comme dans le Bûcher des Vanités où oui bien sûr il y a un yuppie mais aussi …
Après y a quand même eu des cas où un artiste dit vraiment les choses et rejoint ce que dit Naulleau : autour de ce qui pourrait être de la culture, y a beaucoup de business qui fait chier. Je crois que gonzaï a aussi mis un lien vers l’interview de Poelvoorde dans tracks ? Bon évidemment, là on dit que le type a pété les plombs et que c’est la drogue …
Mais pas besoin d’être binaire, non plus, (Billy).
enfin bon … sinon le gros défaut de Naulleau c’est surtout de faire ses interventions au plein coeur du samedi soir.
Bonsoir,
A titre informatif, et si vous aimez la critique littéraire de fort belle facture, lisez le remarquable pamphlet de Pierre Jourde “La littérature sans estomac.”, L’esprit des péninsules, 2002.
Je vous recommande également la collaboration de P. Jourde et E. Naulleau : “Le Jourde & Naulleau”, Mots et Cie, 2004.
C’était la “Minute Littéraire du Professeur Dugosier”
dites donc…. je ne pensais pas que cela déclencherait autant de commentaires….
Alfred, L’esprit des péninsules c’est Naulleau qui le dirigeait non?
Tu as raison Bester, L’Esprit des Péninsules est effectivement une maison d’édition qui a été créé et dirigé par Eric Naulleau.
Elle a basculé du côté obscur l’an dernier… Mais Bardolle, Gawsewitch et Naulleau ont, depuis quelques semaines, relancé les éditions Balland et L’Esprit des péninsules.
Moralite du soir : “Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.”
Lavoisier-Dugosier: Même combat?
qu’appelles tu “le côté obscur” en l’occurence?
J’essaie de lire dans cette chronique une vacherie au 2e degré qui défoncerait le grand Naulleau, apôtre de la mauvaise foi et de l’élitisme beauf. Mais non…
(snif)
(Allez, pour ta pénitence, je te proposes non pas deux ave maria, mais un visionnage de l’itw d’Emmanuelle Béart, avec Naulleau langue pendante qui parvient difficilement à se contenir…)
(PS : “La littérature sans estomac”, on est d’accord ou non sur le fond, mais c’est assurément un grand texte.
“Petit déjeuner chez tyrannie”, de Naulleau (qui revient sur l’accueil réservé au premier) est l’un des pamphlets les plus mauvais que j’aie jamais lus.)
Face au pire (Youn, Cali), l’extrême est souvent plus destructeur. C’est le paradoxe télévisuelle qui est marrant…. Le coté pamphlétaire bon… ca va 5 min.
et “la littérature à l’estomac” aussi, c’est tout bon !
1) C’est clair que le terme d’artiste est galvaudé.
2) Ca fait bien plaisir aux chroniqueurs-râleurs qu’il le soit, ça leur donne du taf.
3) Tout le monde est content en fait. Les “artistes” peuvent exister en vendant le soupe dans les médias qui désirent cette soupe et les chroniqueurs peuvent exister en venant y critiquer cette soupe qu’ils honnissent.
Entendu le bonhomm ehier sur RMC info.
Vraiment bien. Un type sain.
Prônant l’honnêteté plutôt que la compromission. LE dernier qui nous a parlé de ça s’est retrouvé à l’Elysée, alors celui ci est d’autant plus crédible je trouve.
quel crétin ce mickael young
vraiment pas une lumière. mais ca on savait deja. a part la rigolade, ca vole pas haut chez lui.




ETRE DIEU
Tiens je vais faire l’avocat du Diable. Avocat (vinaigrette), cela va sans dire.
Je trouve le propos de Youn valable (à la base) : la télé est une machine à promo, machine à servir la soupe à ceux qui la réclament (les maisons d’édition, les labels, les prods), sorte de soupe populaire pour la promo. Les Resto du Blé quoi.
Ainsi même les “artistes” viennent faire de la promo. A la télé, pour les radios. Ils sont conditionnés par leur prod.
Les journalistes qui me liront ne pourront pas me refuser cela ; obtenir de la sincérité d’un artiste est devenu difficile. Ils répondent ce qu’ils ont pris l’habitude de répondre à d’autres. Ces autres, dizaines de journalistes qui viennent de passer dans l’heure précédente pour ces gaillards créatifs. Redemandez leurs, une majorité d’entre eux se fout de la promo, et ne veulent que faire leur musique, comédie, danse etc…
Une suggestion ? Mieux, deux. Soit on élève le niveau pour que les médias véhiculent autre chose que de la pub (je ne parle pas des pages de publicité officielles, qui entrecoupent vos émissions, mais bien du contenu des “sujets” évoqués à l’antenne). Soit on dissout définitivement ces support.
Le premier choix est utopique. Le second fasciste. Up to you, pal.