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ELEANOR RIGBY Par Douglas Coupland

Avant de lire ce roman, je ne pensais pas être capable de m’intéresser à la vie d’un personnage qui serait une femme mal fagotée, fade, grosse, sans vie (...) suite

Avant de lire ce roman, je ne pensais pas être capable de m’intéresser à la vie d’un personnage qui serait une femme mal fagotée, fade, grosse, sans vie sexuelle, dont le carnet d’adresse se résume à sa proche famille, et qui exerce un obscur emploi administratif, quelque part en ville.

Il semblerait que l’événement le plus aventureux qui soit jamais arrivé à cette Liz Dunn est l’opération de ses dents de sagesse. Et quand on entreprend l’exploration de son frigo, ce n’est guère plus réjouissant : la seule boisson alcoolisée disponible est une bouteille de Bailey’s, à moitié vide, ouverte un an plus tôt. En même temps, avec qui boirait-elle ?

Le truc, avec Liz, c’est qu’elle ne se plaint pas. Ni d’être grosse, ni d’être seule, ni d’avoir un appartement désespérant de normalité. À peine si elle regrette parfois d’être si transparente. Avec le temps, elle s’est habituée. Elle n’a pas de vie sexuelle ou presque (ce « presque » étant une aventure, vite fait, sur le toit d’une discothèque, vingt ans plus tôt). La conséquence de ce « presque » surgira d’ailleurs inopinément – et mal en point -, à la page 40. Cela aura sur l’existence réglée de Leslie et William - respectivement la sœur et le frère de Liz -, à peu près le même effet que si on leur avait annoncé qu’une civilisation extraterrestre venait d’entrer en contact avec la Terre.

Mais ne rigolez pas trop vite, parce que ces personnages falots nous sont un peu trop familiers pour être honnêtes. Ils nous ressemblent étrangement. Désagréablement. Et, fort logiquement, cette suite de micro-évènements traversant la vie réglée d’une bande de bobos canadiens évoque quelque écho en nous.

La technique de Coupland est proche de la tradition narrative orientale. On pourrait presque dire qu’il réécrit Les mille et une nuits à chaque roman. Il donne à observer des personnages qui racontent à tour de rôle, et par épisodes, leurs aventures passées.
Comme le conteur arabe, le personnage couplandien n’hésite pas à s’aventurer sur les rives du légendaire et du métaphorique. Sans lyrisme, ni frime. L’habileté avec laquelle Coupland alterne le prosaïque et le mystique étant assez délectable. Entre deux prophéties bibliques, sont également posées des questions de la plus haute importance : plutôt boire un autre verre de Bailey’s moisi ou regarder une VHS de Bambi ?
Bien sûr, Coupland apporte la réponse.

Surtout - pour achever de vous convaincre -, sachez que Douglas Coupland est canadien ! (Ce qui signifie, en clair, qu’il n’évoque pas le 11 septembre toutes les deux pages…)
Voilà, maintenant, je vous laisse aller acheter ce livre – c’est bien le moins que vous puissiez faire -, et moi, je promets de vous tenir au courant pour la suite. La suite étant ce scénario que Douglas Coupland est en train d’écrire avec Charles de Meaux (probablement un des réalisateurs les plus prometteurs, parmi cette nouvelle vague issue du cinéma expérimental).

Douglas Coupland // ELEANOR RIGBY//Au Diable Vauvert (2007)

Traduit de l’anglais (Canada) par Christophe Grosdider

308 pages - 19 €

12 commentaires

Charles de MEaux et le cinéma expérimental c’est un peu comme le poulet sans sauce

Commentaire par lolo, le Lundi 3 septembre 2007 à 14:17

Hum, j’ai peur de ne pas saisir… Souhaitez-vous une rubrique gastronomique dans Gonzaï, Lolo ?

Commentaire par Pierre M, le Lundi 3 septembre 2007 à 17:17

ben ça a pas de sens le poulet sans sauce. comme aller au 15 eugene gibez sans boire cul sec votre heineken

Commentaire par lolo, le Lundi 3 septembre 2007 à 11:37

je pense refléter l’opinion de nombreux lecteurs en disant que vous ne nous avez qu’à moitié convaincus.

Commentaire par Pierre M, le Lundi 3 septembre 2007 à 13:29

Surtout que ce lolo ne nous est pas inconnu Pierre…

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 3 septembre 2007 à 13:53

je dirais plutôt, et, ce, sans vouloir trop m’avancer, qu’il s’agit d’”une” Lolo, Bester.
le côté Heineken, tout ça… Non ?

Commentaire par Pierre M, le Lundi 3 septembre 2007 à 15:32

Tu crois que c’est le genre à écouter Joan Jett?

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 3 septembre 2007 à 18:58

je n’irai pas jusque là ! Lita Ford ?

Commentaire par Pierre M, le Lundi 3 septembre 2007 à 19:02

Mais c’est quoi ces private joke les gars ?!?

Commentaire par sylvain, le Lundi 3 septembre 2007 à 14:32

Je n’en sais rien, Sylvain, je n’y comprends rien !

Commentaire par Pierre M, le Lundi 3 septembre 2007 à 14:39

Gonzaï…..

Commentaire par VictorH, le Lundi 3 septembre 2007 à 20:44

Gonzaï ???

Commentaire par Pierre M, le Lundi 3 septembre 2007 à 21:02

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