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EDITORS Diner romantique avec une basse

Paris, Maison de la radio, Lundi 11 mai, concert d’Editors, souffle coupé. Un rencard le lundi soir, c'est tout de même un comble. Un de ses rendez-vous avec une (...) suite

Paris, Maison de la radio, Lundi 11 mai, concert d’Editors, souffle coupé.

Un rencard le lundi soir, c’est tout de même un comble. Un de ses rendez-vous avec une femme pleine de caractère. Passer une heure en tête à tête avec cette très belle Rickenbacker noire et blanche.

Elle avait lustré sa crosse, fait briller son vernis spécialement pour l’occasion. Sa voix grave et profonde n’était soulignée que par sa beauté. Et puis son timbre, venant du fond de la gorge; le coté puissant de la dame, définitivement sexy. Une femme fatale, le genre à vous couper le souffle, vous empêcher de respirer. Face à un tel être, le combat de la séduction s’annonçait des plus passionnants.

Ce fut d’abord une épreuve de force. Elle se montrait de la vieille école, celle qui avait su s’imposer chez les Jam: tout était fait avec le bout des doigts. Et ses phrases pleines de puissance; des histoires simples balancées de la manière la plus épurée possible. Elle n’évoquait rien d’autre que le choc physique qui m’était imposé. Elle était tout simplement devenue mon tortionnaire, mon taulier de prison. Attentif à la moindre de ses paroles, je ne faisais plus qu’un avec mon siège. Puis bougeant sa tête, elle reflétait de temps en temps un peu des lumières de la salle; m’éblouissant définitivement.

Puis qu’est ce qu’elle a pu me faire rire quand elle a repris cette vieille blague du groupe Chic. De l’humour disco. Un groove noir raconté par une petite blanche. Et tous ses efforts pour ne pas se montrer trop racoleuse. C’était certainement le début de notre complicité : je comprenais tout à fait le tracas qu’elle se posait ici. Vouloir provoquer chez les gens un sentiment de fièvre, de nuit chaude comme l’enfer alors que l’on était uniquement taillé pour le sexe blanc, une nymphe qui manque sérieusement de formes, là ou il en faudrait. Et malgré ce maquillage qui lui allait si peu, elle réussissait à me faire rire.

Mais elle tomba malheureusement dans une redondance dramatique, découvrant son coté banal. Cette petite Rickenbacker n’était qu’une femme comme les autres. Elle avait vécu un premier ébat, forcement catastrophique, suivi d’un complexe sur les relations amoureuses et la difficulté criante à assumer la sexualité féminine. Un ronronnement trop de fois entendu. Le même foutu chat noir ornant le même putain de piano blanc. Il est dramatique de voir à quel point les gens se ressemblent tous au bout d’une heure.

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