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EARTH TO THE DANDY WARHOLS My Taylor is kitch

David Robert Jones. Voilà tout. Ils peuvent bien changer de coupes comme de chemise, se raser la tête ou jouer le transformisme de Chabal, ils peuvent dire ce (...) suite

David Robert Jones. Voilà tout. Ils peuvent bien changer de coupes comme de chemise, se raser la tête ou jouer le transformisme de Chabal, ils peuvent dire ce qu’ils veulent, reconnaître ou non une filiation avec le BJM, parler de la pop garage flower power et autres comptines pacifistes Zimmermannienne, vous faire gober des couleuvres grosses comme des cachetons à l’effigie de Mickey Mouse, moi je sais bien qu’ils nous mentent. Les Dandy cherchent à nous faire croire que tout cela est vraiment arrivé, qu’il y a eu une facilité de composition psychédélique, la tête en arrière, nu dans l’herbe, avec des hymnes main-dans-la-main et amour libre pour tous, mais c’est faux. C’est FAUX putain, c’est faux.

Voilà quinze ans que Courtney Taylor nous baratine. Pour cacher quoi ? Son artiste fétiche, n’est pas Newcombe. Ni lui-même. Ah ça non, il a trop honte de se comparer à son idole qu’il préfère se faire passer pour un égocentrique dernier degré.

Lost in space?Non. Le vrai choc artistique de sa vie se situe précisément le jour où il a entendu pour la première fois chanter David Jones… (baisse la voix, regarde à droite, regarde à gauche) David Bowie… Je ne le dis pas fort parce que vous savez de quoi ce gars est capable. Un type qui rajoute un ersatz de particule à son nom, se laisse pousser la barbe et les tiags, est en pleine crise de la quarantaine. Pas des gens à qui on peut se fier. On murmure qu’il aurait claqué la porte d’une major, et insulté un responsable artistique en charge des video clips, c’est dire le dur à cuir, non ?

Après avoir tenté le psyché-folk de Space Oddity au début et Ziggy-le-rockeur sur 13 Tales, risqué l’embardées synthé-pop « new wave » (guillemets no to handle without pincettes) via Monkey House, Courtney a ramassé Scary Monsters dans un grenier, soufflé dessus et l’a brandi, faisant claquer la manche de sa toge, à ses disciple. Holmström agitait alors Let’s Dance, mais non. La pythie de l’Oregon avait parlé.

Dandy 2008Bon sang je ne vous mens pas, le gars reconnaît qu’il rêve de Yes sur une chansonnette printanière pimenté des délires live de Robert Fripp, clôture par un opéra mou dont on voit les contours de Warszawa au travers, et le clavier de son Mission Control rote un truc qui rappelle la talk box de Peter Frampton et d’un hit de Bon Jovi dont je n’ose me remémorer le nom… Oh merde si : Livin’ On A Prayer !

En fait (amphet’ ?) cela sonne comme quelqu’un qui découvrirait la face cachée – parce que honteuse ! – de 1980, tel ce Now You Love Me et ses chœurs à la Avalanche (vous croyez avoir oublié Johnny Johnny Come Home, alors que votre inconscient l’a refoulé en vérité). Il y a même une relecture de Original Sin sur Welcome To The Third World, avec guitare quasi identique et basse à la Andy des Mitsouko.

Et pourtant, on est du voyage. Non, c’est vrai. Tout exacerbation cocaïno-égoïque mise à part (la Terre vue par les Dandy Warhols !! Sinon ça va la haut ?), il est difficile de couper le disque une fois qu’il a commencé à tourner. Parce que oui, si l’on admet que l’usine à grands titres façon Boys Are Better et Get Off a fermé boutique, on ne peut pas nier que la Factory de Portland crée encore ici un album pour le trip. Un bon trip, avec de belles tentatives (comme cet entêtement pour les cuivres désormais rejoints par un banjo) proprement produit (non, Julien Doré, un banjo ça ne se met pas au premier plan !) moins réussi que le précédent, Odditorium, à première écoute mais dont on retournera ouvrir le boîtier à l’occasion de crises nostalgiques.

Et dont on reviendra avec bonheur. Tel ce coffre où l’on conserve les pantalons en élasthanne encore embaumés de sueur au Mennen et couvert des auréoles de la dernière soirée mousse de l’année 1989.

Honteux et ému à la fois.

http://www.myspace.com/thedandywarhols

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