Dondolo, cela fait un moment que ton nom traine, erre, déambule sur le réseau myspace, comment est né cet album qui semble avoir été crée après la naissance de ton personnage ?
Ca fait à peu près un an que j’ai découvert myspace, un peu malgré moi, c’est Duncan Stamp le boss du label Tiny Sticks qui a voulu que je me fasse une page, moi je ne voulais pas entendre parler de ce truc, par principe…Bon j’ai changé d’avis, c’est un outil pratique, l’extension du home studio, on peut désormais faire tout le travail extra musicale, tout seul, sur ce truc, c’est assez révolutionnaire dans le principe, moi ça m’aide drôlement, et je m’y amuse pas mal. Mais je fais de la musique tout seul depuis 2001, cet album devait sortir sur le label de Ladytron, Invicta Hifi, label sur lequel j’ai signé (pour deux albums avortés) en 2002!! Les trois quart des titres présents sur Dondolisme datent donc de 2000/2001 en fait…
Je n’ai jamais pensé sciemment à créer un personnage en fait, c’est un peu venu après le clip de Question of will, je me suis dis que j’allais creuser un peu le truc, sans plus. Ca me correspond assez au final, ça rajoute une part d’entertainment, j’en joue pas mal sur scène.
Comme le dit très justement Technikart, ton utilisation des claviers est parfaite, renvoyant autant à la synth pop de Jacno, les 80’ qu’aux travaux récents de Sebastien Tellier ou Damien. As-tu conçu l’intégralité de l’album avec les synthés comme colonne vertébrale ?
Pour les morceaux les plus anciens, oui, ils sont composés aux claviers, j’en joue trés mal d’ailleurs. En général je pars toujours d’une vague idée de mélodie et de suite d’accords, je commence part la rythmique puis j’ajoute la ligne de basse et après je vois ce que je rajoute. (guitares, voix…). Beaucoup de choses sont faites aux synthés parce que c’est aussi plus simple à mettre en place dans un home studio à trois francs six sous, j’ai pas de micro, j’enregistre dans des endroits bruyants, inadaptés, c’est assez dure de faire des prises de sons d’instruments dans ces conditions.
Quels types de synthés as-t-eu utilisé du coup ?
J’ai 3 synthés hardware: Un korg MS 2000, un vieux SH 1000 pourri et un Solina string ensemble. J’utilise aussi quelques instruments VST même si je n’aime pas trop ça.
L’écoute de l’EP Rectangle de Jacno t’a-t-elle traumatisé ?
Traumatisé non, influencé oui, j’aime son approche de la production, ses mélodies simples, tristes et belles, ses sonorités cheap et la poésie qui se dégage du tout. C’est pas parfait, c’est pas clinquant, c’est trés humain.
Ton nom d’artiste, et le name dropping de l’album, Dondolisme, sont comme je le disais une façon de créer un personnage. Pour toi le dondolisme est-il un mode de vie, une philosophie ? Quels en sont les principes ?
Hum…C’est avant tout un néologisme, ça sonne bien, ça confère une cohérence à l’album et puis en période d’éléctions, et avant le phénomène Bayrou, c’était une façon de proposer une alternative valable au “Royalisme” et au “Sarkosysme”. Mon programme n’est pas encore bouclé, mais il pourrait se résumer à un truc du genre “faites ce que vous voulez” avec un slogan fort: “Quoi qu’il arrive, il se passe toujours quelque chose”. Tes textes sont très intéressants, car il touche à la singularité, l’égocentrisme de l’artiste qui parle de sa vie, ses névroses et ses obsessions, sans jamais toucher aux thèmes universels pompeux…
Merci! Je déteste le verbiage, je préfère trois phrases qui font sens plutôt que quatre pages de textes qui tournent à vide…On peut dire beaucoup de choses avec peu de mot. Il ne faut pas tout dire, tout livrer.
Qu’as-tu digéré comme substances nocives pour sortir toute une chanson composée de jeux de mots sur L’amithomane ?
Ah! ah!,Ce texte en forme de pirouette cacahuète n’est pas de moi mais d’un de mes meilleurs amis, régis, comédien et auteur!! Lui il tourne aux herbes. Ta musique géniale côtoie la dérision second degré (Chanteur à succès) et le follement génial, sorte d’étagères à influence 80’. Quels sont les génériques TV des 80’ qui t’ont marqué ? Dérision, second degré, heu, franchement non! Je fais les choses trés serieusement, j’ai simplement du recul et beaucoup de pudeur, je ne prends pas la musique par dessus la jambe. J’essaye de dire des choses sérieuses de façon légère. Pour ce qui est des génériques de dessin animé , je dirais que celui des Wattou Wattou (des éspèces d’oiseaux écolo chiants) est de loin le meilleur, il est en deux parties, une trés douce et ultra mélancolique a base de choeurs, de vieux synthés et de guitare classique et l’autre assez speed, une sorte de “galop” avec plein de guitare wahwah, trés chouette. ceux fait par François de Roubaix sont extra, la musique (hors générique) des barbapapa est terrible également, assez psyché/folk/baroque… Aimes tu vraiment ce que tu fais, comme tu le chantes sur Dondolisme ?
Bien sur que j’aime ce que je fais! Surtout sur le moment, quand me viennent la mélodie et les arrangements de bases, la première heure de la génèse d’un morceau c’est le meilleur instant, le nirvana. C’est ce que je préfère, c’est totalement magique, c’est encore vierge, frais, spontané, surgit comme ça, pouf… après la première heure, ça devient chiant, ça se transforme en travail, on commence à écouter le truc en boucle des centaines de fois et à se poser des tonnes de questions. Dans l’absolu j’aimerais pouvoir boucler mes morceaux (enregistrement, mixage, gravage) en une heure, une heure et demie. Dés fois j’y arrive et ce sont de loin les morceaux que je préfère. Aprés j’aime les réécouter longtemps, trés longtemps après, histoire d’avoir oublié tous les défauts du truc.
La référence à Gainsbourg est évidente, tant sur ta maitrise du talk-over que sur certaines chansons comme J’ai deux amours. Es tu de ceux qui considère que le travail de Gainsbarre à partir de Bad new from the stars est supérieur à ce que Gainsbourg a réalisé avant ?
Non, chaque période de Gainsbourg apporte son lot de pépites mais aussi de nanars… Moi ça dépend du mood dans lequel je me trouve, j’aime bien sa période jazzeux, yéyé… Sa meilleur période c’est quand même Mélody Nelson / L’homme à la tête de chou quand même non? La toute dernière période est quand même assez éprouvante je trouve.
On est d’accord. Tu joues très prochainement au Baron, puis au Triptyque. Comment as-tu pensé tes live ? Des accidents sonores, teinté de punk et de mélodies sucrées ? Dondolisme scénographique?Là mes influences buzzcocks reprennent clairement le dessus! Dondolo sur scene c’est beaucoup plus chaotique, rëche, sauvage au risque de perdre les gens qui aiment le coté pop naif de l’album. Je n’aime rien tant que gueuler dans un micro et jouer de la guitare fort. Je met aussi un point d’honneur a inventer de nouvelles betises à chaque concert, trouver des micros premiere parties totalement improbables…
Etre gonzo pour toi Dondolo, ca se résume à quoi ?
Je ne sais pas vraiment…ça me fais penser a un personnage du muppet show, une espece de marionnette tripée qui gesticule en braillant! Mais je crois que ça vient d’une certaine ecole de journalisme encrée dans le reel, un truc barré sans fioriture, non? Bon ça m’évoque aussi un gang bang bien gore. Etre gonzo c’est certainement faire les choses sur l’instant sans reflexions stériles, être vrai, idiot, crié trés fort, faire du bruit, dire a peu près n’importe quoi, emmerder le monde, être vivant.
6 commentaires
Et Bester Langs qu’est même pas venu au Baron … ! Honte à lui ! ;p
il parle même pas des musiciens!!!Honte à lui! Honte à lui!
en plus la legende dit qu’il a un petit penis…
On avait dit: “Pas le physique”……
ce mec je le kiff!




ETRE DIEU
Tous les jours je m’essaie au Dondolisme avec une certaine dévotion. Mais heureusement que Dieu a créé la drogue pour faire passer tout ça !