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DISCO NOT DISCO Compilation 1974 1986

Londres 1976. John Simon Ritchie jette un regard au miroir brisé. L’adolescent vient de se réveiller, l’odeur de bière tiède encore collée à la peau. Il est déjà (...) suite

Londres 1976. John Simon Ritchie jette un regard au miroir brisé. L’adolescent vient de se réveiller, l’odeur de bière tiède encore collée à la peau. Il est déjà 23.00 heure locale. John Simmon n’a que 19 ans, et ne se fait pas encore surnommer Sid Vicious. Le punk n’a pas encore envahi les boutiques de McLaren Malcolm, les têtes pas encore rasées et les chaînes de vélo pas encore enfoncées au fond de la gorge des opposants.

C’est Londres 1976. New-York peut-être. Le disco est dans la rue, et c’est la contagion du moment. Un truc de yuppies à frange, sorte de babas clean festifs qui fêtent sans le savoir la fin du monde, l’ère du punk qui s’éveille et la fin des haricots. John Simmon ne le sait pas encore, mais des névropathes compilateurs sortiront trente ans plus tard une relecture de ces années. Nom de code : Disco not disco, 1974-1976.

Une étrange relecture dont Sid le vicieux aurait pu tourner les pages, tant les quatorze perles de la compilation louchent vers le punk, le rock, le syncopé, l’abrasif. Plus que vers le funk noir, plus que Chic, plus que Gaynor et les Pointer sisters. Seize pistes pour faire danser autrement. Disco not disco. Bien trouvé le titre. C’est la messe pour le temps présent qui cherche le passé.

1974 vers 1986. De Joy Division à Jackie Quartz. Mort et fin de la disco. Car s’il faut comprendre par disco «chanson dansante anti-cérébrale, totalement tribale», alors oui l’effet de style est réussi. Dès la deuxième chanson, la meilleure, je repense à la pépite méconnue qu’est Pylon. Car le Delta 5, avec son Mind your own business, place la barre très haut sur l’échelle des chansons inconnues, écoutables seulement trois décades plus tard.

Beau boulot d’archiviste les mecs. Au moins, vous vous foutez pas de la gueule du public, de celui qui cherche désespérément sur Emule les goldies du paradis perdu. My spine is the bassline tiens, en voila une autre de pépite. Tellement datée, si vieille, pleine de poussière sur la piste de danse, et tellement jouissive. Proche de Bowie, de The Weathermen. Ces choses qu’on aime sans le savoir. Parce qu’après tout on a peut-être vampirisé Joy Division sans comprendre qu’il était possible de danser sur le rythme, quel que soit sa température. Et viens là ma belle, que je la prenne ta chaleur……

Alors oui il y a bien du black et du noir sur cette compilation, qu’on se rassure. Le très Herbie Hancock Crunch Cake de Isotope (inconnu au bataillon, c’est tellement bon) et puis l’évidence même de James Chance, période James White & the Blacks. Enfin c’est un remix, alors ça compte hein ?!

Tout déconne lorsqu’ apparaissent les claquements de mains enregistrés sur un CASIO tout pourri tout sale (Konk avec Your life, Quando Quango avec Love Tempo) et c’est bien là tout le plaisir de cette compilation : The rise and fall of Disco. Suite et fin, pour en finir avec les clichés.

Puisqu’il est toujours plus facile de faire parler les morts, on parierait presque que le jeune John Simmon l’aurait aimé cette compilation. Disco no Disco, allez savoir, lui aurait peut-être permis d’éviter le mythe et la vénération de plusieurs génération pour un corps mort avant la trentaine.

Mourir jeunes… Les amoureux du disco n’ont jamais eu ce genre de problème.

Disco not Disco // 1974-1986 // Strut

2 commentaires

Bon article, mais perso Delta 5 (”chanson inconnue”??!) j’ai toujours confondu avec Lizzy-Mercier Descloux… Et le reste n’a pas été totalement exhumé d’outre-tombe (A Number of Names, Liaisons dangereuses…)

En revanche il manque un grand tube New-no-wave underground sur cette compile, lui aussi écoutable uniquement 30 ans après :
- Essential Logic, “Wonderful offer” (1978)
Il tournait sur 20JazzFunkGreats, et c’est une preuve tangible qu’Annie n’a rien inventé.

Le bonjour distingué.

Commentaire par Hoho, le Lundi 28 janvier 2008 à 13:38

Excellente compilation, Delta 5 à plein d’autre morceaux de ce calibre “You” par exemple. Je pense que le scene de Leeds de 78/80 (Gang of four,Delta5,the Mekons)à été tres peu exploré (à part dans le livre “rip it up and start again”)
Il y’a quelques groupes et artiste francais qui ont exploré cette veine ( Modern guy, Garcons (avec Patrick Vidal)Caroline Loeb et il paraitrai qu’Armande Altai aurai fait un bon album dans cet esprit…
Je pense que les compilations complementaires à celle ci sont
Mutant disco vol 1 et 2 ( ou se trouve le morceau “wawa” assez proche effectivement de l’esprit Delta 5 mais aussi D’ ESG),New york noise vol 1,No new york

Commentaire par dorian, le Lundi 28 janvier 2008 à 15:14

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