STOP, ARRETEZ TOUT. Si comme moi vous n’attachez aucune importance aux paroles et que vous ne gardez aucune rancoeur contre les auteurs de Peal Harbor (l’événement historique hein, pas le film), Deerhoof pourrait bien squatter votre platine pendant plusieurs semaines.
Imaginez: une pochette immonde, un nom de groupe évoquant l’Allemagne techno d’après 1989, une chanteuse japonaise et des paroles sans queue ni tête portées par des riffs sanglants à écorcher un porc. C’est le dur quotidien de Deerhoof, son dur labeur: éviter les poncifs, sonner la récréation sans abandonner l’expérimental.
Bien évidemment tout ceux qui ont jadis trouvé les jérémiades de Yoko terriblement horripilantes (Rolling stone Circus) peuvent se jeter sur Offend Maggie. Le parfait pont entre le cri primal et les nineties bien lourdes type Sonic Youth. Comme ses congénères (Damo Suzuki en tête), la bridée Satomi Matsuzaki chante n’importe quoi. Sur le titre d’ouverture (The tears of music and love) c’est la fête foraine. Les titres qui suivent sont un défilé de parades guitaristiques alternant Barnum et Blagues Malabar pour ricains avertis. L’anti-post-rock cérébral claironnant que la fin du monde est proche et qu’il ne te reste 24H pour acheter un écran plasma.
Deerhoof, fondé en 1994 (on l’apprend en découvrant le groupe) c’est un peu le versant positif de Radiohead, le versant sud de la prise de tête. “A quoi bon” chantent les guitares Pixies, “Et pourquoi pas” rappelle Satomi”.
Un feu continuel qui donne à Offend Maggie des allures de pièges à touristes.
Impossible de ne pas accorder au groupe le titre honorifique de “groupe du mois”. Face au Mercury Rev et autres rescapés du siècle précédent, Deerhoof assure grave, encore, change les guitares toutes les deux chansons et sort un Eaguru guru autant insupportable que génial.
La fille spirituelle de Yoko? Oui sûrement. Offend maggie,Maggie mae…. une seule ligne, un seul accord, le rock en étendard, lorsqu’on ne l’attendait plus. Surtout pas Outre-Atlantique.
4 commentaires
En temps normal j’aurai répond un truc genre ZZZ ou Zombie Zombie, mais là… je viens de revoir Son of Dave en concert, ce soir. Olympia. Une claque. Que cet homme seul avec son harmo’ parvienne à temps de rythme avec un pied… je crois que c’est lui, le grand gagnant.
On ne peut que deerhoof aprés un article pareil.
Merci bester langs.
“les nineties bien lourdes type Sonic Youth”
-> si cet article et ce groupe ne m’avaient pas mis en joie je rappellerais à qui ne veut PAS l’entendre que SY ce n’est pas des grosses guitares lourdingues et des pédales de disto crade en dehors d’un ou deux albums de chez Geffen (quand on connait la boucherie, on a pas envie de leur acheter des tomates farcies hein) mais surtout des saturations de tout type (crunch, overdrive, fuzz) utilisées à fort bon escient pour qui est amateur de jolis larsens.
Mais bon, c’est bon pour cette fois, n’y revenez plus. Merci.




PLAY BLESSURES
Bester, incorrigible lyrique … Vous mettez en avant les guitares chez Deerhoof, vous entourez cette chanteuse - passionnante, pas de doute la-dessus - du halo de votre attention, mais, entre nous, c’est le batteur qui propulse ce groupe un cran au-dessus. Sur le site du sponsor de Gonzai, YouTube (j’imagine à peine le contrat juteux qui a été signé entre les deux parties…), on trouve d’autres lives de Deerhoof qui rappellent tout à la fois Yes, Blonde Redhead, un repas de famille où on a abordé la question de la culpabilité du capitaine Dreyfuss, les Pixies. Tout ce qui fait dresser l’oreille vient du batteur, leader du groupe.
Allez, Bester, vos 5 goupes préférés dont le leader en est le batteur?