On ne dira jamais assez tout le mal que nous inspire le folk joué par des filles à papa milliardaires, sur le bord des stations Texaco de Miami. Le problème avec Dawn Landes, c’est qu’elle vient de Louisville, et que des voitures, la dame n’a pas du en voir passer beaucoup. Fireproof, le nouvel album de Dawn, ce sont les vieux trains du Kentucky qui roulent à 40km/h, le pollen dans les cheveux et les cigarettes roulées coincées au bout des lèvres. On aime.
Up and Dawn, donc. Car l’album tire vers le haut, inévitablement. On avait découvert Dawn Landes, voila quelques semaines, sur l’excellente compilation Even cowgirls get the blues avec l’intimiste Twilight. La revoilà en blue jeans avec 11 autres titres encore meilleurs, car moins tournés vers la chiante introspection des folkeux qui n’intéresse que le proche voisinage (cousins, grand-père, les ex un peu trop fragiles, maman qui a raté sa carrière de guitariste à la Joni Mitchell…) Et lorsque que Dawn chante qu’ «elle ne veut plus d’homme dans sa vie» (I don’t need no man), l’émotion de la voix qui hulule nous le ferait presque croire.
Et puis, merde à la fin. Parlons marketing. Les albums folk se définissant en général par leur incroyable incapacité à sortir du cadre «trois accords et aucune rupture ou cassure, l’important étant de parler de ma souffrance », Fireproof fait du bien à la profession. Car être chanteuse de folk, c’est avant tout une profession, oui. Une profession de foi, pas un métier. Et Dawn Landes relève le défi sans problème, en imposant un renouveau du genre avec des titres enlevés comme Private Little Hell qui, tout en partant de la guitare acoustique, va bien plus loin. C’est un voyage avec des voix angéliques qui se répondent en canon, un objet moderne et ancien, mêlant les influences et la personnalité.
Sur Picture show, on sent bien que la cowgirl est partie s’installer à NY, ca dérive sec vers le bidouillage sonore, les cordes triturées en harmonique, l’énervement et les foules urbaines qui grouillent sous ses pieds. Vient Kids in A play, version cafeinée de n’importe quel titre de Willie Nelson joué de façon révérencieuse et volontaire. Il y a des roulements de tambours, des breaks, une voix américaine à côté de laquelle beaucoup auraient à rougir, il y a du folk enfin écoutable plus d’une fois, à repasser encore et encore… Alors non, bien évidemment, ce n’est pas Motorhead, encore moins du rock. Et si, au fond, vous préférez encore l’électro-branchouille “piano jouet” des sœurs Coco et Rosie, c’est que, non, décidemment, vous n’avez rien compris à la définition du folk : du cœur roué de coups dans les cordes.
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Une info qui pourrait vous intéresser: Dawn Landes sera en concert à Paris le 29 janvier, à la salle de billard de l’olympia dans le cadre de la premiere soirée Fargo Social Club… Première partie: Mariee Sioux




ETRE DIEU
[...] et ses pensées, cette façon un peu “je chique sur le coté et je porte à gauche » qui font de Fireproof un album parfait pour les saloons et la bagarre, le whiskey à portée de mains pour siroter sur le [...]