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DATAROCK Datarock

Faut dire que la modernité est assez actuelle. Et dans cette époque de l’instant, la production semble au moins tout aussi importante que la musicalité. Tous les avatars (...) suite

Faut dire que la modernité est assez actuelle. Et dans cette époque de l’instant, la production semble au moins tout aussi importante que la musicalité. Tous les avatars de la musique dite moderne étaient au départ réunis pour faire de ce disque un rival potentiel au dernier LCD Soundsystem. Compression de la dynamique dans le salon, chant poussé au dehors comme un chat par la fenêtre, basse ronde qui rentre sans frapper, rien à dire, la modernité mise en branle par Goldfrapp sur Supernature semblait bien respectée. Jusqu’à l’esthétique minimaliste qui faisait de la modernité un sommet de complexité mal cachée derrière trois guenilles graphiques (En vrac des lunettes sorties de la série V, des filtres «saturations» sous Photoshop et des poses elles aussi dîtes modernes).

Le problème avec Datarock, c’est que j’entends le producteur griller sa cigarette sur la console et se satisfaire du son très «archi» du groupe qu’il enregistre, le genre coiffer sur Tony & Guy avec une coupe réalisée par le manager de boutique. Parce que l’élitisme est toujours meilleur que le populaire, et que les synthés en accords plaqués c’est encore plus facile que l’empilage des couches stratophoniques. Dans ce contexte, Datarock, c’est babs, c’est faussement cheap, c’est l’avènement de la production en princesse de cérémonie, servant les plats aux mélodies binaires, et le tout couvert par trois feuilles de salade cache-misère. Je suis un peu dur. C’est tout de même meilleur que le duo cache-génie de MSTRKRFT.

Restent trois bonnes chansons sabotées par ce même producteur amateur de fumée sans feu. Computer camp love (Une resucée accélérée d’une B-side de Dépêche Mode), I used to dance with my daddy (Une copie confirme de n’importe quel titre de Who made Who) et Princess (Au hasard aussi bon n’importe quel groupe post-punk type Robots in disguise). On lit souvent ça et là que les groupes n’aiment pas la comparaison avec leurs influences, que tout cela «c’est un truc de journaliste pour faire vendre et permettre au public de situer notre art». Encore faudrait-il, pour sortir de ce carcan éditorialiste, proposer autre chose que des chansons strings dont la ficelle est un brin trop apparente pour éviter la catha’ rock.

Datarock // Datarock // PIAS

www.myspace.com/datarock

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