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DASHIELL HEDAYAT Obsolète

J'ai déserré mon nœud de cravate, je pince les cordes d'une invisible guitare électrique, je me déhanche dans mes cuirs imaginaires, me revoici la pop star inconnue que (...) suite

J’ai déserré mon nœud de cravate, je pince les cordes d’une invisible guitare électrique, je me déhanche dans mes cuirs imaginaires, me revoici la pop star inconnue que je fus, la figure légendaire des early seventies-YEAH ! Je suis Dashiell Hedayat, je joue Obsolète. Je me lance dans ce long crescendo de la face B, Cielo drive…

Flashback.

Après La devanture des ivresses, son premier 33tours sous le nom de Melmoth, Jack Alain Léger part pour Londres, fait diverses rencontres qui, surement, façonnerons sa nouvelle identité ; Mick Rock par exemple,qui fera les photos de promo de son future album. Puis c’est la rencontre avec un Syd Barret déjà loin trop loin,  dont l’influence reviendra en filigrane tout au long d’Obsolète.

Obsolète qui sera donc le deuxième et dernier album de Jack-Alain, qui prend ici le pseudonyme de Dashiell Hedayat.

C’est épaulé par le groupe franco-anglais de David Allen, Gong, que Dashiell rentre en studio au Château d’Hérouville, pour enregistrer ce qui sera le point final de sa carrière musicale. Pochette rose sur papier gaufré, dessin énigmatique de Benjamin Baltimore.

“PLAY IT LOUD”.

Chrysler, le morceau qui ouvre cette album, se veut une ode a la voiture du même nom qu’il décrit comme une sorte de garçonnière. Bien plus qu’un futile moyen de locomotion.  “Elle ne peut plus rouler mais c’est là que je fais l’amour”nous avoue-t-il au détour d’un couplet. Cette chanson a tous les atouts pour devenir le tube de l’année 71, mais Dashiell, encore une fois, est trop en avance et personne n’est prêt à monter en compagnie de ce speed freak,  dans cette épave aussi défoncée que lui …

Arrive Fille de l’ombre où Hedayat expérimente la water music tout en lorgnant du côté du bain turc d’Ingres.

Puis enfin le morceau ultime imparable, Long song for Zelda, à la fois ode à Zelda Fitzgerald et répertoire des obsessions d’Hedayat Le papier de soi Coltrane, Horsepower.

Départ pour un Chelsea Hotel, fantasmé, habile pont musicale entre Polnareff et Syd Barret, le tout clos par un enregistrement de bande volée a William Burroughs. La messe est dite.

Velour rouge et cuire fauve.

Puis le morceau final, noir, entêtant, Cielo Drive/,17, ligne de basse à la Dave Alexander, l’acte de bravoure guitaristique d’Hedayat. «Etre Hendrix ou rien» se plaisait-il à répéter à qui voulait bien l’entendre.

Les dents grincent.
Jeu de guitare poussé à son paroxysme.
Poésie électrique en vers libres.
Et toujours cette ligne de basse qui tourne, tourne…
Invité de marque, le fils de Robert Wyatt, Sam, qui n’a alors pas plus de 3 ou 4 ans, d’une voix empreinte d’un mysticisme tout enfantin, vient aposer sa pierre a l’édifice.

Tour de Babel musicale.
La carrière discographique de notre héros s’arrête définitivement…

Et ceci par une apothéose musicale, un concert télévise dans un Discorama  d’anthologie présenté par Denise Glaser, c’est un Dashiell Hedayat survolté, tout en cuir noir et Ray-Ban aviator, tel un rock n’roll animal premier,subtile melange entre Lou Reed et Vince Taylor,que nous retrouvons en direct du musee d’art moderne de Paris, avachi dans une voiture qui fait écho a l’hymne qu’il y scande.

Pacadis, présent dans la salle, prend une leçon de style qu’il n’est pas prêt d’oublier.

Dashiell Hedayat // Obsolète // 1971

4 commentaires

Le matin, au fond de mon lit je me tasse. Ses deux yeux de nuages. Les rêves inachevés. Notre Villa. Des Lumières dans l’escalier. Le soleil dans le grenier. Protégé par la poussière de derrière. Les chats sont assis. Des rêves inachevés dans le grenier. Du lierre dans l’escalier. Protégé par la poussière de derrière. Le reflet de ton rire mouillé. Des queues de comète dans tes cheveux. Des anneaux de saturne à chaque doigt. Des larmes qui sont comme autant de novas. En haut au grenier. Ton sourire mouillé. Ta lèvre se soulève lentement, mais dignement. Sur la prunelle de tes dents. Toi et moi. Toi et moi assis là. A attendre Dieu sait quoi. A fumer les lames du parquet. Je reprends. Toi et moi. Assis là. A même le parquet. A attendre dieu sait quoi. A fumer la fleur qui fait des fleurs au cerveau. Un visage dans le grenier. Les chats qui nous ne laisseront jamais passer. Les queues de comètes mouillées dans tes cheveux. Des larmes qui sont comme autant de nova. Entre les lames du parquet. Des anneaux de saturne. Qui roulent de ton doigt. Mais tu peux plus l’retirer, des anneaux. Je veux dire. Des doigts. Sur la platine un disque des soft machine. Les chats qui hurlent de rire dans l’escalier. Et toi. Notre villa. Dans nuages dans le compteur d’électricité. Ton visage voilé dans la poussière de derrière. La paranoïa s’éclaire lorsque j’ouvre le frigidaire.

Est-ce que ?
Ou bien est-ce que ?
Peut-être que ?
Ou bien est-ce que ?
Est-ce que ?
Ou alors est-ce que ?
Est-ce que je ?
Ou bien peut-être que je ?
Ou peut-être que ?

La pluie tombe avec la nuit.

Commentaire par Karolyn, le Lundi 26 novembre 2007 à 16:10

Meilleur album de Jack alain Léger, bien meilleur que la devanture des ivresses à mon goût.

Commentaire par Oscar Oscar Oscar, le Lundi 26 novembre 2007 à 1:54

Mes premières ivresses musicales, je ne m’en lasse pas . Souvenirs, souvenirs….
Dans la même psyché musicale, Reveilles-toi de Ange….
Putain, redonnez nous nos années 70, que l’on puisse à nouveau planer ;-)

Commentaire par Zo, le Lundi 26 novembre 2007 à 11:57

je trouve que c’est un peu une blague ce disque

Commentaire par alexis kacimi, le Lundi 26 novembre 2007 à 13:15

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