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DARK CAPTAIN LIGHT CAPTAIN EP Circles

Pour tourner en rond, il faut bien aller quelque part. Alors moi, pour éviter les stratégies de surplace, je déménage tous les ans. Je fais mes cartons, je change de (...) suite

Pour tourner en rond, il faut bien aller quelque part.
Alors moi, pour éviter les stratégies de surplace, je déménage tous les ans.

Je fais mes cartons, je change de quartier, je m’affaire à envoyer des courriers à l’administration, pour notifier mes changements d’adresse. Chaque putain d’année que dieu fait, je rends les clefs à des propriétaires souvent très gentils qui me posent toujours la même question: “Mais pourquoi partez-vous si vite ?”. Je pourrais parfaitement répondre par une politesse (”Le matelas du voisin fait trop de bruit”, “C’est trop petit ici pour ma collection de vinyle, “J’aime plus la rive gauche”) mais au final la vérité est toute autre.

EP Circles

J’aime ce moment crucial du déménagement, celui où la chaîne hi-fi encore branchée pas encore placée sous papier-bulle diffuse la dernière musique. Celle qui refermera l’époque éphémère. La dernière chanson, celle dont on se souviendra en se remémorant les derniers instants passés dans la pièce, avant que la proprio’ fasse toc toc pour récupérer son bien locatif.

Bien évidemment cette stratégie du sentiment fonctionne aussi pour les emménagements, la nostalgie en moins, camarade.

Une fois cette technique mise en place, sévèrement rodée par des dizaines de mutations géographiques, on laisse un peu sa chance au hasard, on accepte finalement que la dernière musique puisse être nouvelle, fruit de la rencontre entre un cd reçu la veille et la platine qui vit ses dernières heures sur le parquet en bois gondolé.

La dernière fois que cela m’est arrivé, c’était avec Dark Captain light Captain. Un combo anglais glissé dans la fente pendant que je faisais le tri entre les couverts, le mur jauni par des kilomètres de cigarettes englouties fenêtres fermées et les jeux de clefs que j’avais perdues. Du EP de Dark Captain, je conserve une douce sensation de cocon anglais, type folktronica du dimanche après la biture, qui résiste au temps mieux que la peinture du mon presque ancien appartement. Une sorte de “Fairport convention” jouée en jean dans des appartements d’étudiants, piano fantomatique enregistré depuis la salle de bain.

T’es près, t’es loin. T’es bien.

Un folk dont je pourrais dire, dans le taxi qui me menait vers une nouvelle destination, qu’il était impossible que les Français parviennent un jour à copier les gimmicks. Le vrai folk, il est anglais. Américain pour certains. Dans le cas présent, Dark Captain y insère un peu de gingembre, d’électronique (des violons samplés, vraisemblablement).

En tapant cette chronique, depuis mon nouvel appartement, je vois les fenêtres sales du voisinage. Je me dis, en écoutant rêveusement Robot Command Centre, qu’ILS feraient mieux de tenter l’expérience d’un préavis. Ca raffermit les chairs, ça entretient le coeur, ça décrasse le sentiment de nostalgie, et de paradis perdu.

Mais au fait… je vous ai pas parlé de mon nouvel appartement…. Ca fera l’objet d’une autre chronique musicale.

http://www.myspace.com/darkcaptain

Un commentaire

Et c’est parti pour… un an ?!

Commentaire par sylvain, le Lundi 4 août 2008 à 13:29

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