Inutile et hors d’usage?
Amours Suprêmes. Ça fait maintenant plus d’un mois que je l’ai et je dois dire, SACRILEGE, qu’il ne squatte pas ma platine. Je dis sacrilège parce que tout le monde semble le trouver génial. Depuis Crève-Cœur, tout le monde semble trouver tout ce que fait Daniel Darc génial.
Perso je me sens vide après Amours Suprêmes, comme si j’avais perdu 40 minutes de ma vie. Au départ j’ai mis ça sur le compte du précédent. Amours Suprêmes, je ne pouvais pas l’aimer au premier coup d’oreille vu l’empreinte laissée par Crève-Cœur. J’ai donc finalement mis ça sur le compte des premières écoutes. J’allais m’y faire à ce disque, ce n’était qu’une question de temps. Foutaise. La vérité c’est que ce disque n’est pas bon.
Je dis “vérité” parce que j’aurais adoré l’aimer. D’autant que j’aime bien le type. (Je l’ai déjà rencontré, cf l’interview) Mais voilà, cette fois il est question du disque, pas de l’homme. Or voilà ce qu’on essaie de nous vendre : la rock credibility du survivor des eighties. Que voulez-vous ? De la souffrance, de l’authentique, de la bien rock, n’est-ce pas ce que veulent les fans ? Du mythe ? Oui, mais les autres, nombreux, ce qu’ils veulent c’est surtout de bonnes chansons. Et c’est là que ça craint : Amours Suprêmes en est dépourvu.
Sur Crève-Cœur il y avait de l’envie, du mordant, de la pudeur. La trique du retour aux affaires. Là il n’y a que redite. Daniel nous ressert le thème éculé des éternels regrets (Les remords), se roule dans le fun d’une mythologie rock périmée (L.U.V), nous narre sa nuit avec une gothique qui préfère le border comme un bébé (La seule fille sur terre). Ces 10 titres n’ont rien de très excitant. Même J’irai au paradis, single que j’avais cru punchy, se montre vite mimant une vaillance rock’n'roll qu’il ne peut plus se permettre.
Paradoxe, de cet album pantoufle c’est le morceau le plus vain qui me reste en tête : L.U.V, le duo languide avec Bashung en guise de béquille. Etrangement on ne se défait pas facilement de ce down tempo où deux vieux gâteux déballent les sonorités U.S. qui les ont fait rêver. On se plait à le fredonner (peut-être parce qu’enfin ça joue, ça s’amuse) mais on ne peut pas non plus s’empêcher de penser que ça reste du gâchis vu les forces en présence, comme tout le reste du disque.
Amours Suprêmes est un gâchis, car le fruit d’un pari perdu d’avance, celui qui a consisté a reprendre Frédéric Lo et Daniel et attendre que la magie de Crève-Cœur revienne. Mais la magie ça ne se décrète pas. La magie c’était que Daniel rencontre Frédéric en 2002 après 10 ans de débâcle et qu’ils se complètent si bien que l’idée de sortir un disque ensemble à germé d’elle-même. La magie ce n’est pas quand en 2006, après 3 ans de succès retrouvé, pression des fans et label oblige, il se sent contraint de remettre ça.
Le binôme a galéré pour livrer cette suite et on a beau nous dire qu’en juin 2007 il a trouvé l’étincelle et qu’ensuite tout se fait très vite, on n’en a pas la moindre trace audible. Dans cet album il n’y a pas un moment où musiques et mots vivent le grand amour. Loin des chansons taillées à la serpe qui nous faisaient direct communier à genoux avec l’auteur, on s’enlise dans une sensualité rock variétoche où des textes sans flammes nous font sentir combien Daniel aurait préféré se taire. Ne pas se prendre la tête. Ne plus parler de lui. Voilà, ce disque on sent qu’il l’a fait à contrecœur.
A contrecœur, ça aurait d’ailleurs été un bon titre, vous ne trouvez pas ?
Daniel Darc // Amour suprême // Mercury
http://danieldarc.artistes.universalmusic.fr/
11 commentaires
Je sais pas, t’en penses quoi Syd de ce disque ?
ombremort
tu peux plus le blairer parce qu’il t’a jeté l’autre fois ?
je crois que tu n’as que ce tu mérite.
sucer ça ne marche pas à tous les coups…
oulaaaaaaaaaaaaaa!!quelle hargne à vouloir “descendre “daniel, ça sent le règlement de comptes!
ce ombremort c’est le mec du forum DD.com? non? j’ai lu son papier et oulaaaaaaaaaaa j’y vois plus clair là.
moi je dirai que l’article de Delamotte , lui ressemble , c’est , minable , bas, et très “suffisant”.il se prend pour qui ce monsieur?? ça frise le ridicule un tel archarnement.
“amours suprêmes” , est loin d’être une réussitte, lisse , et commercial .comment égaler le sublime Crève coeur, de toute façon?
Et donc pour finir ,la chronique de Sylvain Fesson est assez proche de ce que je ressens.
Merci à gonzaï , pour votre honneté .
Pour moi en fait, c’est assez compliqué, Sylvain (comme tout ce qui mérite intérêt). Ses références, ses interviews sont au-dessus du lot (mince, Le feu follet et la country pour faire court, c’est inédit tout de même). Mais, je n’y arrive pas. Oui, Crève coeur m’a laissé de marbre, totalement : musique ET textes. Sauf ce dernier morceau, genre la messe en musique “le seigneur est mon berger”, qui était assez… sidérant. Avec le rappel de Lou Reed, pas choquant, plutôt émouvant. Mais le reste… non vraiment. Les textes “très simples, brut, directs” certes mais , selon moi, surtout incroyablement premier degré. Impossible d’écouter ça, comme un type qui ne vous lâche plus. Mais, en même temps, je reconnais qu’il évite les trappes du texte français post gainsbourg (jeux de mots et tout le toutim). Mais enfin, non… la pluie qui tombe, des “mon amour” en veux-tu, non, pas moyen pour moi. Et j’ai eu la même impression sur les quelques titres d’Amours suprèmes (”La seule fille au monde” honnêtement … sans parler de cette production ou rien ne dépasse.) Bon, quand j’étais gamin, bloqué en Province, le morceau “Paris” me faisait un effet énorme j’avoue. Mais c’était le contexte géographique aussi, Paris et le désert français. ET “Aussi belle qu’une balle” aussi, beau titre. Mais, ces deux derniers disques je reste à la porte. Jevais même te dire : parfois, je suis gêné de les entendre, ces intonations de voix… Enfin, voila une sorte d’opinion.
Je comprends ton ressenti : le mec a une culture et une personnalité intéressante, voire fascinante. Mais effectivement sa création, ses chansons c’est… ça passe ou ça casse… je veux dire c’est l’envers de ce genre de type : sa vie est tellement cramée que bah voilà que dire, quoi créer ? Alors voilà il crée quand même et au lieu du silence on a ces chansons maigres de mots pleins de premier degré. Des chansons qui s’accrochent à l’amour, à la mort, ultimes béquilles, ce qui peut paraître risible. Mais tout de même Crèvecoeur arrivait à me faire zapper ces critiques, je sais pas y’avait un équilibre, une magie, tellement d’émotion et d’épure en même temps… Amours Suprêmes ne réitère pas le truc, du coup voilà, je rouvre les yeux et je vois que les défauts. Ce que tu énonces. On est donc assez d’accord en fait. Tiens, j’ai rencontré Jean Fauque ce soir, qui en mots est un peu l’opposé du style Darc !
Alors Fauque, je trouve qu’il y a quelques grands trucs !
Sans avoir pu écouter tout l’album, je suis bien d’accord avec cette chronique. Et je pensais aussi que ce deuxième opus “d’après la résurrection” est un peu au premier ce que “Stranger things” était à “Open all night”.
Il y aurait d’ailleurs un parallèle fructueux à faire entre Soft Cell et Taxi Girl. En vrac, même groupe météorique, mêmes traces indélébiles dans nos mémoires, mêmes tubes inattendus (pas besoin de dire lesquels), même arrogance douée et liée à la cold wave, même nombre de lettres.
Et aussi, donc, entre Daniel Darc et Marc Almond: même nombre de lettres, même carrière très chaotique, même disque brillant à la mi-temps (Nijinsky et, disons, Mother Fist pour Almond, encore que j’hésite un peu avec The stars we are), même résurrection autour d’un album (pas besoin de dire lesquels) suivi hélas du même fatal confort culturel.
Malgré toute la sympathie saganesque que je lui porte, et sans parler de cette voix chantée qu’il n’a pas et qu’il n’aura jamais, Darc ne sort pas franchement gagnant du parallèle. Crève coeur marchait bien entre la belle tristesse laforguienne de ses textes et la langueur yanntiersenienne (eh oui, tant pis pour les ex-punks) de la musique de Lô. Mais, excepté le sublime dernier morceau plagiaire, cela reste un joli petit album, quand Open all night est probablement un des sommets méconnus de la pop.
A la Fnac je n’ai vraiment pas réussi à écouter jusqu’au bout ce prétentieux “Amours suprêmes” (par son titre d’abord : si j’étais une fille, je fuirais les jambes à mon coup devant un type qui me parle comme ça..). Alors que j’avais quand même acquis Stranger Things où il y avait de bons morceaux persuasifs (Love in a time of science, par exemple) malgré la déception générale.
La clé de tout cela, comme disait Warhol même si je le déteste, c’est le travail. Tout en ayant moins pris de drogues et exploré moins d’anatomies, Darc est surtout beaucoup beaucoup plus paresseux qu’Almond. Il a le droit, et d’ailleurs il vit en France. Mais alors qu’il se taise et ne la ramène pas trop devant les petites journalistes (voir la pitoyable “saga darc” sur youtube, là non plus je n’ai pas pu aller au bout).
Je viens de subir Daniel “Darc” Rozoum en concert.
Ce type n’est qu’un déchet ambulant.
Qu’il crève vite, c’est tout le bien que je lui souhaite.
Des tox comme ça, il y en a plein les hôpitaux de jour. Et encore, ceux-là se soignent.
Toi qui veut participer à la Nouvelle Star, fait comme Dany : du yaourt, incapable qu’il est d’articuler ne serait-ce qu’une seule phrase intelligiblement. Tu verras, ça marche.
Personne n’a semblé outré d’avoir payé si cher un lot de flan avarié. J’espère que non. Je ne suis quand même pas le seul à l’avoir entendu. Je ne suis quand même pas un David Vincent auriculaire. Ou alors, je me sens bien seul. Ou alors, je dois être très con : feindre le plaisir des sens à l’écoute de cet adepte de Piero Manzoni ne devrait pas être si difficile. Une centaine de handicapés ont bien réussi, alors pourquoi pas moi ? Suis-je devenu paranoïaque ?
Le groupe qui l’accompagnait vaut le détour, de toute façon vous n’entendrez rien d’autre… Il faut bien masquer le manque total de voix de ce bidule à l’aide de batterie et de guitares surexposées.
Merci au Berry pour la 1ère partie, c’est toujours ça de gagné pour mes oreilles (excepté la version auto-censurée de “Killing an arab” des Cure).
Chers Daniel Rozoum et fan de D.D. (Dédé, comme le jeu à gratter des pauvres), nous avons déjà eu Serge Gainsbourg et Philippe Léotard en guise d’”artiste-déchiré-par-la-vie-de-service”, inutile d’en avoir d’autre.
Mon petit Daniel, un conseil d’ami : meurt vite et prématurément. Tes fans sont largement assez cons pour trouver cela formidable (il aime tes concerts, ce qui est déjà un signe de dégénérescence précoce). Il n’y a qu’à lorgner du côté des restes de James Douglas Morrison.
Même mort, un “artiste-déchiré-par-la-vie-de-service” plaît à une myriade d’adolescents au romantisme exacerbée par l’excès d’hormone et de cholestérol, ainsi qu’à de vieux nostalgiques engoncés dans leur veste à épaulettes et leur brushing des 80’s et qui ont oublié que Taxi Girl, c’est loin. Très loin.
Cherchez le garçon ? Ouais… j’eusse préféré trouver l’artiste.
Merci pour cette article avec lequel je suis en ligne.
Cedant certainement à la pression des médias, de sa maison de disques et à la facilité, Daniel Darc nous ressort la copie conforme de son album precedent. Et les copies, c’est pas un scoop, n’atteignent que rarement le niveau des originaux.
La verité, ce que le succès pourrit les ecorchés vifs, que pour eux, seule la douleur permet la creation artistique (la vraie), et que ce genre d’artiste devrait soit attendre d’être à nouveau dans le caniveau à se piquer pour ensuite reecrire, ou bien s’atteler à des creations légères et eloignées de leur univers habituel centré sur l’autodestruction…
Olivier P




ETRE DIEU
Woooh, la seule critique négative de ce disque acclamé, non ?