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DA BRASILIANS Ne plus appuyer sur la touche SUPR

La plus grande partie de mon temps repose sur un geste simple: enfoncer lentement, et sans aucune émotion, la touche SUPR de mon ordinateur. Effacer les messages, enchaîner (...) suite

DA BRASILIANS La plus grande partie de mon temps repose sur un geste simple: enfoncer lentement, et sans aucune émotion, la touche SUPR de mon ordinateur. Effacer les messages, enchaîner les chansons, placer mon bon goût sur quelques articles lus par quelques milliers de personnes. O bien sûr je fais comme tout le monde. J’y vais quotidiennement de mon petit refrain sur le “Aujourd’hui j’ai encore de trop de mails auxquels il faut ABSOLUMENT que je réponde. Etre quelqu’un d’important, c’est nécessaire. Le faire comprendre, c’est vital. Merci Ruppert.

Tout le monde, dans la blogosphère moderne, cherche à devenir important. Et donc indispensable. Devenir indispensable, ça dispense d’avoir à réfléchir. Chaque public cherche sa mascotte et ses détracteurs. Une véritable guerre des tranchées où le rédacteur cherche ses ennemis. C’est Verdun sans la débâcle, tant que les petits soldats peinent à tenir debout, tant que les musiciens qui font figure de voisins de paliers peinent à aligner vingt centimètres d’émotions pendant plus de dix minutes.
DA BRASILIANS
- J’ai entendu un bruit, mets toi en position.
- Rendors toi John, c’est juste le vent.

La musique, aujourd’hui plus que jamais peut-être, reste un combat. Une guerre contre les vieux modèles. Ceux qu’on tentera de vous imposer (La fin du média, la mort de la presse écrite, l’avenir de la musique), et puis ceux que fatalement vous serez obligé de poser sur votre propre table: “Ai-je le monopole du bon goût?”, “Qui suis-je pour penser que la Maison Tellier devrait s’acheter une caravane et partir se faire tatouer MOTHERFUCKER en Ardèche?”, “Pourquoi ai-je l’impression que les musiciens modernes sont des pantins irresponsables?” et “diantre pourquoi les textes des chanteurs modernes ( ) ne veulent-ils plus rien dire, rien proclamer, rien revendiquer?”. Si tout le monde artiste, plus personne ne l’est. La nuance, c’est le contraste, et Philippe Uminski un imposteur.

Ce genre de questions, je me les pose tous les jours. Même en lisant les articles de mes confères (et néanmoins amis). Le thème de la médiocrité glorieuse qui vous pousse à métaphoriser des absurdités, rendre honneur à de vieux loulous sans avenir (La souris déglinguée et ses hordes de fans à moitié punK qui rendent gloire au ROCK SYNDICAL la bouche salie par la bière), voire célébrer des rockeurs baignant dans leur propre sueur pendant dix minutes au Klub (là je pense à Tallia), tout ces groupes de rock sans mystique. Des copies carbone de leurs aînés, même pas foutus de trouver un nom qui donne envie d’avoir envie. Dans ce genre de situations, vous faites comme moi, sans le savoir: Vous enfoncez la touche SUPR sans aucune émotion dans le regard. Puis vous appelez avec votre téléphone SFR vos amis pour leur dire comme le monde va mal.

Parce que votre coeur vous pousse toujours à vouloir ressentir, vous condamnez. Moi j’imagine tout ces nouveaux acteurs du nouveau business musical comme un échec à demi-flagrant. Des ex-salariés de grandes boites corporate qui décident un jour de tout plaquer pour monter un groupe et tenter de devenir célèbre avec une grosse poignée de cailloux à la place du coeur, justement.

// Da Brasilians - In the morning // In the morning.mp3

Alors lorsque je découvre Da Brasilians, ses arrangement solides, ses voix angéliques qui valent bien celles des Chicros et accessoirement Crosby, Stills & Nash, des pépites ensoleillées que je repasse deux heures durant trois chansons, bien chantées, bien produites, qui me font partir loin loin du ressentiment et de la honte d’être français (français= aucun groupe ambitieux, tout au plus une quinzaine), je me dis: Merci mon dieu, merci de m’avoir permis de finir la journée en pensant que quelque chose de bien a touché terre cette année. Merci de m’avoir aidé à ne pas enfoncer la touche SUPR pendant quelques minutes.

Une parenthèse solaire pour continuer à démonter les projets de Satan sans se démonter.

http://www.myspace.com/dabrasilians

6 commentaires

C’est parfait ce truc, parfait… Byrds, Teenage, Crosby and Young.

Commentaire par Syd Charlus, le Lundi 12 mai 2008 à 13:37

sont de St Lô ?

Commentaire par had to be you, le Lundi 12 mai 2008 à 14:37

Et après ça, ça dit que ça aime pas le folk ???

Commentaire par sylvain, le Lundi 12 mai 2008 à 0:59

Inconditionnel de CSN&Y depuis mon enfance… il faut réécouter la chanson d’ouverture de “Déja vu” pour comprendre qu’on ne parle pas de folk là.. Les harmonies.. tout ca…

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 12 mai 2008 à 1:26

ouais, ils sont de st lo!

Commentaire par charline, le Lundi 12 mai 2008 à 19:06

Ah ouais! attends, je retire mon chewing-gum. Ah oui! La ville est si mochement bétonnée qu’elle donne envie soit de se suicider, soit de prendre le large, pour notre + grand bonheur!

Commentaire par had to be you, le Lundi 12 mai 2008 à 18:01

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