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CRISE FINANCIERE Regarde les banques tomber

C'est quand même l'image de fin de Fight Club qu'on nous projette là. Un building qui s'écroule et des yuppies par centaines sautant des fenêtres en (es)comptant sur leurs parachutes (...) suite

C’est quand même l’image de fin de Fight Club qu’on nous projette là. Un building qui s’écroule et des yuppies par centaines sautant des fenêtres en (es)comptant sur leurs parachutes dorés pour ne pas retomber trop vite dans la fosse aux lions de cette société qui les hait tant.

FINANCIALQui les hait ? Même pas sûr, dans une époque qui louche sur les glittering eighties, trippant un revival new wave en portant des polos à rayures grises. Où l’on fantasme les années 60 avec des franges bien propres et des chemises repassées, se rêvant pilote de ligne pour la PanAm ou designer d’intérieur avec lunettes à montures épaisses et noir profond. Quand on regrette presque que les pinces à billets ne tiennent pas dans les slims, on ne peut que vivre cet armaggedon financier qu’avec déception. Un truc plus profond que la défaite de ceux qui furent les dieux français de Juillet 98, ou les images de Manaudou trimmant dans l’eau de Pékin. La fin d’un rêve entretenu. Ces gars-là, Bolloré, Arnault, Lagardère, ça reste quand même des stars, les références de demain, des mecs qui auront eu des mandats plus longs que nos dix derniers chefs d’état et des résultats plus colossaux que les ventes de Radiohead, Coldplay et Metallica conjuguées.

Le monde du pognon s’effrite, ses biftons aspirés dans des trous noirs sous nos yeux larmoyants. Les scientifiques avaient raison de flipper le retour du big bang ; mais il ne commencerait pas en suisse, pas dans LHC. A la City, à Wall Street, à Francfort aussi.

Le libéralisme. On devrait dire libre-échangisme plutôt. Des capitaux qui se mélangent comme des sales dans des arrières salles douteuses au détriment de lois maritales un peu laxes, et qui en reviennent malades. Les liquidités ne coulent plus, ou alors si mais ça brûle au bout. Et les capitaux rentrent se plaindre et geindre dans les jupes de leur régulière.

“Chéri, j’ai tout perdu au jeu, et j’ai choppé la syphilis. Il faut que tu m’aides.”

Panic attackEt l’état va ouvrir les bras. Vendre les meubles pour payer le traitement. Le défendre devant la buraliste. Parce qu’elle sait qu’elle est cocu, depuis longtemps. Mais si c’est comme ça que papa paye le crédit de la maison, l’écran plat et la 307. Si c’est grâce au haut débit qu’il récupère Desperate Housewives, peu importe qu’il télécharge aussi du bareback ?
On le savait tout cela. Lehman Brothers, c’est le tunnel du Mont Blanc de la spéculation. Des deux côtés des Alpes, et jusqu’à Bruxelles, on savait que les normes de sécurité n’était ni respectées ni suffisantes, mais on laissait passer des camions de frics par centaine, les phares éteints, se reniflant les parechocs comme si ç’avait été des culottes en coton.

Beigbeder avait raison. Se voyant offert quelques lignes (le genre de choses qu’Octave Paringaux ne refuse jamais, les habitués du Baron le savent bien) dans Libération, il dégainait Patrick Bateman pour signer une lettre ouverte d’inspiration tout à fait Ellisienne :

“Les crédits toxiques ? Vous en avez bien bénéficié, bandes de crevards.”

Jérôme Kerviel n’est que l’instrument d’une société que nous avons demandé de nos plus chaudes larmes. Comme les bonnasses faméliques qui vous excitent jusqu’à ce qu’elles se fassent vomir dans vos chiottes. Comme les vacances avortées parce que votre vol low cost s’est crashé pour défaut technique. Comme le concert des Stones payé prix d’or pour voir des vieillards. NOT GUILTY les traders !

Toute société a les tueurs en série qu’elle mérite.

15 commentaires

Yeah!

Commentaire par requis, le Lundi 13 octobre 2008 à 18:44

Comme vous dites.

Commentaire par Hilaire Picault, le Lundi 13 octobre 2008 à 18:49

…et maintenant, y’a que des hypocrites qui peuvent s’offusquer.

Commentaire par Dju, le Lundi 13 octobre 2008 à 10:56

Curieusement, ce n’est pas ça qui manque…

Commentaire par Hilaire PICAULT, le Lundi 13 octobre 2008 à 14:42

il faut toujours trouver un coupable à une crise que l’on décrit comme catastrophique alors qu’elle n’est que sectorielle alors que les fautifs se sont toujours les même : les médias.

Commentaire par O'Mahony, le Lundi 13 octobre 2008 à 20:40

Les médias méritent cent fois d’être fessés et s’ils ne savent pas pourquoi, fessons tout de même car tot ou tard on aura raison de l’avoir fait. Mais là, pour le coup, je pense que vous avez une escarbille de la taille des résultats de Kerviel dans l’oeil mon cher.
Les banques ont joué avec des produits financiers dits “toxiques” pour se faire du blé avec du blé et ont échoué (la faute à la crise immo US, la faute aux subprimes, etc…) et nous avons été la farce dans le trou du dindon.

Libre à vous de louer ces choix ; Patrick Bateman l’aurait fait, et c’est ce que j’applaudis chez Beigbeder. Ce qui ne change en rien les fautifs.
Ensuite une crise financière ne peut se résumer qu’à un secteur. Ou alors si : celui de l’argent. Il vous suffit de soustraire tous les secteurs où l’argent joue un rôle pour avoir raison, mon cher.
Alors seulement, j’applaudirais cette démonstration.

Commentaire par Hilaire Picault, le Lundi 13 octobre 2008 à 21:11

Je suis désolé mais le gens du canal Saint Martin ne sont pas concernés, et ça, on ne le dit pas assez.

Commentaire par O'Mahony, le Lundi 13 octobre 2008 à 18:52

De mémoire, les gens du canal st martin ne sont pas concernés non plus par la médiatisation ou non…

Commentaire par Hilaire Picault, le Lundi 13 octobre 2008 à 10:42

C’est une blague ça j’espère, ils ont été plus médiatisé que Sarko peridode Clichy Montfermeil

Commentaire par O'Mahony, le Lundi 13 octobre 2008 à 13:34

Médiatisé oui, mais de là à se sentir concerné par la médiatisation (ou la crise des marchés financiers) je ne suis franchement pas certain.
Non vraiment, il me semble que Trouver un toit et Manger à sa faim semblait plus haut dans leur to-do list que Apparaitre devant une caméra iTV.

Commentaire par Hilaire Picault, le Lundi 13 octobre 2008 à 14:07

Hilaire laisse pisser les commentateurs. Tu leurs réponds trop je trouve, alors que tu dis beaucoup et bien dans ton (j’allais dire “papier”) HTLM !

Commentaire par sylvain, le Lundi 13 octobre 2008 à 3:32

Bien missié, oui missié, d’accord missié. Toi c’est très zentil.

Commentaire par Hilaire Picault, le Lundi 13 octobre 2008 à 10:09

Moi j’ai bien 2 coupables à proposer…Maggie et Ronny Reagan.
La ou keynes a échoué, Hayek a triomphé et nous en subissons encore les conséquences aujourd’hui depuis plus de trente ans maintenant et ce n’est pas près de changer en Europe, la droite (très) libre-échangiste étant majoritaire.
“En réalité, la société ne peut fonctionner selon de semblables mécanismes (libéraux) que si elle évolue dans un cadre précis de lois et de contrats. Cela implique la référence à des valeurs morales. Ce libéralisme n’est donc pas une loi de la jungle. Le rôle de la collectivité, évacué du marché, se retrouve ailleurs. Tout l’équilibre d’une société libérale repose sur son aptitude à ne pas laisser l’intérêt personnel se dévoyer jusqu’à remettre en cause les règles - juridiques et morales - sans lesquelles la société elle-même cesse d’exister. Le libéralisme est moral, ou il sombre dans l’anarchie.” Jean Boissonat.
La morale elle a bel et bien disparu!

Commentaire par oliver twist, le Lundi 13 octobre 2008 à 19:31

la banque ça me connait,

heureusement que les marchés vont réguler ça tous seuls comme des grands, disait un bien bel enf… euh économiste de renom dont j’essaie tant bien que mal d’oublier le nom.

Ok, c’est n’importe quoi, une crise majeure, les médias incultes, les économistes soumis, et nos politiques pieds et poings liés, quoique plutôt peu surpris de la conjoncture.

Tant que nous ne serons pas capables de nous faire notre propre opinion, tant que nos élites seront formatées et issues des mêmes groupes de pensée, que la réussite individuelle seule accomplissement social valable et reconnu, nous resterons de la chair à publicité & à consommation (merci bertrand).

Commentaire par dudu, le Lundi 13 octobre 2008 à 18:02

“de la chair à pub” -> justement c’est ce que ce brave Beigbeder suscité (et plébiscité) dans ce papier combattait à une époque. Un peu façon chevalier de La Mancha mais bon.

La pensée individuelle se développe me semble-t-il par l’éducation et, parce qu’elle y prépare, la culture. Deux pans littéralement délaissés de nos derniers gouvernements.
Reste le poids des médias indépendants ou intelligents (oui je sais ils sont rares) eux-même un pied dans la tombe…
Non, pour reprendre vos arguments Monsieur le banquier, reste surtout à FORMATER NOS ELITES.
Vrrrrrrbbrrbrbrrrr [bruit de disque dur en mode pyrolyse]

Commentaire par Hilaire Picault, le Lundi 13 octobre 2008 à 18:14

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