Du mauvais et puis c’est tout. Craoman n’y va pas avec le dos du pinceau pour exprimer son art fait d’hommes hybrides et d’oursons malades. Le graphiste Rouennais dérange avec sa vision du monde un brin glauque, rock, mais autenthique.
A l’occasion de la sortie de la compil’ Impérial Bedroom désignée par Craoman, on est tout de même en mesure de se poser la quesiton: qui es-tu Craoman ?
Craoman, pourquoi ce nom, c’est la théorie du Crao?
Héhé, c’est un peu ça, avec le temps c’est plus un nom que je traîne qu’autre chose. En fait au début quand j’ai commencé à faire des BD au lycée, j’avais un personnage qui s’appelait «craoman», transposition de mon moi-même, un double qui prenait mon corps tous les week-end. Une sorte de transformation en quelque sorte.
D’ou viens tu Craoman?
De Rouen, pour le moment.
D’ou est venue l’idée de cette illustration folle, de l’homme/chien berger allemand ?
C’est une illustration pour le livre sur les freaks dont on parlera tout à l’heure je pense. Bon, les photos de freaks, c’est vrai qu’elles sont magnifiques mais moi ce que je préfère ce sont les affiches qu’il y avait autour et le nom qu’on leur attribue. Ca fait très super héros ; la femme chien, l’homme araignée, …C’est aussi un rêve que j’ai fait quand j’avais environ 6 ans. Ma mère avait une poupée de chiffon que je détestais, et en gros j’ai rêvé qu’elle descendait l’escalier avec la poupée dans les bras, elle me parlait et au moment où je levais la tête, les deux têtes étaient inversées. Donc il y avait ma mère avec ce corps de poupée, dans les bras de son propre corps qui me parlait…. Assez troublant.
La fusion homme/animal est-elle la base de ton travail de graphiste? La théorie des centaures et des minotaures, les légendes mythologiques?
En fait c’est plus simple que ça. Je ne reconnais pas ma droite de ma gauche. Je suis complètement perdu dans l’espace et j’inverse tout. Donc le fait d’adapter ça à mes dessins s’est fait de manière naturelle. Après les freaks c’est presque de la mythologie maintenant, tout le monde en parle mais très peu les ont vu. Mais bon j’ai quand même vu le spectacle de l’homme tatoué !
A regarder le travail des artistes de Plin Tub, on a l’impression que les artistes belges sont, comme en musique, en avance sur la France.. ton impression?
Non. Je pense que ce sont deux états d’esprits différents. Ce que je connais des artistes belges est super chargé, c’est vrai que ça éclate à la gueule et j’ai l’impression qu’ils se prennent moins la tête mais le travail des suisses est aussi super intéressant. En tout cas moi, je ne mets pas de frontières. Pour ce qui est de la France, il y a tout ce qu’il faut pour que ça explose, mais peut être que les gens sont moins curieux. Par exemple les expos du Dernier Cri sont assez rares en France et les gens se font des idées préconçues de la chose sans même s’y intéresser.
Où ton travail peut-il s’admirer?
Et bien, on a eu une expo au Regard Moderne, l’année dernière, et là on expose à partir du 13 avril au Black Shop à Marseille avec les Frères Guedins.
Une de tes illustrations, In freaks, doit paraître chez Fabulous fabriks, sous le nom de They’re alive. Qu’en est-il?
C’est un petit livre édité par « Yaralt » qui est déjà sorti. Il y a une vingtaine de dessins sur les freaks ; en parallèle une affiche a été imprimée en sérigraphie 50 x70 cm (l’homme d’affaire chien). Pour se les procurer, on en trouve à Plin tub, à Rouen et l’éditeur sera à Chaumont cette année.
Pour toi, qui définit ton œuvre comme du “mauvais goût et puis c’est tout”, comment définis-tu le mauvais goût?
Bas je ne le définis pas. C’est juste du décor. Je définis ça comme du mauvais goût parce que je m’en fous du bon goût, et puis c’est tout.
3 commentaires
Caroman tss Craoman –tss désolé pour la faute de frappe-
l’art est l’ennemi du bon goût- Dixit Picasso-
Craoman à tout bon!!




ETRE DIEU
Il ne vous l’écrira pas car il est trop timide mais Caroman a aussi une très bonne culture graphique le gredin-
Un background qu’il fait sien pour produire une oeuvre originale et singulière