Arriver sur le champ après la bataille, prendre les trains en marche, contourner les modes.
Revenir sur la défaite de la French Touch dix ans après sa chute. Voila une ambition manifeste. Dix ans…. Restent Bob Sinclar et Air. Rien de plus. Des compilations low-price et deux trentenaires séchés jusqu’à l’os dans leurs pulls Lacoste.
Perdu dans ce droit d’inventaire musical ,Cosmos 70 est un UFO se posant sur la terre ferme, quelques mélodies subtils atterrissant sur un background bien lourd. Rien de révolutionnaire, puisque « tout a déjà été fait ». Enfin… Ce sont les blasés qui diront cela. Certes, l’album à paraître en mars, Voices, emboîte le pas du premier EP d’Air, le fameux Premiers Symptômes, avec un mimétisme troublant. La faute aux ambiances, aux nappes de synthés, les cloches qui sonnent les jours heureux tout en annonçant le changement d’ère (sic).
Un zéro compromis où les guitares restent gazeuses même après avoir ouvert la bouteille. The passer est un single mineur qui donne envie de se jeter sous son lit pour échapper aux monstres. Lesquels ?
Et une poignée de chansons taillées pour les transportations spatiales, évitant l’écueil Trip-hop / French Touch con-con plus loin, Cosmos 70 parvient même à refaire sonner le Rhodes comme un instrument d’aujourd’hui, moderne et contemplatif. Un vrai challenge.
Voila un groupe de Lyonnais qui donnent un peu d’oxygène à la musique, remettent l’instrumental au centre des ébats (ce qu’Air n’a pas réussi à tenir) avec, il me semble, comme seul objectif celui de donner l’émotion.
Fin de l’album, c’est Eastern qui marque les esprits. Je repense à 2001 l’odyssée de l’espace. Lorsque l’astronaute est éjecté dans le vide intersidéral par HAL, le robot émotionnel, et que le silence envahit l’écran. Il manquait une musique ; voila Cosmos 70.
La musique du vide, celle qui donne le frisson et donne envie d’envoyer tous les fils des Ramones dans l’espace.
Album à paraître en mars 2008.
http://www.myspace.com/cosmos70




ETRE DIEU