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CONSTANCE VERLUCA Anti Interview

Constance Verluca se fout de tout. De son quartier, de sa musique et des maisons de disques. Constance Verluca est plutôt du genre spontanée. Constance Verluca est drôle (...) suite

Constance Verluca se fout de tout. De son quartier, de sa musique et des maisons de disques. Constance Verluca est plutôt du genre spontanée. Constance Verluca est drôle aussi. Drôle et charmante.

Pourtant Constance Verluca ne semble pas pouvoir se définir parce qu’elle est mais plutôt par ce qu’elle n’est pas. Constance Verluca est une anti…Anti Carla Bruni, anti système, anti conformiste et plein d’anti choses encore. Tout ça un peu malgré elle. Anti interview.

Constance Verluca, cet album n’est pas votre première expérience. On parle d’un groupe maudit ou plutôt d’une légende urbaine…

Pony! En fait toutes les chansons de l’album sont écrites avec un garçon qui s’appelle Julien Hirsinger que j’ai rencontré il y a 5 ans. Avant on écrivait des chansons chacun de notre coté qui étaient très mauvaises. Quand on s’est retrouvé ça a fait des chansons un peu moins mauvaises. A un moment quand on ne chante pas ses chansons ça devient aride. Donc on a essayé de jouer dans des bars juste pour voir si ça tenait le coup. On ne voulait même pas que nos amis viennent nous écouter. Mais la carrière de Pony se résume en une série de concerts dans des bars vraiment pourris. Mais c’était fait exprès! Si un mec au bar tournait vaguement la tête quand on chantait ça voulait dire qu’on pouvait garder la chanson. Apres j’avais envie de faire un groupe mais Julien ne voulait pas faire de la scène donc j’ai gardé juste mon nom.

Mais pourtant sur cet album la formule est la même: des instruments minimalistes et votre voix qui est mise en avant.

C’est vrai que l’enregistrement final est vachement inspiré de ce qu’on faisait sur 4 pistes avec Julien sauf que cette fois les batteries ne sont pas faites avec des casseroles.

Alors c’est drôle parce qu’au début je me suis dit: “Super une nouvelle Carla Bruni, on va pouvoir se défouler”. Et puis j’ai vite était déçu. Et donc je vous comparerais plutôt à une sorte de Georges Brassens punk…après ce parallélisme douteux je perds le file de ma question…(Un ange passe…) Enfin je veux dire, vos textes sont assez originaux par rapport aux chanteuses pour lectrices de Marc Lévy…Encore un ange….

Non je ne suis pas Carla Bruni si c’est ce que vous voulez savoir.

Mais est ce que c’est volontaire? Vous en voulez à Carla Bruni?

Non malheureusement ça ne marche pas comme ça. Je crois que le naturel fini toujours par prendre le dessus. Parfois j’aimerai être une fille mystérieuse mais l’aura ne tient que deux jours. Je ne me dis pas je vais être autre chose que les filles qu’on entend d’habitude. Simplement avec Julien on écrit comme ça. On est comme ça dans la vie. Cet album est la continuité de nos bavardages.

Et la musique, ça vous est venu comment? Il y avait quoi comme disques chez vos parents?

Alors c’est simple: chez mes parents il y avait un disque du vingtième siècle: un truc de Colette Magny, une chanteuse très féministe des 70s’. Et j’écoutais une chanson qui s’appelait Melocoton, très déprimante. On était plutôt Bach et Chopin et toute la bande. Mais j’aime bien quand les parents ne donnent pas la soupe en musique ou en cinéma. Du coup aujourd’hui mes parents se mettent à écouter de la musique contemporaine. Mon éducation musicale c’est faite avec mes frères et sœurs. Je me souviens même d’un été ou l’un de nous avait acheté un disque du Velvet et en même temps les T-shirt et un magazine d’Andy Warhol? On était complètement obsédés par eux, enfermés dans cette maison pendant un mois. Et ce qu’il se passe souvent en musique c’est qu’on écoute un tel puis on lit des choses sur ce groupe et on s’aperçoit qu’ils aiment tels autres groupes. Et donc on se met à écouter les Beatles, Chuck Berry, Dylan ou Johnny Cash.

En parlant de déprime, je déteste l’été et j’ai l’impression que c’est pareil pour vous. Votre album est sorti cet été et vous ne parlez que de rupture, de mort et de drogues dures…

Les choses jolies sont un peu ennuyeuses, non? Même quand je mange je ne peux pas m’empêcher de voir le petit truc plus acide ou piquant. Et pourtant après mes premiers concerts j’ai eu envie de faire des chansons plus douces, sans pic dans le dos. Avec Julien on a essayé…on y arrive pas.

Vous savez Gainsbourg disait qu’il avait enfilé un masque de cynique qu’il ne pouvait plus retirer.

Voilà c’est un peu ça! D’ailleurs ça me trouble parce que je peux être assez douce dans la vie mais la chanson douce ne vient pas.

La première chanson qui m’a marqué sur l’album c’est Tu es laide. Et je me suis demandé, et me demande encore, à qui parlez-vous ? Un second moi que vous avez laissé à l’école primaire ou un boulet qui vous suivait dans la cours de récréation?

Non je n’ai pas la personne en face de moi. Elle n’a jamais existé. Mais on a tous dans nos souvenirs d’école celle qui s’en prenait plein la tronche. La rousse a coté de laquelle on se bouchait le nez ou même je me souviens d’une petite fille noire…on est toujours très méchant quand on est enfant envers les personnes différentes. D’ailleurs au début cette chanson parlait d’une relation entre une fille et un garçon? Mais c’était un peu ennuyeux, moins piquant que les deux petites filles. Mais on s’est tous senti un jour baveux et l’autre jour on se sent hyper puissant.

Est ce que c’est votre cas aujourd’hui avec cet album?

Ca change tous les jours. Même pendant un concert je peux avoir l’impression d’être une fille classe qu’on a envie d’embrasser et la minute d’après jai l’impression de me faire écraser par les gens qui me regardent.

Vous avez appelé votre album Adieu Pony et on voit sur la pochette une petite croix de bois avec le portrait d’un poney. Vous êtes du genre “du passé faisons table rase”?

C’est que quand l’album sort après plusieurs années de travail c’est comme une période de deuil.
Au début on était très insouciant avec Julien. On a envisagé l’album très tardivement. Ce qu’on aimait c’était se retrouver l’après-midi pour écrire nos chansons. Sortir un disque ça veut dire y réfléchir et prendre ses responsabilités. Et ce n’est pas la partie qui m’amuse le plus.

Alors comment avez-vous décidé de franchir le pas?

En fait il y avait un groupe new-yorkais que j’aimais beaucoup qui s’appelait les Moldy Peaches et a la tête de ce groupe un certain Adam Green. Et en les écoutants j’avais l’impression d’entendre des petits enfants ivres morts qui jouent de la musique. Un son très cru et charmant. C’est ça qui ma donné envie d’enregistrer les chansons. On est donc parti a New York enregistrer avec le producteur d’Adam green. Et c’était du genre “Génial on casse notre tirelire, on enregistre nos chansons et on sort l’album”. Ensuite on a commencé à envoyer l’album par la poste avec un petit mot. Chose qui, bien évidemment, ne marche jamais. En fait je n’attendais pas beaucoup de ces réponses.
On a quand même fait quelques concerts dans une boite parisienne et un manager a proposé de s’occuper de moi. Il était vraiment le bienvenu parce que faire les rendez vous avec les maisons de disques ça me faisait vraiment chier.

Adam Green a fait partie d’un certain mouvement dit anti folk et je n’ai jamais compris de quoi il s’agissait exactement…

Et bien moi non plus…Je crois qu’Herman Dune a un peu amené ça en France. Mais je pense que le point commun c’est un truc assez décomplexé des gros studios. Ce sont des gens qui n’ont pas hésité a sortir leur truc fait au quatre pistes dans leur cuisine.

Enfin, c’est quand même des trucs qui marchent assez bien. Je veux dire Adam Green…

Oui, mais en même temps ils sont une bonne cinquantaine. En tout cas c’était assez réjouissant pour moi de réaliser qu’on est pas obligé d’être un vrai pro de la guitare pour faire de la musique. C’était encourageant.

Et sur scène ça se passe comment alors?

Sur scène je ne contrôle rien du tout. C’est un mélange de panique et de sur excitation. Je subis tout ce qu’il se passe. Je m’en prends donc plein la figure: il y a des moments de vanité sur explosée comme des grands moments d’abattements. Et c’est bien souvent les deux en même temps.
Mais justement j’ai fait très attention au choix de mes musiciens. Comme ça je peux leur dire “là je veux que tu fasses le refrain comme un petit bébé éléphant qui rentre dans une chambre”. Voilà j’ai choisi trois personnes qui savent parler comme des débiles et comprendre une totale amatrice.

J’ai l’impression que vous avez choisi de ne pas mettre en avant une chanson qui va forcément marcher, c’est Les trois copains.

Oui on a fait le clip sur C’est faux. Il est plus radiophonique. Enfin j’y connais rien mais disons que j’écoute un peu ma maison de disque et mon manager. Moi je trouvais ça un peu con, autant y aller radicalement. Mais je trouve ça rigolo qu’une chanson fasse son petit chemin sans avoir vraiment été poussée. C’est vraiment la chanson qui fait parler.

Sur Matt Dillon le garçon dont vous parlez a existé?

Non mais en fait il y a un portrait de l’Amérique qui me fait rêver. J’ai toujours été très fan des films avec des ados américains dans les petites villes, qui s’emmerdent, qui font du vélo et qui se roulent des pelles au coucher du soleil. Et il se trouve que Matt Dillon a fait une série de films comme ça quand il avait 17 ans que je regardais inlassablement.

Constance Verluca // Adieu Pony // Warner En concert à la Maroquinerie le 23 novembre
www.constanceverluca.com
www.myspace.com/constanceverluca

Un commentaire

“Votre bon goût vous perdra Mascarpone !”
…Constance Forever !
Vive la France !
Votre
Cheval Blank

personne n’a vu mon sabre laser ?

Commentaire par cheval blanc, le Lundi 12 novembre 2007 à 15:08

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