Ma première fois était dans un salon de coiffure. Tous les collégiens en fin de cycle passent par l’expérience du stage de découverte en entreprise. Je crois que ma mère m’a arrangé ce stage chez son coiffeur au cours d’une permanente.
Généralement, les parents permettent au rejeton de passer trois jours à leur travail ou à celui de tonton, les familiarisant avec le piston. Puis si le père est directeur, le fils découvre le principe de la hiérarchie et se voit apporter un café, même s’il ne sait pas encore apprécier son goût amer.
Etre stagiaire...Dans mon compte-rendu, j’ai dit être désormais confortée dans l’idée que je ne voulais pas consacrer ma vie aux cheveux des autres. J’espère avoir fait sourire mon professeur avec mon récit sur la mise en plis que j’ai réalisée sur les poils disséminés sur le crâne d’une vieille dame. Après mon immersion dans l’hypocrisie du commerce, je décidai de ne plus aller dans aucun salon, ce qui explique ma frange pas droite. Dès ce premier stage, la question de la récompense se posait. Mes camarades de classe avaient eu des échantillons de parfum, des stylos, du papier à en-tête. Moi, rien du tout. Avais-je mal rangé les shampoings ? J’en doute car j’avais bien suivi les instructions : je devais les aligner par taille puis par couleur, mon école maternelle m’avait déjà bien préparée à relever le défi.
Je fête ce mois-ci mon dixième stage dans la presse. Je n’ai pas pour l’instant rencontré d’employeur aussi con que ce coiffeur. À l’exception, peut-être, d’un éditeur suédois qui fit planer son portable à travers le bureau en hurlant “Fucking French people“.
On stageEtre stagiaire, c’est l’opportunité de faire des erreurs pour gagner en technique et en sens du contact, sans trop de pression puisqu’on est en principe peu ou pas payé. Les stages bien encadrés permettent des rencontres, des expériences, des conseils, de l’observation et nombre de premières fois jouissives. Comme beaucoup, j’en ai voulu toujours plus, harcelant des secrétaires au téléphone pour multiplier les partenaires. Après avoir fait plusieurs fois mes preuves, il est arrivé que des entreprises viennent me chercher. Le tarif, c’est 30% du SMIC, sans cotisation pour la retraite. Mon école a voulu refuser les conventions longue durée depuis que j’ai un diplôme reconnu. Elle m’a dit que j’avais une valeur d’au moins 1500€ par mois. Mais ce genre de choses n’arrive que dans Pretty Woman.
Les employeurs s’attachent de plus en plus à leurs traînées, heu pardon, trainees comme on dit aux States. Ils leur infligent des durées de six mois de stage au minimum, puis les reconduisent pour un dernier coup. Alors, l’interne se surprend à rêver de contes de fées : Et il travailla avec professionnalisme et dévotion puis décrocha finalement un CDI. Il put même enfin montrer des fiches de salaire pour la location d’un appartement. Mais de nos jours, le CDI, comme le mariage, relève presque de la fiction. La mafia des serials stagiaires fait certes tourner les entreprises, mais offre peu d’avenir à l’intéressé qui ne peut valoriser ses stages comme étant une véritable expérience professionnelle. Ni à l’entreprise qui voit son équipe sans cesse renouvelée.
La pute de luxe de l’emploi, si elle décide de dire à l’employeur que c’est la fin de leur relation à moins d’une rémunération appropriée, sait qu’elle se fera aisément remplacer, car il y en a plein d’autres sur le même trottoir.
www.profilculture.fr Le meilleur mac pour vous mettre sur le marché (sponsorisé par Les Inrocks)
www.generation-precaire.org Le “Ni Putes Ni Soumises” de l’emploi
7 commentaires
Belle tartuferie cet article !
Je sais pas comment un site dit “gonzo” peut publier des articles aussi nuls. J’ai l’impression de lire un tract d’une quelconque federation etudiante …
Certaines icones gonzo doivent vraiment se retourner dans leur tombe.
Les stagaires sont des casses couilles … des incompetents congenitaux qui ne savent rien faire et qui demandeent en contrepartie d’être bien payés…
Vanité, concupiscence quand tu nous tiens … soyez tenace … le talent paie… si vous vous en avez. dans le cas contraire, merci aussi de la mettre en sourdine, car vous serez alors que des gentils pion de notre matrice.
NB : “le chemin qui conduit à notre ciel personnel passe toujours par la volupté de notre propre enfer”
javais pas lu la phrase de conclusion …. faut que j’y revienne …
“La pute de luxe de l’emploi, si elle décide de dire à l’employeur que c’est la fin de leur relation à moins d’une rémunération appropriée, sait qu’elle se fera aisément remplacer, car il y en a plein d’autres sur le même trottoir.”
Reveille toi, on est plus dans le monde des bisounours. C’est surement à deplorer mais nous sommes dans une putain d’economie capitaliste à 2 francs. Des produits, dont le prix fluctue en fonction de l’offre et de la demande.
Je te rassure, quelle que soit notre position, nous sommes tous des putes !
TAKE IT OR LEAVE IT !
Olivier, comment peux-tu invoquer la mémoire des journalistes Gonzo si ton crédo est de demander aux autres de “la mettre en sourdine” même quand ils expriment quelque chose qui est à déplorer, comme tu le dis toi même.
Concernant le côté syndical de mon papier, il faudrait peut-être dépasser le stade de percevoir toute opinion sur la société comme une prise de position politique ringarde.
Et si j’ai envie d’un monde de Bisounours tandis que tu préfères un monde de “matrice”, je suis contente que tu ne veuilles pas en être, tu ne m’a pas l’air assez sympathique pour que je te fasses un calin.
Cher Olivier
Je n’interviens que rarement sur les commentaires insultants, persuadés moi-même que nos articles arrivent à peine à la cheville des grandes plumes du numérique dont les articles se finissent souvent par “un album à écouter le dimanche sous les couettes”.
Là j’interviens parce que ton torchon de commentaire met juste en exergue ta connerie. La majorité des gens qui travaillent aujourd’hui dans le music business (labels, tourneurs, attachés de presse) sont payés 300 euros, bossent 10H par jour et doivent sucer des glaçons pour avoir droit aux tickets restos.
Que tu sois surement un patron frustré qui a pas réussi à tirer ta stagiaire c’est ton droit. Viens pas polluer avec ce ton si arrogant qui pourrait presque faire penser que tu es faussement de droite, et que tu penses le capitalisme comme une évidence que les plus jeunes ont tendance à occulter. Mec, ca on l’avait tous compris, t’as trois trains de retard.
Maintenant, meurs.
Ciao
Y a surtout une grave question qui me vient : si tu bosses même pas pour être un minimum payé et pouvoir consommer plus qu’un minimum … alors pourquoi encore chercher à bosser ?
Sérieux … quitte à en chier, autant en chier pour soi, par soi et en emmerdant tout le monde plutôt que d’être beau joueur et d’accepter le monde dans lequel Olivier a sûrement eu une grande facilité pour trouver sa place. (Mais c’est pour trouver la position pour dormir qu’il en chie maintenant)
Et c’est peut-être là où tout ça n’est pas très gonzo … être une victime du grand patronnat et tout et tout … vivement la contre-attaque avec des noms et les insultes métaphoriques idoines.
j suis trop touché de voir des chose , mais chacun son destin




ETRE DIEU
Bel article qui remue le couteau dans la plaie du pigiste qui a fait sa pute aujourd’hui