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COLISEUM ULTIMATE Born to raise Hell… and worse

Que faire dans un monde où la plupart des gens sont devenus complètement cons ? Je veux dire par là encore bien plus qu'avant. Où les courants culturels revendicatifs (...) suite

Que faire dans un monde où la plupart des gens sont devenus complètement cons ? Je veux dire par là encore bien plus qu’avant.

Où les courants culturels revendicatifs - punk, harcore, rap, techno - sont devenus des niches de consommation pour des gamins de 12 à 35 ans qui ne s’intéressent qu’à l’aspect clinquant, neuf et tellement «cool» des choses, claquant l’équivalent de deux RMI pour se payer un déguisement d’appartenance à une des mouvances citées ci-dessus, avec un petit tour dans une boutique de jouets pour adultes et filer 70 euros en échange d’un personnage moche en plastique ? Reste-t-il encore quelqu’un qui lit les textes d’une chanson ?

La seule alternative à la balade aux Galeries Lafayette armé d’un Sig Sauer, d’un fusil AR 10 et d’un bon paquet de chargeurs de balles creuses est-elle de se trouver un coin peinard au fin fond du grand Nord en écoutant de vieux albums d’un autre temps ? Celui où internet, les téléphones portables et les godmichés commandés via msn n’existaient pas. Les choses ont-elles si mal tournées que Rock’n Folk organise un festival à l’Olympia avec les Plasticines, icônes putafrangesques du rock’n roll hexagonale ? Et que de l’autre côté, on retrouve des gens prêts - et bien plus que ça - à tenir de longs et beaux discours sur l’indépendance, l’artistique et tout le tremblement, crachant sur les multinationales, mais pas peu fiers de porter la dernière paire de baskets à la mode ? Ne peut-on plus sortir d’un concert raide torché, trois lignes d’amphétamines dans la gueule sans se faire traiter de clodo par des «jeunes» parce que vous vomissez entre deux voitures ? C’est quoi ce bordel ???!!!

Faisons simple et efficace. Disons juste que je suis un vieux con, aigri et nostalgique, d’une époque révolue. Un anachronisme vivant. C’est plus facile ainsi. Mais si c’était vraiment le cas, serais-je comme un gamin, la bave aux lèvres, les mâchoires serrées et la nuque parcourue de spasmes quand j’écoute le nouvel album de Coliseum ? Ne devrais-je pas juste m’en foutre et passer à autre chose ? La réponse est non.

VD : Comment s’est déroulé la tournée nord américaine ? Déjà quelques souvenirs à partager ?

Ryan : Notre tournée a été fantastique ! Probablement la meilleure que nous ayons jamais faite, bien que ce soit assez difficile de comparer avec les précédentes, du fait que celle-ci était bien rock/métal avec beaucoup d’agréments. C’était relaxant la plupart du temps, et il y a eu tellement de bons moments… Me faire tirer dessus dans le coin de l’oeil par un flingue à air comprimé n’était pas la chose la plus drôle dans l’absolu, mais pour moi, si ! Voir Chris ne porter qu’un short bien moulant et un masque de catcheur mexicain, se mettre à courir sur scène tout le long du set d’High On Fire n’était pas mal non plus…

VD : Je préfère demander dès maintenant : quand venez vous en Europe ? Et avec qui ?

Ryan : Nous serons en tournée au mois de décembre, mais malheureusement nous ne passerons pas en France (ndr : peut-être que les trente cinq personnes à tout casser lors du dernier passage du groupe à Paris n’ont pas poussé les organisateurs à caler une date…), mais nous espèrons revenir en 2008 pour jouer là où nous n’aurons pas pu le faire.

VD : Pour moi, musicalement, il y a un avant et un après White Religion (ndr : 7 pouces sorti chez Relapse); je veux dire par là que la musique de Coliseum est devenue encore plus agressive, plus crue. Avez vous changé votre manière de composer ?

Ryan : Les choses sont très différentes pour nous, et par là notre manière d’écrire, depuis l’arrivée de Chris (ndr : Maggio, batteur) au sein du groupe. White Religion No Salvation car nous l’avons jouée pendant presque un an sur scène. Le titre a gardé l’intensité de la scène sur le disque. Depuis que Chris vit en Floride, nos répétitions sont assez étranges : nous sommes ensemble pendant 4 ou 5 jours, une à deux fois par mois. Plus de temps pour simplement faire tourner des riffs ou pour un jam et dégager des idées… J’écris un titre et j’enregistre une démo à la guitare, j’envoye le tout par email à Chris et Mike, ensuite nous nous retrouvons et nous arrangeons le tout. Ou bien nous déconstruisons tout le morceau pour le ré-assembler d’une manière différente. Par exemple, je crois que Fall Of The Pigs, Interceptor, et Seven Cities sont assez identiques aux démos que j’avais faites, alors que No Benefit, Fate Of Men, Funeral Line, Believer et The Burden ont toutes été réduites en pièces et mélangées pour devenir ce qu’elles sont sur l’album. Il y a eu aussi des arrangements en studio. Quand à Shake It Off, le morceau a lui été complètement écrit sur place. En définitive, nous voulions reprendre tout ce que nous avions fait dans le passé et le rendre «plus» : plus aggressif, plus intense, plus mélodique, plus sombre, etc… Se servir de tous les éléments de notre musique pour étendre notre univers, tout en franchissant de nouvelles frontières. Et je pense que nous avons réussi.

VD : Comment s’est déroulé l’enregistrement ? Pourquoi avoir choisi le God City Studio ?

Ryan : Nous avions un large choix de studios pour enregistrer, mais nous voulions vraiment un «producteur» qui ai une touche, un effet sur l’album et soit capable d’apporter son avis sur tout. Le temps venu, le nom de Kurt revenait de plus en plus souvent, et quand le dernier Converge est sorti, il sonnait d’une telle manière… Nous avons senti que Kurt pourrait nous aider à avoir ce même genre d’intensité pour Coliseum. Je rajouterai que Kurt est un de mes amis depuis de nombreuses années et que nos influences sont assez proches ; il pouvait donc vraiment comprendre d’où vient Coliseum musicalement. Alors que la plupart des gens ont tendance à nous voir comme ci ou comme ça, Kurt est un des rares à distinguer les différents éléments qui nous composent et font de nous ce que nous sommes. L’enregistrement a été un gros boulot, mais très agréable. Nous avons pu atteindre nos limites et je pense que l’album n’en est que meilleur.

VD : Alors que tu possèdes ton propre label et une solide expérience dans le monde de la musique (ndr : Auxiliary Records et avant cela Initial Records), pourquoi avoir signé chez Relapse ?

Ryan : Nous voulions avoir l’aide d’un label qui puisse gérer tous les aspects de la sortie d’un album. Auxiliary est un petit label, quelque chose que je fais pour mon plaisir personnel, pour sortir des disques locaux que j’aime ou mes propres projets, alors que Relapse est plus à même de nous supporter. Nous tournons beaucoup et nous voulons savoir que nous avons des gens du label qui travaillent autant que nous et qui soient capables de nous aider en cas de coup dur. Relapse est également un des meilleurs labels ayant jamais existé, et se retrouver parmi un catalogue de groupes majeurs, passé ou présent, c’est hallucinant.

VD : Qu’est Coliseum pour toi ? Encore un nouveau groupe, un moyen d’expression?

Ryan : Je ne sais pas si j’ai une réponse spécifique à ta question… Coliseum est ce que je suis, qui je suis vraiment. Ce n’est pas une réaction à un style de musique, ou juste une expérience, mais définitivement ce que je fais, et comment je me définis en tant qu’individu. C’est nous trois, bossant comme des malades et jouant autant que nous pouvons. C’est comme ça que je veux qu’on se souvienne de moi.

VD : Comment décrirais-tu ta musique ? Et le thème des textes ?

Ryan : Je dirais de la musique rapide et heavy. Je crois que nous sommes un groupe de punk / hardcore avec quelques touches métal et des influences indie rock. Pour les textes, il m’est difficile de résumer avec exactidude ce que je ressens ou quel est mon point de vue dessus parce que ce qui m’inspire est très varié. Evidemment, je n’écris pas sur des choses gentilles et mignonnes, et je suis le plus souvent inspiré par la souffrance, la haine, la confusion, etc… Je crois en l’espoir et la plupart de mes textes traitent de cela : espérer et chercher des réponses.

VD : Tu es aussi responsable de la pochette et de tout l’univers graphique. D’où te vient cette fascination pour les motos et l’imagerie Hells Angels ?

Ryan : J’essaye de toujours garder à l’esprit ce qui m’a plu les premières fois où j’ai été dans des concerts punk et hardcore, même métal… C’était effrayant et excitant. Le truc bécane, c’est complètement personnel, je n’ai même pas de moto ; je suis juste intéressé par le mouvement et la dynamique que peuvent avoir les images, comme si elles surgissaient de la page, le métal et les os mélangés… Je crois que ça fait parti du mythe américain lié à l’idée de «cool».

VD : Quoi de neuf chez Auxiliary ? Les prochaines sorties ?

Ryan : Je viens juste de sortir l’album de Pusher, un groupe de Steve de Breather Resist, et un split Young Widows / Plows est en prévision. Après ça, rien de sûr. Je verrai bien ce qui arrive et ce que la musique de Louisville m’inspire.

VD : Peux tu justement parler de la scène de Louisville ? Quel groupe risque de nous botter les fesses bientôt ?

Ryan : Notre scène est très riche, beaucoup de très bons groupes, de personnes motivées et inspirées pour faire de la musique, mais peu de gens se déplacent dans les concerts ou achètent des disques. Prideswallower risque bien de tout renverser sur son passage dans quelques temps, mais ils sont un peu en sommeil… Le nouvel album de Lords sera sans aucun doute fantastique, quand à celui de Young Widows, il deviendra un de mes disques favoris de tous les temps. Mais je ne peux pas t’en dire plus, je n’ai pas beaucoup été à la maison ces derniers temps pour découvrir de nouveaux groupes.

VD : Qu’est ce que tu écoutes alors en ce moment ?

Ryan : Nick Cave, Arab Strap, Trap Them, Tombs, Gorilla Biscuits, High On Fire, Panthers, River City Tanlines, Fugazi, Bathory… C’est juste ce que j’écoute depuis mon retour de tournée.

VD : Existe-t-il un but non avoué autre que celui de faire de la putain de bonne musique avec Coliseum ?

Ryan : Nous n’avons pas de message spécifique, mais nous avons tout de même quelque chose à dire. Il y a beaucoup d’idées et de concepts dans Coliseum, oui, quelque chose de plus grand que la musique, si tu te donnes de la peine et que tu as la volonté de l’explorer. Si tu veux juste headbanger, c’est cool aussi. Comme je l’ai dit plus tôt, Coliseum est qui je suis, j’ai donc toutes les raisons du monde de le faire. Partager des moments avec le public, échanger avec lui sont sans aucun doute aussi une raison de l’existence de Coliseum.

VD : Un mot gentil – ou horrible – pour les Français ?

Ryan : La France est un de mes pays favoris en Europe : une richesse architecturale incomparable, et de sublimes paysages. Je suis vraiment désolé que nous ne puissions jouer chez vous lors de cette tournée. Mais j’espère que nous viendrons bientôt !!!

VD : Parlons de ton autre groupe, Black Cross, et de votre second album. Qu’en penses tu ?

Ryan : Un de nos buts avec Black Cross aux cours des années a toujours été de faire exister le groupe en parallèle de nos vies personnelles, quels que soient leurs aléats et nos autres priorités. En gardant cela à l’esprit, nous avons choisi de continuer bien que nous ne puissions pas faire de Black Cross un groupe à plein temps, qui puisse tourner, ou même pour lequel nous puissions répéter autant que nous le voudrions. Nous répétons quand nous sommes tous à la maison et que nous avons le temps de nous retrouver. Chacun d’entre nous a son lot de responsabilités, que ce soit un groupe, sa famille, ses études. Black Cross continue donc mais avec un rythme particulier ; quand c’est possible en fait. Severance Pays est un accomplissement pour nous, pour la simple raison que nous avons souvent cru ne jamais pouvoir faire un autre album. C’est exactement l’album que nous voulions faire, du gros punk mélodique qui incorpore nos influences favorites tout en dépassant le niveau de Art Offensive. Du fait que nous n’avons pas de planning pour le groupe, nous avons été capable d’enregistrer tout l’abum, à l’exception du chant, live dans le studio et de faire un disque en 2007 qui n’aurait pas déparaillé s’il était sorti en 1987 ! Le prochain sera peut-être le plus lourd que nous ayons jamais fait, ou le plus calme. Qui sait ?!

VD : Pouvons nous espérer une tournée ?

Ryan : Malheureusment, il y a de fortes chances que nous ne tournions jamais. Nous en parlons souvent, et peut-être qu’un jour ça se fera, mais nos emplois du temps sont déjà très chargés. Une tournée européenne serait le rêve, et j’ai souvent pensé à organiser un plateau Coliseum / Young Widows / Black Cross du fait que nous avons des membres communs, mais ce n’est pas encore arrivé… Peut-être un jour…

http://www.myspace.com/coliseum

2 commentaires

Du coup on est bien chanceux puisqu’ils sont en tournée avec Converge et Integrity. Grosse affiche en perspective!!!!

21/07 : Paris, France @ Trabendo
22/07 : Nantes, France @ Le Ferrailleur
23/07 : Luynes/Marseille, France @ Le Korigan
24/07 : Geneve, Switzerland @ L’usine (Kab)

Commentaire par Bertrand, le Lundi 11 février 2008 à 22:10

Comme on dit par chez moi : oui, en effet, ça va surchier. Les quelques trentes personnes qui étaient présentes au Batofar lors du premier concert français de Coliseum ne s’en sont toujours pas remises… Préparez les cervicales!

Commentaire par Vincent Duke, le Lundi 11 février 2008 à 9:37

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