De retour du concert de Bashung… encore hanté par son rappel seul à la guitare… « le souffle coupé, la gorge irritée, je m’époumonais… ». Après ça, va claquer un papier sur des blanc-becs en pleine santé… «Tu ferais mieux de nous pondre un truc qui marche mon garcon, tu ferais mieux de nous pondre un truc qui marche ». Pas grave, de toute façon, la nuit je mens… Comment ça, c’est déjà pris ?
Cold War Kids. Un blaze à la con. Enfants de la guerre froide, c’est pour nos parents, non ? Anachroniques, ces Californiens qui sonnent comme des New Yorkais ? D’où l’absence de «The» dans l’intitulé ? Mais qu’ils s’appellent comme ils en ont envie après tout. Ce qui compte, c’est la musique. Le son. L’attitude ? Si ces gars-là sont des poseurs, je rends mon tablier. Si Loyalty to Loyalty ne dépasse pas son prédécésseur et finit au panthéon débordant des seconds albums à la noix, je rentre chez ma mère.
COLD WAR KIDS De toute façon, votre mange-disque avait déjà la réponse : il n’a pas recraché la galette. Les premières notes de guitare ? Un son, un vrai ; quelque chose de singulier, et tout de suite. La batterie ? Un truc à la Bonham ; même son, mêmes roulements, même ghost note : LA pulsation. Le chant ? Comme sur le reste du disque, à la limite de l’agaçant, du grinçant : est-ce que dans 10 ans vous vous direz la même chose que pour Axl Rose: «mais comment ai-je pu supporter ça » ? En attendant, l’organe de Nathan Willett, c’est un peu comme en amour, on finit par aimer les défauts.
D’ailleurs Loyalty to loyalty tient là-dessus, sur ce point de rupture jamais vraiment atteint, ce flirt un peu pourri avec les genres, ce côté « si ça casse, on passera pour les pires des baltringues ». Pour qu’au final on se permette de parler de soul blanche : pas le moindre des paradoxes.
Cold War Kids, ça vous tord, ça vous remue par dessous la peau, ça vous mord. Tom Barman, du temps où dEUS valait encore quelque chose, parlait de wiggle in flesh. Il avait raison. Mille fois raison.
Mais bon sang, respect à ces mecs qui jouent avec leurs limites, leurs insuffisances et que ça ne les empêche pas de chercher : le brouhaha sonore qui clôt Against Privacy, ça sent la répét en studio qui dérape, ça sent le direct et vas-y coco, continue d’enregistrer ; cette furieuse envie de ne pas en rester là, sur cette satanée alternance couplet / refrain si ENNUYEUSE. Mais pourquoi être surpris, c’était déjà marqué dans le refrain : We’re against privacy. Et moi donc…
Le second album, donc. LE fameux. Venant après tout le boucan orchestré autour de Robbers & Cowards, groupe myspace et tout ça, il y a une éternité (2007). Le verdict ? Pas de verdict. Pas de confirmation, pas de virage bien négocié, pas de pression créatrice. Juste cette basse dégeu sur Relief, cette guitare tranchante et rouillée sur Mexican Dogs, ce piano édenté sur I’ve seen enough, ce côté Radiohead bouseux et analphabète sur Avalanche in B, ce désespoir quasi dompté sur Every man I fall for.
Rien que du rèche, les phalanges écorchées de Juliette Binoche dans Bleu, sur ce mur qui n’en finit pas, effacer des cicatrices avec des cicatrices.
Cold war Kids // Loyalty to loyalty // Coop
www.myspace.com/coldwarkids
6 commentaires
Moi j’en connais pas, grand monde, qui va acheter l’album.
Pasque y a encore des gens qui ACHETENT des albums ?
Non et qui plus est de Cold War Kids
Faut arrêter, là. Dans les meilleurs moments ça ressemble à ce que fais dEUS MAINTENANT (donc euh discutable on dira parce qu’on est poli). Et dans les pires on dirait du U2 de maintenant. Donc de la flotte avec une batterie qui sait se servir d’une pédale de grosse caisse. Et d’un pied. Pour mettre dessus.
Et justement, il y a des pieds qu’il faudrait mettre bien au-dessus… Froutch !
On est au moins d’accord sur le fait que dEUS ne vaut plus grand chose… Après, je conçois qu’on puisse être agacé par leur musique. De là à leur marcher dessus, je suis pas sûr que ça te porte bonheur…




PLAY BLESSURES
Jusque-là je n’en avais entendu que du mal de ce disque. Ce texte rectifie le tir en me donnant enfin envie d’y jeter une oreille. c’est parti.