Lorsque je soutiens aux filles qui se réveillent dans mon lit (par erreur, je précise) que mon disque du réveil n’est autre que Good humor de St Etienne (Orchestre, violons, voix qui suinte en soutien-gorge), il flotte toujours comme un doux parfum de foutage-de-gueule suivi d’un questionnement sur ma sexualité. L’apologie des croisières et des palmiers qui se tordent sous le poids des ouragans. Voila pourtant de quoi se réveiller tranquillement en sirotant un café. Girls are stupid anyway…
Peut-être pas Amanda, la chanteuse de Cocosuma. Depuis son arrivée dans le groupe ( “Our previous singer having decided to concentrate on more important and boring stuff” dixit la bio du groupe parisien) la belle a insufflé une fausse innocence vicieuse qui donne à We’ll drime home backwards tout son charme. Alors que tout le monde parle de disques nocturnes, Cocosuma réinvente le concept des musiques matinales.
Et tout commence par un claquement d’éclair qui fait parfaitement écho au Spiders (Kidsmoke) de Wilco. Faussement kraut – manquerait plus qu’un martellement de batterie soutenu par une basse soit d’office catégorisé comme «Kraut» sur Itunes, totalement bon, Charlotte’s on fire est un EXCELLENT titre d’ouverture. Un orgasme prolongé somme toute assez trompeur de la tonalité de l’album.
Cocosuma rend honneur, d’une part à ma sexualité, et d’autre part à la pop française. Enfin je veux dire jouée en France, uh…. Enfin une chanteuse chantant langoureusement dans la langue de Morrissey sans le ridicule pathétique des chanteurs de folk parisiens qui pourrissent vos myspace avec des « Salut comment ca va X, viens nous voir à la Scène Bastille le … ». L’amertume des plages désertes, le doo-wop 60’ fantasmé sur Youtube, les histoires de cow-boy un peu gay… Amanda pourrait presque chanter la beauté du bitume à Brest qu’on trouverait presque cela poétique.
Parce qu’ils n’ont pas d’étiquettes embarrassantes, et que les compositions de We’ll drive home backwards sont tout à fait dignes d’être réécoutées plus de dix fois chacune et que l’album est un parfait alliage Nostalgie/spleen/bonheur, on aimerait voir le Capitaine Stubbin de la croisière s’amuse conduire le Titanic vers le premier iceberg léchant la carcasse. En attendant, je lèche la jaquette.
Cocosuma // We’ll drive home backwards // Third side




ETRE DIEU