J’aurais aimé être dithyrambique sur le nouvel EP de Cocosuma, Charlotte’s on fire, dire qu’il m’avait emporté sur d’autres rivages, transporté en d’autres lieux. J’aurais aimé pouvoir écrire une pirouette sur le nom du groupe (encore un mystère pour moi au moment où j’écris ces quelques lignes) et métaphoriser la musique de ce trio français. Mais au moment d’enfoncer les touches, il y a la même difficulté à écrire qu’un homme à uriner lorsque quelqu’un le regarde.
Car Charlotte’s on fire dépasse de loin tous les singles entendus depuis trois mois. Et à ce titre ne peut se résumer. Il faut avoir passé sa soirée en ambiance monacale reclus du monde enfermé chez soi pour éviter les liasses de cris suintant à l’extérieur (prétexte du jour : Une victoire de la France en rugby… Cela tombe bien je n’ai plus de téléviseur) pour comprendre l’émotion que procure Cocosuma à mes oreilles.
A ECOUTER: Charlotte’s on fire COCOSUMA - Charlotte’s on fire.mp3
Avec Charlotte’s on fire, le trio parisien donne juste un sens au mot «introduction». Je parle de cette science complexe qui s’apparente au préliminaire. Une lente progression jusqu’à l’orgasme. Ici c’est 1.30 rythmée par une batterie monosyllabique et un accord de basse qui s’y collent. Puis la guitare qui rentre par la porte de derrière, fracasse le ciel comme un orage, la batterie qui ne laisse pas faire, en rajoute une couche, accélère le tempo, puis la basse, pas en reste, qui ne veut pas se faire éclipser. Concurrence des instruments pour rester en lice. J’ai l’impression d’assister à un tiercé quarté des instruments, sans savoir qui sera premier sur la ligne d’arrivée.
Et puis la voix fantomatique rentre en scène. Amanda la suédoise. Femme fatale non datée au Carbone 14. Impression de croisière sur la mer noire. Il fait froid et le soleil brille dans tes cheveux Amanda, nous nous regardons langoureusement tandis que le bateau coule.
Je laisse à d’autres le soin de définir ce groupe, parler des réminiscences 60’ et de Nancy Sinatra en ombre chinoise. La seule chose essentielle à ce stade, c’est la beauté d’une soirée avec un seul titre en mode repeat intensif. Convulsif. Abrasif.
Vivement l’album.
http://www.myspace.com/cocosuma
5 commentaires
arrêtes Sylvain…… je vais rougir.
A écouter : the man who sold the wordl, reprise de Bowie par Cocosuma dans la compile BowieMania par Béatrice Ardisson
je pense à Mazzy Star quand j’étais jeune…un twist de Feist mélangé avec Joni Mitchell..maybe..
Non, finalement ta description est authentique et belle, a voir, sur scène..
j’aime terriblement quand m’aime!
Vraiment bien… God bless STEREOLAB.




ETRE DIEU
Quel dragueur ce Bester…