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COCOROSIE The Adventures Of Ghosthorse & Stillborn

Mesdames et messieurs, bienvenue dans l’ère de la rétrogradation glamour. L’ère des jupes et des idées courtes. Le nouveau méfait des sœurs Coco et Rosie ressemble à ce (...) suite


Mesdames et messieurs, bienvenue dans l’ère de la rétrogradation glamour. L’ère des jupes et des idées courtes. Le nouveau méfait des sœurs Coco et Rosie ressemble à ce bout de craie frotté contre le tableau, qui grince et irrite l’oreille, sans qu’on parvienne pour autant à dire ce qui est le plus désagréable : Le bruit de la craie ou l’auteur du méfait.

En effet, ça couine sec sur The Adventures Of Ghosthorse & Stillborn, ça hurle beaucoup et ça chante peu. Car depuis que les soeurs psyche folk ont lu dans la presse spécialisée (plus intéressée par la plastique des deux frangines que par leur talent) que leurs voix étaient novatrices, plus rien ne semble les arrêter. Pas même le ridicule sur Japan, évoquant l’Irak et ses souffrances. L’art de disserter sur le monde, assis dans son fauteuil en rotin de l’hôtel Costes. Ces voix de seconde zone, en pale copie de Maria Callas, c’est aussi dégoutant qu’un baiser au réveil (et encore… pour le suçon du matin, il y a parfois de l’amour).

Et des sentiments, ce troisième album semble profondément en manquer. Forcément, dans un monde sans icones, les repères sont plus durs à trouver. Sixième piste, Black poppies, et toujours pas la moindre trace d’une mélodie correcte en vue, mon capitaine. On flirte avec le naufrage, et le piano jouet qui illustre moult compositions devient simplement atroce. N’est pas Pascal Comelade qui veut.

Si ce disque se caractérise par un profond changement (le flow très west-coast, les accords plaqués sur Fender Rhodes à la Moby, enfin bon, c’était bon il y a 10 ans déjà, peut-on parler de maturité lorsqu’un album se vend sur la tits credibility et non le contenu ?), The Adventures Of Ghosthorse & Stillborn est naturellement destiné aux filles n’ayant pas encore eu leurs menstruations cycliques. On y parle de jolies fleurs pas encore écloses, de lapins bunnies cherchant une cachette et de monstres à têtes en barbapapa. Du surréalisme artistique tant ce projet aurait été, pour une fois à juste titre, refusé par n’importe quelle maison de disque dans un autre contexte.

Des histoires de chevaux fantomatiques, des sœurs comparées à Bjork (mais de qui se moque-t-on ?), un album insipide. Voici le triptyque du succès à grande échelle, l’équation à trois inconnues de la réussite branchée.

Il est 3h52 du matin. J’arrête le disque, reprenant le chemin d’une vie plus paisible, sans les sœurs violant mon oreille. A ce stade, le meilleur contraceptif reste encore le silence.

Cocorosie // The Adventures Of Ghosthorse & Stillborn // PIAS

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