“Les fans attendaient cela depuis plus de 30 ans. Le documentaire “Cocksucker Blues”, tourné entre 1969 et 1972 et retraçant la tournée des Rolling Stones, est enfin visible grâce à Youtube. Le légendaire groupe avait engagé Robert Frank, photographe et cinéaste indépendant, à le suivre partout pendant l’enregistrement du double album Exile on Main Street. Mick Jagger et sa bande avaient fait interdire le film en décidant que son contenu n’était pas “approprié”. Il faut dire que Robert Frank a pu tout saisir. Scènes filmées en coulisse, soirées dans les hôtels, striptease sous cocaïne, voyage en avion privé avec des femmes nues, conversations secrètes des membres du groupe, piqûres de drogue, jet de télévision du sixième étage, séances d’improvisation musicale.”
L’occasion parfaite pour ressortir du frigo Une évocation de la vie et de l’œuvre de Robert Frank, l’un des meilleurs papiers de notre nécro-reporter Charles Von Strychnine, agrémenté de la vidéo intégrale (en neuf parties tout de même)
Robert Frank. Pour simplifier la chose, on peut dire qu’il est l’équivalent de la littérature Beat en photo.
Mick StoneSon recueil de photos Les américains reste un Sur la route en photo. Enterrements, bars glauques du nouveau Mexique, et scènes de jeux à Las Vegas. Clichés photographiques bien loin des conventions habituelles, Robert Frank, comme Kerouac, Burroughs et Ginsberg, envoie grâce à ses écrits un uppercut dans la gueule de “L’american way of life”. Notamment avec Les Américains.
Puis vient la route, la grande, la vraie, la numéro 66. Après un voyage sous speed en compagnie de Kerouac jusqu’en Californie, Frank met de côté la photographie pour se consacrer au cinéma avec “Pull my Daisy” avec entre autres guest-stars: Allen Ginsberg, Gregory Corso, Peter Orlovsky et Jack Kerouac.
Là où Robert Frank réussit à mettre l’esprit Beat en photo, il réussit ici à faire passer cet esprit à travers le prisme du cinématographe. Puis c’est au tour de Cocksucker Blues, le film qui changera cet homme en mythe urbain et en héros de l’underground mondial. Film sur la tournée américaine de 1972 des Stones. Commandé par les dits “Rolling stones”, interdit de projection par les mêmes “pierres qui roulent”.
Robert Frank filme dans une tonalité quasi monochrome le bleu, les débauches de rock star poussées à leur paroxysme. Cut. Scène d’ouverture. Keith au Piano joue un blues, Mick sur le lit, quant à lui, joue avec sa bite. Masturbation en FA mineur. Le ton est donné, s’en suivent des orgies de sexe dans un avion, des fix’ de blanche en contre plongée, téléviseurs jetés par la fenêtre en plan américain.
Mais en vérité, c’est un film sur la solitude des grands espaces américains, chère aux beats de la première heure, les longues heures d’attente dans des motels, ou dans des vestiaires de stades, des nuits sans dormir, où voir deux roadies démonter une groupie vers les deux heures du mat’ paraît d’une banalité alarmante.
Un film sur des gamins anglais face aux réalités de l’Amérique. Voilà ce qu’est l’œuvre de Frank : une Amérique fantasmée par le Suisse qu’il est, mais pourrie jusqu’à l’os et qui court à sa perte, le pied sur l’accélérateur roulant sur une grande highway déserte, défoncée au PCP.
“I saw the best mind of my generation destroyed by madness…” Allen Ginsberg in Howl
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ETRE DIEU
“l’accélérateur roulant sur une grande highway déserte, défoncée au PCP”
honnetement je ne sais pas si on peut faire plus cliché que cette phrase, genre la qintescence du cliché d’un pti blanc français sur l”autre” amèrique. En plus je ne vois pas le rapport avec le film qui n’a presque rien avoir avec l’aventure beat, juste des petits con anglais désabusé qui pour le coup ne prenent pas une drogue aussi amusante que le pcp mais de la cocaine et franchement pour un film sex drugs and rock and roll qu’on attend depuis 30 ans je n’aurais pas imaginer un résultat aussi ennuyeux et moisi à se point. charles von strychnine n’en a pas assez de réçasser encore et encore les mêmes banlités sur les mêmes sujets éculés à longueur d’articles?