C’était au petit matin. Je rentrai juste du Bus Palladium où j’avais tenté d’approcher Yves Mourousi (faut dire que le Palace était pas encore ouvert) pour lui parler de mon nouveau groupe, de mes projets avec Dynastie Crisis et de mon concert à Mulhouse qui avait déclenché l’hystérie générale des 150 personnes présentes la semaine d’avant. Faut dire qu’on avait bien rigolé avec les roadies, lorsqu’une vieille sexagénaire avait voulu nous montrer ses nibards en plein concert, qu’elle s’était pris les mains dans le sous-tif. Bon, ok, ca valait pas un bon vieux concert des Stones niveau ambiance. Mulhouse, New-York, Londres. Les capitales de ma jeunesse.
Le Paris 1976 donc. Et Mourousi, qui à 4H30 du matin me confondait stupidement avec Ringo. L’histoire, je l’apprendrai plus tard, le punirait sévèrement pour cette méprise. Il en est mort d’ailleurs, et Guy-Michel, plus vivant que jamais, vit à Enghien-les-bains. N’empêche que dans cette boite de nuit qui suintait le foutre, je m’escrimai à parler rock, paillettes, NY Dolls avec un journaliste qui pipait que dalle à Guy-Michel.
Alors, vers 5 cinq heures du matin, j’ai décidé de partir sur la route. Enfin… je veux dire…. rentrer chez moi. Chez ma cousine qui me sous-louait un lit d’appoint du coté de Château Rouge. J’écumai le pavé à la recherche de nouvelles inspirations, de nouveaux moyens de passer enfin à la TV, baiser la déjà vieille Danièle Gilbert ni vu ni connu à l’arrière d’un plateau ORTF.
CLAUDE LELOUCH C’est alors que j’ai vu débouler cette voiture, une Mercedes marron couleur acajou, au détour de Pigalle. Un vrombissement de moteur qu’on aurait pu entendre à plusieurs kilomètres à la ronde si les watts du Bus n’avaient pas anesthésié mes oreilles au préalable. Je l’ai vu débarqué avec sa Merco’ à toute allure, et foncer sur Montmartre dans un grand fracas. D’abord j’ai pas compris, et par la suite, j’ai oublié.
Mais si vous faites un arrêt sur image à 5′49 sur la vidéo ci-dessous, vous verrez un mec en costume blanc l’air un peu bourré qui marche en travers sur la route. C’est Guy-Michel qui croise Lelouch dans sa Mercedes.
En tapant les lettres LELOUCH+PARIS+1976 sur google sur mon forfait illimité 30H d’AOL, je découvre aujourd’hui que mon nom n’est mentionné nul part, et que l’autre type, celui qui a fait une carrière sur un film, qui s’est branlé l’égo à Hollywood en pavanant comme un Kubrick, a oublié de mentionner ceux qui ont contribué à sa gloire.
Bien plus tard en 2008, alors que le Palace rouvrira ses portes avant la fin de l’année, Guy-Michel est véner’ (pour reprendre l’expression branché de mon fils Brandon, toujours en cinquième à presque 18 ans…), et tente de contacter le Lelouch pour d’éventuels crédits cinématographiques. Je vous en dirais plus sur ma tentative de procès, mes envies de révisionnisme historiques, mais mon forfait AOL touche à sa fin.
De toute façon, j’ai jamais rien compris à Lelouch. Moi mon truc c’est le sandwich jambon-beurre tartiné par maman en écoutant Radio Traffic.




ETRE DIEU
Fringant, Guy-Michel.