J’étais parti sur tout autre chose. Parler des contre-culture, tout ca, cette panacée de choses qui font qu’on se sent toujours un peu meilleur en passeur de plats; croire prétentieusement qu’on a vu la lumière, lorsque les autres n’auraient vu que des bribes de toutes ces choses merveilleuses qui font qu’on peut passer des heures devant Youtube et dire à sa femme “J’arrive chérie, encore CINQ PUTAIN DE MINUTES”.
J’étais parti pour parler de Faust, cet incroyable groupe allemand du début des 70′, qui n’a toujours rien à envier aux Stooges, dont tout le monde se révère aujourd’hui avec de grandes majuscules (RAW POWER, DIRT, ce genre) mais que tout le monde se fout royalement lorsqu’ils sortent un nouvel album. C’est ainsi, les mythes sont meilleurs lorsqu’ils sont MORTS. Ou en “desactivité” artistique, qu’ils laissent derrière eux un peu de poussière pour les palefreniers du rock, et qu’il ne subsistent que des images d’archives pour se consoler.
Bref, j’étais parti pour causer krautrock et nicotine. Quand soudain, patatra, je suis tombé sur cette vidéo de Hank/Chinaski/Bukowski embarqué dans une décapotable, racontant son Los Angeles, celui de ses livres, ses bitures, ses demi-coîts et ses bières lapées sur des fesses de putes. Ca m’a semblé tout de suite plus correspondre à l’envie du moment; s’évader loin, sur des terres qui n’existent plus. Voir de plus près la vie du Buk’, et sa visite touristique (”Tiens, ici, c’est un dealer, là le mec m’a traité d’alcoolique”).
Des images, voila ce qu’il reste. Faust pourra bien attendre encore un peu.




ETRE DIEU
“Les longues promenades
nocturnes:
voilà ce qui fait du bien
à l’
âme:
espionner les fenêtres
des femmes au foyer
fatiguées
de lutter
contre
leurs maris
que la bière rend dingues.”
HANK dans “Les jours s’en vont comme des chevaux sauvages dans les collines”.