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CHARLES BUKOWSKI The lead drinker

Journal, Souvenirs et Poèmes.Ha enfin! oui enfin car cela faisait longtemps que les fans français du vieux Buk’, dont je fais parti, attendaient ça un peu comme on (...) suite

Journal, Souvenirs et Poèmes.Ha enfin! oui enfin car cela faisait longtemps que les fans français du vieux Buk’, dont je fais parti, attendaient ça un peu comme on attend de vomir deux doigts au fond de la gorge, l’index sur la glotte, ça parait toujours un peu long…”Le plus grand poète américain”…Ce n’est pas moi qui dis cela, même si je le pense au plus profond de mon foie; mais Sartre et Genet, et à la lecture de ces petites choses merveilleuses, que sont les poèmes de Bukowski, on ne peut que se rendre compte à quel point ils ne s’étaient pas trompés. L’amour est un chien de l’enfer, Jouer du piano ivre comme d’un instrument à percussion jusqu’à ce que les doigts saignent un peu.. Mais comment voulez vous que des recueils de poésie ne soit pas foutrement classes avec de tels titres?

Dans ses poèmes, on trouve absolument de tout, des putes, des folles, des hémorroïdes, de la bière et de l’alcool à foison, en filigrane de tout ce chaos apparaît cette chose bizarre qu’est l’amour … Le buk est une sorte de poète minimaliste s’efforçant d’extraire la substantifique moelle d’une vie faite de petits boulots, de filles, de rencontres, d’appartements minables de nuit voire de semaines entières de biture. Sa poésie nous renvoie à la gueule la saleté de notre monde, et ce n’est pas seulement de la bile qu’il vomit à longueur de vers mais bien l’humanité tout entière…

Grâce à sa prose, Bukowski gratte l’os à nu. Ca fait mal, mais c’est fascinant et bien sur, on en redemande…

Morceau choisi:

D’énormes boucles d’oreilles

Je passe la prendre.
Elle a encore des courses à faire.
Elle fait toujours des courses.
Elle a plein de choses à faire.
Je n’ai rien à faire.

Elle sort de chez elle
Et je l’observe tandis qu’elle se dirige vers ma voiture

Elle est pieds nus
Avec presque rien sur la peau
Sauf d’énormes boucles d’oreilles.

Je me penche pour allumer une cigarette
Et quand je me redresse
Elle est étendue au milieu de la rue

Une rue très animée
Cinquante six kilos de chair
Plus belle que vous ne sauriez encore
L’imaginer.

Je branche la radio
Et j’attends qu’elle se relève.

Elle le fait.

J’entrouvre la portière.
Elle monte dans la voiture, je démarre et je prends la file de gauche, elle aime la chanson à La radio

Elle monte le son.

Elle semble aimer toutes les chansons
Elle semble connaître toutes les chansons et chaque fois que je la vois elle semble aller de mieux en mieux

Il y a deux cents ans ils l’auraient flamber sur un bûcher

Alors qu’aujourd’hui elle se passe du mascara tandis que nous roulons.
Charles Bukowski // Poèmes, souvenirs et poèmes // Grasset

6 commentaires

Merci, von Strychnine, d’avoir pensé à signaler cette réédition… Je suis d’accord avec tout ce que tu écris sur le “vieux”. Inutile d’ajouter qu’il est tellement plus grand que Sartre et Genet, n’est-ce pas?

Commentaire par Pierre M, le Lundi 14 mai 2007 à 10:08

oui il les encules a sec avec du sable…
le buk a quelques longueurs d’avance…

Commentaire par charles von strychnine, le Lundi 14 mai 2007 à 11:25

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Commentaire par nxadzuky qiermlpwt, le Lundi 14 mai 2007 à 0:18

R2D2 essaie de nous parler les mecs…

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 14 mai 2007 à 2:06

La lecture de la biographie intitulée “une vie de fou” nous apprend que l’histoire Sartres/Genet est une affabulation de Charles en personne. Tant mieux, remarque ! Il avait déjà fait le même coup avec Henry Miller, histoire de se faire une publicité néanmoins bien méritée !

Commentaire par Arnaud Guéguen, le Lundi 14 mai 2007 à 13:21
Commentaire par Arnaud Guéguen, le Lundi 14 mai 2007 à 13:22

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