“Ca a commencé par une erreur.” Première phrase du Postier de Charles Bukowski..
“Sur les terres rouges et sur une partie des terres grises de l’Oklahoma, les dernières pluies tombèrent doucement et n’entamèrent point la terre crevassée”. Première phrase des Raisins de la colere de John Steinbeck..
Le gouffre qui sépare ces deux phrases d’introduction est le même que celui qui sépare le rock progressif du PunK.
Et oui le “grand father of punk” n’est autre que le vieux Buk’ et en aucun cas Iggy.
Les deux cent pages de ce roman et la minute trente de n’importe quel hymne punk digne de ce nom sont faits de la même matière organique.
Les années qui précèdent la sortie de son premier roman, Charles Bukowski se consacre enfin et essentiellement à l’écriture; après s’être préalablement arrêté pendant dix ans pour prendre le temps de boire.
Il habite à cette époque la partie lépreuse de Western Avenue; là où les stores baissés il écoute Mahler à la radio, discutant tout seul et caressant son delirium tremens tel un petit animal de compagnie.
Dans ce premier opus du vieux dégueulasse de L.A, toute sa prosodie de la biture est déjà là, ainsi que celle des femmes et des petits boulots merdiques.
Buk’, dans ce roman largement autobiographique, nous raconte les trois ans d’une folie ordinaire pure, qu’il passa à la poste, où il essaiera tant bien que mal de concilier nuits de biture et tournées de facteur, filles d’une nuit et tri postal.
Le postier ou comment vomir de la bile dans une sacoche de facteur.
Bukowski met ici toute son âme, ou ce qu’il en reste, à attendre son but le plus ultime: devenir fou.
Charles Bukowski // Le postier // 1971, trad. par Philippe Garnier




ETRE DIEU
hum, Steinbeck, du rock progressif ?
J’aurais plutot entendu dans les raisins de la colère une vieille folk song à la Pete Seeger, à la gloire de Joe Hill ou d’un de ces révolutionnaires ouvriers, oubliés par l’histoire…
Mais pas par les chansons. Ni par les romans de Steinbeck.