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BRUNO DE STABENRATH Les destins brisés du rock

Les destins brisés du rock. Ou un pléonasme magnifique qui résume soixante années de combat contre la vie. Car le rock, par définition ne peut laisser derrière lui (...) suite

Les destins brisés du rock. Ou un pléonasme magnifique qui résume soixante années de combat contre la vie. Car le rock, par définition ne peut laisser derrière lui qu’une trainée de destins brisés. La fascination du pire, la mort comme victoire posthume. La rébellion contre tous, même contre soi, à n’importe quel prix, pourvu qu’elle soit belle et grandiloquente. Horizontale.

Bruno de Stabenrath, avec ce Destins brisés tome 2, enfonce le clou dans le cercueil. Pas de la grande littérature, peu de blah-blah, des photos et des actes (de décès) sur près de 200 pages et une préface de Dick. Peut-être notre seul rocker français, au sens noble du terme. Enfin, il est encore vivant. Pas encore tombé dans la mythologie. Qu’on se rassure, les coffrets Long-box doivent déjà être prêts.

Ce n’est pas un hasard si Destins brisés titre en couverture un «Plus de morts» vengeur et définitif. Un rocker mort est un mythe, un rocker vivant un miraculé. Voire, dans certains cas, un artiste qui a perdu la bataille (Jimmy Page, Mc Cartney, Elton John, Manzarek). A se demander si les sixties auraient été si belles sans tous ces morts. Du premier, du plus mythique, James Dean et sa mort fulgurante, à Brian Jones et son pull marine au fond de la piscine.Un étrange parfum envahit le lecteur au fil des pages qui se tournent. L’œil admirant les faciès gravés dans le marbre, morts trop tôt, dont le regard ne vieillira jamais. Un instant shoot black & white qui fascine autant qu’il révulse. La mort, cette belle inconnue, est bien la principale héroïne de Destins brisés. Un soap-opéra où tous les acteurs tomberaient un à un jusqu’à ce qu’il ne reste que le larsen de la guitare comme seule bande-son. Travelling sur le cimetière, cut au noir.

Cocasses, les morts sont diverses. Les rockers, figés dans leurs nécrologies, n’ont plus leur mot à dire sur leur fin. Des morts illustres dans la position du suicidé noble (Cobain, Ian Curtis, Elliott Smith…) aux peu glorieuses (Mort dans leurs vomis, Hendrix, Bon Scott, Bonham) en passant par les plus ridicules, l’électrocution. La mort parfaite pour le chanteur électrique. De Leslie Harvey (Stone the crows), court-circuité en branchant sa guitare, à Keith Relf des Yardbirds.

Pendant ce temps, en France, Claude François meurt dans sa baignoire avec un sèche-cheveux.

Pas ou peu de rockers français dans les Destins Brisés. Tout au plus faudrait-il citer les perdus de la variété (Balavoine, Mike Brant) pour rendre honneur, passez-moi l’expression, à nos artistes fracassés. C’est un moindre mal que de citer Dominique Ladoubée (Dogs), le seul, finalement, à avoir vécu son rêve jusqu’à la fin sur nos terres. Encore qu’il soit mort aux States. Symbole.

Et puis il y a la mort de trop, page 44. Perdue dans les morts classiques – Cancers, overdose, accidents d’avion, complications dues à l’alcool-, une photo d’Otis Redding, repêché par les garde-côtes. Fascination-dégout que de voir un mythe mort, loin de la présence humaine inspirée par les autres photos papier glacé.

Un ultime rappel à l’ordre à ceux qui croient encore que le rock, au sens large, se pratique sans danger. Au bout de la tige qui brule, il y a toujours l’enfer.

Bruno de Stabenrath // Les destins brisés du rock tome 2 // Scali
280 tragédies, 180 photos

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5 commentaires

Est-ce qu’il parle de Luca Prodan ?

Commentaire par Bernard Black, le Lundi 3 décembre 2007 à 19:43

Dick Rivers “notre seul rocker français, au sens noble du terme” ??!!! Désolée Bester mais rien que d’écrire cela m’écorche les doigts. Un sous Johnny Cash je veux bien, mais une telle apologie, là j’en frémis..

Commentaire par sophie-chloe, le Lundi 3 décembre 2007 à 7:09

Bernard,

Non, pas de Luca Prodan. Et je n’ai pas la force de regarder sur Wikipedia pour vous faire croire que je connais ce mmort:-)

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 3 décembre 2007 à 1:33

De mon côté je recommande ce bouquin en tout cas!
;-)

Commentaire par Jean-Emmanuel Deluxe, le Lundi 3 décembre 2007 à 23:13

Les charniers ne m’interesse peut. Une question d’odeur.

Commentaire par Little Johnny Jet, le Lundi 3 décembre 2007 à 19:32

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