“Calling Mister Oswald with the swastika tattoo, there is a vacancy waiting in the English voodoo, carving ; v; for vandal on the guilty boy’s head. When he’s had enough of that maybe you’ll take him to bed to teach him he’s alive before he wishes he was dead. Turn up the TV. No one listening will suspect, even your mother won’t detect it, no your father won’t know. They think that I’ve got no respect but everything means less than zero. Hey, ooh hey, hey, ooh hey.”
Less than Zero, Elvis Costello.
Des adolescents sniffent de grandes lignes de coke au bord d’une piscine de Los Angeles. D’autres jeunes sortent de la salle de projection de la maison. Ils viennent de voir un snuff movie, l’un d’eux, sous la matière élastique de son maillot de bain, bande.
Voila le genre de scène que l’on peut trouver dans le premier roman très remarqué de Bret Easton Ellis, Moins que zéro, qui paraît alors qu’il a à peine vingt ans. On y croise des ados désœuvrés, consommateurs effrénés de cocaïne et de vêtements de marque, évoluant dans une vie dominée par l’ennuie, la drogue et le sexe.
On conduit des voitures de sport offertes par papa en se faisant sucer par une ex amie de lycée devenue apprentie mannequin puis on s’engueule avec sa petite sœur de 12 ans qu’on accuse de nous avoir voler un gramme de coke…
Il s’en vend 50 000 exemplaires la première année.
Manque de détails, scénario flou et personnages creux, juste reflet d’une génération gavée à MTV plein le bec. Bret Easton Ellis invente le roman 80’s. Plus on avance au cœur de ce livre plus son personnage principal, Clay, se sent de moins en moins à l’aise avec les gens qui l’entourent. La décadence, la violence et le non-sens du mode de vie des classes supérieures californiennes lui apparaissent peu à peu.
“On peut disparaître ici sans même sans apercevoir”
Avec ce premier roman Bret passe des jeunes étudiants fêtards aux golden boys littéraires. La limite entre romanesque et réalité est fine, ce qui créera des dommages collatéraux dans les thèmes de ce premier opus : nihilisme, argent, négligence des parents, sexe et drogues, n’auront cesse de revenir dans la totalité de son œuvre.
Son deuxième roman plus ambitieux, Les lois de l’attraction, ne reçoit quant à lui pas le même accueil. Portrait croisé de jeunes gens modernes vivant sur un campus universitaire américain, partageant leur temps et leur argent entre bisexualité, drogue et alcools forts.
De fete en fete et de coup d’un soir en coup d’un soir, les personnages crées par Ellis se croisent se parlent et parfois même font l’amour ensemble. Et l’ennui, qui toujours revient au galop.
Génération perdue.
Fitzgerald doit bien se marrer dans sa tombe avec sa Zelda calcinée dans les bras.
Puis en 1990, l’éditeur Simon & Schuster lui offre 300 000 $ d’avance pour son troisième roman: American Psycho.
Un an plus tard, devant les protestations et les réprobations des ligues féministes, l’éditeur se retire. Rapidement, Vintage, un autre éditeur reprend le flambeau et publie American Psycho un mois plus tard.
Bret reçoit même plusieurs menaces de mort.
Sorte de Grande bouffe de Marco Ferreri transposée dans les Etats unis des 90’s. Yuppies serial killer, autant obsédé par la coupe de ses costumes Armani que par le choix d’un couteau pour taillader la tète de ce jeune mannequin qui vient de s’évanouir sur son canapé après un excès de speed-ball.
Suite sans fin de scènes d’anthologies qui contribueront à la réputation sulfureuse de ce roman, comme celle où Patrick Bateman expose à l’un de ses amies une discographie commentée de Genesis avant de lui éclater le visage à coups de hache. Ou encore celle d’un Bateman hors de lui engueulant le gérant chinois du pressing dans lequel il a déposer son linges : il n’a pas réussi a faire disparaitre les taches de sangs de ses draps…
Mais ce qui dérange le plus l’Amérique puritaine, ce n’est pas cette violence mais bien le fait que le personnage principal demeure impunie et s’inquiète moins de savoir si la police lui tombera dessus que de savoir si sa secrétaire arrivera a lui obtenir une table dans le dernier restaurant à la mode.
Allégorie de la décrépitude d’une nation. Apres ce troisième roman exceptionnel Bret Easton Ellis s’essouffle.
Il publie quasiment cinq ans après un recueil de nouvelle, Zombies, assez médiocre où l’auteur se complait dans une sorte d’auto-cliché.
Puis vient Glamorama, ennuyeux roman sur le monde de la mode. Arrive enfin Lunar park qui n’est que la moitié d’un bon livre.
Autofiction poussée dans ses derniers retranchements. Tout au long de ce dernier roman Bret Easton Ellis n’a de cesse de lorgner du coté de Stephen King. Et ca pour un auteur de sa trempe, c’est triste vraiment triste…
http://www.randomhouse.com/kvpa/eastonellis/
2 commentaires
bien dommage de dire autant de mal de Lunar Park, qui signe le retour d’un auteur. ![]()




ETRE DIEU
QUOIIIII ! C’est trop court.