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BOWIE VS PALAPRAT Pop de boîte de conserve

Nous avons trop souvent utilisé et galvaudé ici un terme que je méprise : la modernité. Moderne, y’a-t-il un mot plus vieillot que celui-là ? Franchement cela me (...) suite

Nous avons trop souvent utilisé et galvaudé ici un terme que je méprise : la modernité. Moderne, y’a-t-il un mot plus vieillot que celui-là ? Franchement cela me rappelle plus le personnage éponyme de Brétécher qu’une quelconque possibilité d’évolution avant-gardiste.

Et j’en ai encore eu la preuve la semaine dernière.

Alors que, esseulé un soir de novembre, plateau-repas sur la cuisse où le portable Dell n’est pas, démarre un vieux Paris Dernière, j’entends résonner les premières notes, sacrées, de Space Oddity.

gerardpalapratofrancePour moi, c’est le morceau où Bowie commence sa voie. Devient lui-même, innovant en cherchant à détourner la production comme le firent les Beatles avant lui sur leurs meilleurs morceaux. Détourner pour donner une double lecture. Pretty smart sur un album au demeurant complètement pop, gnangnan d’anglicitude morose qui ne convenait qu’aux fumeurs d’herbe aimant se promener dans la lande, cintrés dans des pantalons rouges carmin et des chemises bouffantes.
Et là, sous mes yeux, il est encore utilisé à mêmes fins par le réalisateur (alors Frédéric Taddeï) pour donner un point de fuite dans une vue de soirée parisienne trop joviale pour être honnête. Vous perdez la tête mesdames, rangez ce sein que nous ne saurions voir et reconnaissez que c’est l’alcool qui vous fait sourire, ou les antidépresseurs avalés avant de venir.

Mais soudain, j’en renverse ma tartine de rillettes/cornichon : on chante en français ! Sur mon Bowie ? Qui ose ?
Recherches faites illico, c’est Gérard Palaprat qui reprit le morceau deux ans seulement après le divin blondinet britannique. Véritable ‘interprétation’ comme à l’époque où The House Of The Rising Sun devenait Les Portes Du Pénitencier, les paroles en sont une traduction affreusement plate, oubliant tout double sens et pur esprit poétique. Damned! comme on dit dans Tintin.

Quid de Palaprat, me demandais-je en revenant des toilettes. Et bien si je vous dis que c’est un ami de Dewaere, Lenorman, et Patrice Drevet (sic !) qui fit un passage par le Petit Conservatoire de Mireille (début de vertiges), repéré par Maurice Chevalier (tenez-moi je vais mal) avant de faire partie intégrante trois ans durant de la troupe de Hair, commencerez vous à vous représentez le portrait ?

Après une carrière convenue dans la variété française auprès de Julien Clerc, Sardou et Antoine, Palaprat rend les gants, et part en Inde rejoindre Ram Sandra Mistri, un maître du sitar…
Sa bio personnelle indique qu’il est aujourd’hui « apaisé sur le 45e parallèle de l’Océan Atlantique, pratique tous les jours AMAROLI et partage son temps entre les galas et la méditation, le TAÏ SHI SHUAN et la Phytotherapie, médecine Ayurvédique, et autres enseignements… ». Comprenne qui peut l’utilisation des majuscules.

Alors je voudrais, avant de vous permettre vous aussi de l’écouter (il n’y a pas de raison que ce soit toujours les mêmes qui souffrent), vous mettre tous en garde. Si Bowie a été un moderniste durant une bonne partie de sa carrière et qu’aujourd’hui nous sommes tentés de considérer cette pop-là comme un retour à quelque chose de sain, de pur, n’oublions jamais ce qu’il en advint.
N’oublions jamais que la France n’a jamais été un terreau fertile pour ce qui avait si bien pris en terres anglophones. N’oublions jamais le fossé qui sépare Hollywood de Maritie et Gilbert Carpentier. Ou alors soyons prêts.

3 commentaires

Tu oublies sa participation à HAir , un des trucs les plus populaires dans les seventies avec l’excellent ‘ sodomie’ , chanson qui déchire !
et aussi ‘ sur la colline’ qui fut un tube immense avec une intro en bruit de bouche qui ferait palir de honte Bjork

MMM

Commentaire par miam, le Lundi 24 novembre 2008 à 11:10

Non Miam, je n’oublies rien :
“avant de faire partie intégrante trois ans durant de la troupe de Hair”.
Il ne faut pas lire avant de prendre son café/sargenor du matin…

Commentaire par Hilaire Picault, le Lundi 24 novembre 2008 à 11:33

Je me permets de poster cette jolie vignette sur le site manofmusic.com dédié à Bowie … ça fera plaisir (hé,hé).

Sinon, c’est pas Palaprat qui avait un titre intitulé “sodomie” ? (sans dec)

Commentaire par stanleywhite, le Lundi 24 novembre 2008 à 22:23

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