« Baisse du pouvoir d’achat ? Télé 7 jours s’engage : un jeu concours pour gagner… » Voilà ce qu’on peut lire, en le voulant ou non, sur les dos de kiosques de ce début 2008 (ça commence bien, notez). Ainsi, c’est donc ça le grand jeu actuel, le championnat monopolisant les agences de comm’ – donc l’attention – du pays ? Balancer un problème insoluble, qui s’amuse à changer selon la lumière, l’angle choisi et laisser toute la populace y répondre jusqu’à l’épuisement ? Jusqu’au fond. Jusqu’à Télé 7 jours. Maintenant que j’ai compris, je joue aussi.
« Baisse du pouvoir d’achat ? Syd Charlus s’engage. » Mon mot d’ordre : éliminer le gras. Prenez I’m not there , le film de Todd Haynes sur Bob Dylan. C’est un soufflé, du vide à avaler, rien, pas la moindre grâce que du professionnalisme, de la reconstitution vendue comme de l’inspiration. Et avec ça, un maniérisme genre film indie-US des années 90, modèle Hal Hartley par exemple. Assez ri.
La BO s’en sort mieux. Parmi les reprises banales (Eddie Vedder, assez ri vient-on de dire), on trouve quelques bons titres (Black Keys, Mark Lanegan…) et même des réussites comme Jeff Tweedy ou Lee Ranaldo en duo avec Stephen Malkmus (un beau jour, ce sera l’évidence pour tous : l’indie-rock, cette coquille vide, a tout de même donné quelques génies dont Malkmus en haut de liste).
Et puis sur la BO d’ I’m not there, on débouche soudain sur un tempo lent, avec un vague tom basse mollement martelé dans le fond, une superbe guitare saturée au premier plan. Tom Verlaine reprend Cold irons bound. Ô tempo suspend ton putain de vol ! Verlaine donne dans l’atmosphérique, le planant sombre, comme une buée un peu crade qui dégouline en gouttelettes de boue. Pas de solo, alors que cet homme peut tout faire avec une Fender et même forer en vertical jusqu’à Coltrane. Pourtant sa guitare est là et personne d’autre ne pourrait jouer ces arpèges et ces notes à l’envers. D’ailleurs pour entendre du Dylan avec Verlaine déchaîné, il suffit de se reporter au Live de Television, The Blow up, et sa version de Knockin’ on heaven’s door.
A la cinquième écoute successive de ce Cold irons bound, le sang circule vite, un élixir raffiné, à 100 dollars le baril (mince, et le pouvoir d’achat ?). Il irrigue quelques cavités aux parois craquelées, asséchées depuis des lustres. Les idées s’éclaircissent et filent comme les nuages dans un ciel de grand vent. Quelle intuition d’avoir choisi ce titre extrait de Time out of my mind, le dernier grand Dylan (parce que Modern Times, toute de même…) ! Quelle inspiration pour le détourner ainsi, tout en conservant sa couleur, l’ambiance générale de l’album d’origine. Et puis, cette interprétation… Les murs devaient frissonner le jour de l’enregistrement. Pas de solo de guitare car tout est dans la prise de voix. Il faut entendre Tom Verlaine attaquer par :
« I’m beginning to hear voices and there’s no one around
Well, I’m all used up and the fields have turned brown
I went to church on Sunday and she passed by
My love for her is taking such a long time to die . »
Du Faulkner revu à la new-yorkaise, détaché certes mais tremblotant tout de même sur certains mots. « Parce que mon amour pour elle prend tellement de temps pour mourir », hein ? Celle-là, il vous la faut. Oubliez la place de ciné et le gros CD pour trouver ce simple titre. Baisse du pouvoir d’achat ? Syd Charlus tient ses promesses.




ETRE DIEU
Enfin!
On en avait marre des promesses, mais grace a vous, Syd, je gagne une place de cinema (10 euros) et un CD (20 euros)et je me rabats sur une version a 0.99 euros sur iTunes. Voila une demonstration comme les Francais aiment a les entendre!
Vous montrez la voie pour faire faire des economies au fan de Dylan de plus de 45 ans, et le panier du consomateur culturel s’en trouve allege - “0% de matieres grasses” comme on dit maintenant pour dire fade. Mais quel est votre plan d’action pour les secteurs autrement plus importants pour vos compatriotes que sont l’agro-alimentaire, la siderurgie ou encore les services a la personne dans le cadre de l’hospitalisation a domicile?
Je voudrais que Gonzai s’engage, et donne le “la” de la revolution de la consommation qui se deroule sous nos yeux.
Et c’est plein d’espoir que je me tourne vers ceux qui etc, etc…