Y’avait cette putain de liste sur laquelle j’arrêtais pas d’écrire des noms; de mon boucher à Bill Clinton en passant par toute l’équipe du Real de Madrid.
Enfin… tout ça avait commencé un peu avant. Quand le téléphone avait sonné. J’ai vu le numéro 666, j’avais décroché. Bon sang, c’était Ike. Le Mari de Turner Tina. Qui m’appellait de l’au-delà. Rien que ça.
bo“- Salut Ike.
- Hey mec, qu’est ce que tu fous à être aussi long à décrocher?
- Chuis occupé Ike … j’étais en train de…
-En train de te palucher com’d'hab’ gros mother fucker.
-Ouaip et justement… en pensant à ta pauvre et jeune veuve… enfin pauvre….avec le fric que tu lui as laissé… elle doit être en train de faire une sacré fiesta… cela dit… Que me vaut ton appel?
- Tu te souviens que je t’en devais une? Ben voila un scoop, Bo Diddley vient d’y passer. T’es le premier au courant.”
Bo diddley merde, je venais de le citer dans un article sur Julia Channel… Je m’étais dit qu’un peu de la magie du Ike flottait encore et qu’il y avait surement un rapport de cause à effet. Alors j’ai commencé à faire une liste de tous ceux que j’aurais aimé voir crever…
N’empêche Bo Diddley… Je me revoyais 20 ans plus tôt, banane à la Brian Setzer et perfecto couvert de clous, achetant un maxi de lui parce que j’avais pas les moyens pour un 33 tours. Je me souvenais soudain être rentré et avoir cassé les burnes à mes voisins, des heures durant, à écouter ce son qui était toujours aussi incroyable. Bo n’était certes pas le plus créatif, mais il était sans conteste le plus orignal. Au point que sa musique n’avait jamais pu être convenablement classée (comme les journalistes spécialisés aiment tant le faire). Ni vraiment Rockabilly ni tout à fait blues, elle était comme ce putain de delta où se mélangent le Mississipi et la Caraïbe…
Ce gars la était tout simplement un génie. l’équivalent de ce que fut Sam Cook à la soul, rien que ça. d’ailleurs ils avaient en commun ce Little Red Rooster que les Doors reprendraient plus tard dans un live mémorable. Et si il n’y avait eu que les Doors… Diddley avait influencé Marc Bolan, les Stones ou les seuls groupes capables d’être comparés aux Kinks : The Who et les Animals. Hein quoi le Velvet? Hum merci de me faire penser à mettre Lou Reed sur ma liste.
Pourtant rien ne destinait Diddley, ce type à l’allure de comptable, à être le plus barré, le plus novateur et le plus prolifique poulain de Chess. Peut être est-ce pour cela qu’a l’instar de Buddy Holly il restât dans l’ombre par rapport à Muddy Waters, Little Richard ou Chuck Berry.
Il avait même commencé par jouer du violon… Jusqu’au jour ou il vit Johnny Lee Hooker. Des lors, il allait jouer pendant plus de cinquante ans un répertoire aussi hallucinant que celui de Screamin Jay Hawkins. de son premier single en 1955 à son dernier concert il y a encore un an. S’il n’y avait pas eu cette attaque cérébrale, il aurait peut être connu un sort à la Molière.
Né Otha Ella Bathes dans le Mississipi (l’état pas le fleuve), le 30 décembre 1928, Bo était un sacré pistolet. de son look à ses guitares en formes de cercueil à ses chansons dont la plus part parlait de BO DIDDLEY… Et ne parlons pas de son jeu. Bukowski proposait de jouer du piano comme d’un instrument à percussion. Lui faisait pareil avec sa guitare. guitare dont il savait faire ressembler les sons à ceux de n’importe quel instrument ou presque. Dont il avait développé les techniques, sortant les distorsions les plus délirantes. Difficile d’évoquer BO Diddley sans parler de The duchess, la somptueuse guitariste qui l’accompagna dans les années soixante.
Bo Diddley est mort. Le BIP BIP du roadrunner s’est transformé en BIIIIP d’electro-cardiogramme..
Another one bites the dust.. et quand on voit ceux qui restent, on se dit que le combat (rock) ne tardera pas à cesser faute de combattants.
3 commentaires
Il en a influencé d’autres le mecs.
Les Pretty Things s’appellent les Pretty Things en référence à la chanson Pretty Thing de Bo Diddley. Ils auraient pu s’appeler les Bo Diddley en référence à la chanson Bo Diddley de Bo Diddley, mais le nom était déjà pris par Bo Diddley.
c’est plutôt drôle comme Lou Reed a tendance à ramasser dans ce mag, sorte de Dugarry du rock…




ETRE DIEU
Tres belle aphorisme que ce”bo diddley jouant du piano ivre comme d’un instrument à percussion jusqu’a ce que les doigts saignent un peu”
tout est dit et plus encore.
chapeau muntz termunch