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BLACK REBEL MOTORCYCLE CLUB L’enquête exorciste

Le B.R.M.C, placardé en gros dans le dos de Marlon Brando, souligné d'un "Raiders" portant deux grenades en écharpe. Prendre le nom du gang du Wild One ; (...) suite

Le B.R.M.C, placardé en gros dans le dos de Marlon Brando, souligné d’un “Raiders” portant deux grenades en écharpe. Prendre le nom du gang du Wild One ; l’équipée sauvage et ses cavaliers de l’apocalypse moderne. Il est sûr qu’une grosse part d’ombre plane sur ce groupe. Entre les drogues, les larsens et les guitares demie-caisse. BRMC est une confrérie, ils aiment jouer avec le vide: une main sur le manche, l’autre sur la gâchette. De quelle manière ont-t-il cramé leur âme ?

Le diable, grand tenant du premier rôle dans le Rock & Roll. Le diable a donné ses pouvoirs à Robert Johnson, a mis l’héroïne sur la route de Nick Cave, a écrit Sympathy For… Le diable est bien plus présent que n’importe qui d’autre dans cette musique dangereuse : il a son accord musical (les accords en triton), contrôle les mauvaises humeurs des hommes par le sang noir… Mais Peter Hayes, Robert Turner et Nick Jago l’ont-il vraiment croisé sur leur chemin?

Car, à chaque génération de musicien, il est revenu. Pour ces américains quasi trentenaires, il n’a jamais été plus palpable. Brian Newcombe et sa violence furieuse, Jack White lorgnant sur le Voodoo (Instinct Blues), et maintenant BRMC. Un groupe qui a scellé un pacte dans le sang avec la musique, leur premier disque comme témoin de l’union. Whatever Happened To my Rock & Roll ou la scène originelle (”I Feel in love with a sweet sensation/ I give my heart to a simple chord/ I give my soul to a new religion/ Whatever happened to my rock & roll”).

Une tension palpable durant deux albums. Turner nous crache toute la haine qu’il a sur le cœur, à la limite de l’évanouissement comme sur le Suddently du Take Them On, On Your Own. Une âme consumée très rapidement, trop même. Nick Jago partira bientôt en cure de désintoxication, les autres auront les marques de leurs excès sur le visage, à jamais. Close to the edge. C’est au plus profond du trou qu’ils nous offrent le mode d’emploi de leur démon : Howl.

Pourtant Howl me semble le meilleur album que pouvait faire un si jeune groupe en 2005. Howl n’a pas plu aux Français : trop mystique. Surtout se permettre des chants religieux quand la France était en pleine réaffirmation de sa laïcité. De quoi avait-on peur ? Devil’s Waiting bien trop poignante pour être honnête. A moins que ce ne soit Restless Sinner qui nous préoccupe, une parabole s’adressant à toutes les âmes errantes de notre très technologique XXIème siècle. Puis ils nous avaient avertis des le début de l’album : “Time won’t save our souls”, quatre fois, de voix d’orgue, avant de disparaître dans les méandres country.

Et aujourd’hui, que pouvaient-ils faire après une telle profession de foi ? Où en sont-ils avec leur pacte maudit ? Ce qui a changé, c’est que la lumière est continuellement au dessus de nos têtes. Comme me disait très justement un ami: “Cet album c’est un peu avoir la tête sous l’eau et savoir que l’on va reprendre une bouffée d’air, le problème reste de savoir quand est-ce que cela va arriver.” Il est même assez amusant de remarquer que le seul morceau léger de cette album s’appelle Window. Pour les autres, nous restons dans le fracas électrique, la guerre fraternelle entre les musiciens, entre les hommes et leurs instruments.

Je conclurai par cette chanson, 666 Conducteur, définitivement habitée. Rythmique hypnotique, ponctuation de guitare fantôme, et l’histoire de cette jeune fille de 17 ans attirée par l’abîme. “She is seventeen/ She’s got everything/ She need to lose”. Tous les perdants, les paumés de la terre n’ont jamais eu que deux choix : pactiser avec le diable ou devenir un Beautiful looser électrique… A moins que, peut-être, il ne s’agisse d’une seule et même solution…

7 commentaires

[...] Le choix de Little Johnny Jet : Black Rebel Motorcycle Club et l’enquête exorciste [...]

peut on étre possédé dans un studio TV? Voila la vrai question

Commentaire par Little Johnny Jet, le Lundi 11 juin 2007 à 17:50

Les mecs je vous aime. Vous êtes promis à reussir. Tout ce que vous dîtes, c’est absolument tout ce qui manque à la musique. L’absolu nécessité de sentir, puis de connaître, pour enfin écrire. Le talent n’a jamais rien fait, c’est un pur concept “négrien” (pascal) dirais-je, seuls les sensations existent et seul le sens appréciateur des sens.

Et puis la bonne vielle masturbation.
AMEN.

Commentaire par lee anderson, le Lundi 11 juin 2007 à 15:23

Oh la!! calme tes (h)ardeur mon petit. J’ai peur que ton clavier s’en retrouve poisseux.

Commentaire par Little Johnny Jet, le Lundi 11 juin 2007 à 17:01

Merci pour ce comment. J’aime beaucoup ce que je lee Anderson.

Commentaire par Bester Langs, le Lundi 11 juin 2007 à 2:02

[...] Le choix de Little Johnny Jet : Black Rebel Motorcycle Club et l’enquête exorciste [...]

Commentaire par SOUS LE SOLEIL DE SATAN - Les rockers pactisent avec le diable | Gonzaï, le Lundi 11 juin 2007 à 0:40

désolé! c’est pas des grenades mais des pistons de bécanes….

Commentaire par mr moto, le Lundi 11 juin 2007 à 20:33

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