90

BLACK MOUNTAIN In the future

L’avantage avec ces nouveaux groupes post 2000, c’est qu’ils sont nouveaux. Ne comptez pas sur eux pour vous raconter « qu’ils ont passé des nuits entières à écouter (...) suite

L’avantage avec ces nouveaux groupes post 2000, c’est qu’ils sont nouveaux. Ne comptez pas sur eux pour vous raconter « qu’ils ont passé des nuits entières à écouter Physical Graffiti, qu’ils auraient préféré être connus dans les 70’ et baiser Linda Lovelace ».

Avec ces nouveaux groupes – qui proposent une musique tout à fait traditionnelle (riffs gras, tour bus, chanteuse aux seins laiteux) – vous vous contentez de prendre une grosse claque dans la tête lorsqu’ils passent à la Maroquinerie devant une salle à moitié vide, et qu’ils déversent un torrent d’électricité sur vos faces ouvertes comme une faille à San Francisco.

In the future. Le combat contre le passéisme, l’arrière garde et la reformation de Led Zeppelin. Black Mountain livre un album vicieux, rugueux, malsain. Pas le genre à pendre des poulets par les deux pattes ou allumer les cierges en pratiquant l’amour collectif, le poignet entaillé. Non. Des chansons qui de prime abord laissent un gout amer (« Ouais bon c’est le Sabbath qui rencontre Kyuss, style genre… ») pénètrent peu à peu l’échine jusqu’à l’explosion. Des orgues vénéneux à l’extrême limite du mantra, dédiés à une nouvelle génération qui n’a pas connu les ancêtres du rock stoner. Stoner. Encore que… les orgues sur du riffs, Page & Plant l’avaient déjà tenté (No Quarter au Madison Square Garden…)… Black Mountain enfonce le clou rouillé dans le présent et….

In the future est un disque de bières. Tombales. Noir frelaté. Des pistes mêlant l’électrique ricaine et l’électronique allemande. La chute des deux blocs, célébrée par cinq Américains qui se lavent sûrement les mains après l’urine, qui possèdent tous une girlfriend à qui envoyer des textos lorsqu’ils parcourent le monde, des mecs qui n’ont jamais connu les splits, les overdoses et les entourloupes de manager. And SO WHAT ? Faut-il crucifier toute une génération sur le bûcher du mythe fondateur ? Faut-il baisser les bras devant le passé ?

In the future. Voila la réponse de Black Mountain. S’en suivent une volée de banderilles de haut standing (Queens will play et ses cordes étouffées) qui remettent le blues à sa place : Entre les cuisses.

Mettez les mythes sur le bas côté de l’autoroute. Enfournez In the future dans l’autoradio, allumez-vous une Benson. Ça y est vous êtes à l’aise ? Le cul bien rivé dans le cuir, ouais ? Faites vrombir le moteur, fermez les yeux…… oui….. C’est l’Amérique tu la sens…..oui….. Et cette fois-ci plus de contraceptifs pour accoucher du futur.

Black Mountain // In the future // Jagjaguwar
http://www.myspace.com/blackmountain

Un commentaire

Ouais ça sent le cuir et la bière mais ça a la finesse du bon vin ;)

Commentaire par Benjamin F, le Lundi 14 janvier 2008 à 16:14

Laisser un commentaire